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Vision Retraite Paisible

Préparons la retraite paisible malgré un environnement mouvant

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  • Jouissance de la retraite

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  • Jouissance de la retraite

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RETRAITE BRITANNIQUE, MEILLEURE À LA RETRAITE AFRICAINE

Pour la retraite, la plume est moins utile que la tondeuse Daniel Pennac La retraite est une phase inévitable de la vie que la plupart des gens attendent avec impatience des années de travail acharné et de dévouement. Elle est…

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Il n’ y a que Dieu qui soit à même d’étancher notre soif de bonheur Cardinal Sarah Chers prêtres chrétiens africains, il est temps de parler sérieusement de votre retraite. En tant que serviteurs dévoués de l’Église catholique, vous avez…

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  • 29 avril 2024
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  • Adeyinka célèbre la retraite entre entre deux mondes
    par Yao Arnaud
    28 janvier 2026

    Comment un expatrié nigérian transforme son anniversaire en héritage vivant

    Le fleuve n’oublie jamais sa source, même lorsqu’il traverse d’autres terres.

    Proverbe africain

    Adeyinka fête ses 70 ans/Illustratif

    Il y a des anniversaires que l’on fête par habitude.
    Et puis il y a ceux qui racontent une vie entière.

    A 70 ans, Adeyinka ne souffle pas seulement des bougies.
    Il célèbre une traversée.
    Celle d’un homme né au Nigeria, parti aux États-Unis avec l’espoir d’un avenir meilleur, et qui, des décennies plus tard, se tient debout, serein, entouré de l’essentiel : ses enfants, ses petits-fils, ses amis… et ses racines.

    Ce jour-là, à Boston aux États-Unis d’Amérique, la maison respire la paix. Le temps semble ralentir, comme pour honorer l’instant.

    Une célébration simple, mais profondément symbolique

    La fête n’a rien de spectaculaire.
    Pas de luxe tapageur. Pas de démonstration sociale.

    Juste une grande table.
    Des rires d’enfants.
    Des regards complices.
    Et cette sensation rare que tout est à sa place.

    Adeyinka est entouré de ses deux enfants, aujourd’hui adultes, stables, responsables.
    A leurs côtés se tiennent cinq petits-fils, pleins de vie, d’innocence et de curiosité.

    Autour de la table sont assis quelques amis de longue date. Des hommes et des femmes qui ont vu Adeyinka lutter, avancer, persévérer. Des gens qui ont été témoins silencieux de son parcours.

    À 70 ans, on ne cherche plus à impressionner.
    On cherche à se souvenir et à transmettre.

    Adeyinka, l’homme des deux rives

    Adeyinka incarne une réalité familière à tant d’Africains de la diaspora : vivre entre deux mondes.

    Le Nigeria reste sa terre intérieure.
    Alors la langue, les proverbes, les saveurs et les silences pleins de sens demeurent.

    L’Amérique est devenue sa terre d’action.
    Donc ont jonché sa vie le travail, la rigueur, les opportunités et la stabilité.

    Pendant des années, Adeyinka a porté deux vies en une.
    Il a travaillé dur.
    Il a parfois douté.
    Il a souvent mis ses propres rêves en attente pour assurer l’avenir de ses enfants.

    Aujourd’hui, à 70 ans, il peut le dire sans fierté excessive, mais sans regret :
    le sacrifice avait un sens.

    La retraite comme réconciliation intérieure

    Ce qui frappe chez Adeyinka, ce jour-là, ce n’est pas son âge.
    C’est sa sérénité.

    La retraite n’est pas pour lui une mise à l’écart.
    C’est une réconciliation.

    Réconciliation entre l’homme pressé d’hier et l’homme posé d’aujourd’hui.
    Entre le Nigeria qu’il n’a jamais quitté et l’Amérique qui l’a accueilli.
    Entre ce qu’il devait faire et ce qu’il a désormais le droit d’être.

    « Celui qui sait où il va n’a plus besoin de courir. »
    Proverbe africain

    Adeyinka ne court plus.
    Il marche.
    Et chaque pas est conscient.

    Les enfants : la réussite qui ne fait pas de bruit

    Quand Adeyinka regarde ses deux enfants, il ne pense pas à leurs diplômes ou à leur confort matériel.

    Il voit autre chose.
    Leur équilibre.
    Leur capacité à rester humbles.
    Leur respect pour leurs origines.

    Sans grands discours, Adeyinka leur a transmis l’essentiel :
    le goût de l’effort, la dignité et la patience. A 70 ans, il comprend que la plus grande réussite d’un parent n’est pas ce qu’il laisse sur un compte bancaire, mais ce qu’il inscrit dans le caractère de ses enfants

    Les petits-fils : la continuité du sens

    Les cinq petits-fils courent dans la maison.
    Ils rient.
    Ils questionnent.
    Ils écoutent.

    « Grandpa, tell us again about Nigeria… »

    Adeyinka raconte.
    Toujours avec douceur.

    À travers ses mots, le Nigeria n’est pas un pays lointain.
    Il devient une histoire vivante.

    Ces enfants, nés en Amérique, porteront en eux une part d’Afrique.
    Non comme un poids, mais comme une force tranquille.

    « L’enfant qui connaît ses racines ne craint pas le vent. »
    Proverbe africain

    Adeyinka sourit.
    La transmission est en marche.

    Les amis de longue date : la mémoire incarnée

    Quand les amis prennent la parole, l’émotion monte sans bruit.

    Ils se souviennent des débuts.
    Des petits logements.
    Des longues journées de travail.
    Des rêves partagés autour d’un café.

    À 70 ans, Adeyinka sait que la vraie richesse n’est pas dans le nombre de relations, mais dans celles qui résistent au temps.

    Il écoute.
    Il remercie.
    Il n’a plus besoin de raconter sa vie : elle est déjà là, dans les regards.

    Le Nigeria, toujours présent à table et dans le cœur

    Sur la table, certains plats rappellent le pays.
    Les épices réveillent la mémoire.
    Les saveurs parlent plus fort que les mots.

    Adeyinka n’a jamais coupé le lien.
    Il suit l’actualité.
    Il soutient ceux restés au pays.
    Il transmet la culture, même à distance.

    Cette fête devient un message silencieux :
    on peut réussir ailleurs sans s’effacer soi-même.

    Une retraite vécue, pas subie

    Adeyinka n’attend pas que le temps passe.
    Il l’habite.

    Il lit.
    Il marche.
    Il conseille les plus jeunes.
    Il prend le temps de vivre.

    Il a compris une vérité essentielle :
    la retraite n’est pas un retrait, mais une renaissance plus calme.

    Le vrai luxe à 70 ans

    Ce jour-là, Adeyinka mesure sa chance.

    Le vrai luxe, ce n’est pas l’abondance matérielle.
    C’est :

    • entendre les rires de ses petits-fils
    • voir ses enfants en paix
    • partager un repas sans urgence
    • regarder le passé sans amertume
    • envisager l’avenir sans peur

    A 70 ans, Adeyinka n’a rien à prouver.
    Il a à transmettre.

    Une leçon pour la diaspora africaine

    L’histoire de Adeyinka parle à tous ceux qui, dans la diaspora, approchent la retraite avec des questions silencieuses.

    Rester ou rentrer ?
    Continuer ou ralentir ?
    S’effacer ou enfin exister pleinement ?

    Adeyinka montre qu’il est possible de réconcilier les deux rives.
    De vivre là où l’on est, tout en restant fidèle à ce que l’on est.

    Que retenir de l'histoire de l'heureux ?

    Quand vient le moment de souffler les bougies, Adeyinka ferme les yeux.

    Il ne demande rien.
    Il remercie.

    Pour la vie.
    Pour le chemin parcouru.
    Pour l’héritage transmis.

    A 70 ans, Adeyinka ne célèbre pas un âge.
    Il célèbre une vie alignée.

    Et peut-être est-ce là, au fond, la plus belle définition d’une retraite paisible.


    Et Vous ? Qu’en pensez-vous ?

    Votre avis ou commentaire sur ce point comptent.  

  • CELEBRER SES 70 ANS EN DIASPORA AVEC SERENITE
    par Yao Arnaud
    19 janvier 2026

    Et si fêter ses 70 ans en diaspora n’était pas une nostalgie…
    mais une victoire silencieuse sur la vie
    ?

    Le fleuve n’oublie jamais sa source, même lorsqu’il traverse d’autres terres.

    Proverbe africain

    Kouamba fête ses 70 ans/Illustratif

    Comment célébrer ses 70 ans en diaspora avec simplicité, paix et transmission. L’histoire inspirante d’une retraitée africaine à Marseille.

    A 70 ans, on ne fête plus simplement une date sur un gâteau.
    On célèbre une histoire.

    Une vie faite de départs, de renoncements et de courage silencieux.
    Une vie construite entre deux mondes.
    Un cœur resté profondément enraciné dans la terre d’origine, tout en apprenant, parfois lentement, à aimer une autre terre.

    Pour Kouamba, cette journée n’est pas un anniversaire comme les autres.
    Soixante-dix ans.
    Un âge qui compte.
    Un âge que l’on ne traverse pas à la légère. Entourée de ses deux fils et de ses petits-enfants, elle ne célèbre pas seulement le temps écoulé.
    Elle célèbre la vie qui continue, autrement. Plus doucement. Plus consciemment

    Quand la retraite en diaspora change le regard sur la vie

    Kouamba n’avait jamais imaginé vieillir loin de sa ville natale, Aneho
    Comme beaucoup de femmes africaines de sa génération, elle est venue en France avec une idée simple : travailler, aider la famille restée au pays, assurer un avenir meilleur à ses enfants.

    Elle ne pensait pas rester.
    Elle pensait repartir.

    Mais la vie, souvent, décide autrement.

    Les années ont passé.
    Le retour, sans cesse repoussé, est devenu plus flou.
    Puis un jour, presque sans prévenir, la retraite est arrivée.

    Aujourd’hui, Kouamba vit à Marseille.
    Un appartement modeste.
    Des habitudes simples.
    Une pension qui oblige à compter.

    Mais derrière cette simplicité matérielle, il y a une richesse que peu de chiffres peuvent mesurer : la paix intérieure.

    Sur Vision Retraite Paisible, ce sont ces parcours que nous rencontrons souvent.
    Des femmes et des hommes de la diaspora ou en Afrique qui ont beaucoup donné, parfois trop, et qui aspirent désormais à autre chose que la performance ou l’accumulation.
    Ils aspirent à vivre enfin pour eux, sans agitation.

    Pourquoi les 70 ans ne sont jamais un âge comme les autres

    Dans de nombreuses cultures africaines, tous les anniversaires ne se valent pas.
    Certains passent presque inaperçus.
    D’autres marquent un arrêt.

    Les âges symboliques — 60, 65, 70, 75 ans — sont des paliers de vie.
    Des moments où l’on ralentit volontairement pour regarder derrière soi.

    A 70 ans, Kouamba n’est plus dans la survie.
    Elle n’est plus dans la course.
    Elle est dans la contemplation consciente.

    C’est l’âge où l’on ose enfin :

    • Regarder son parcours sans amertume,
    • Accepter ses choix sans se condamner,
    • Transmettre sans imposer.

    Cet anniversaire n’est pas une démonstration.
    C’est un rite doux, presque intime.

    Une célébration simple, pensée avec le cœur

    Il n’y a pas de grande salle louée.
    Pas de décorations extravagantes.
    Pas de dépenses inutiles.

    La fête se déroule dans l’appartement familial, un dimanche après-midi.
    Quelques plats préparés avec soin.
    Un gâteau simple, surmonté du chiffre 70.
    Et sur les murs, des photos : Kouamba jeune, Kouamba mère et Kouamba travailleuse.

    Ses enfants ont tout organisé ensemble.
    Chacun a contribué selon ses moyens.
    Sans pression.
    Sans comparaison.

    Ils savent que leur mère n’attend pas le luxe.
    Ce qu’elle attend, c’est autre chose.
    Quelque chose de plus rare : la présence vraie.

    Et ce jour-là, cette présence est totale.

    Les enfants, piliers invisibles de la retraite

    Les enfants de Kouamba ont grandi en France.
    Ils ont vu les sacrifices.
    Les longues journées.
    Les économies faites au centime près par leur affectueuse maman.

    Aujourd’hui, eux aussi sont pris dans le rythme de la vie : travail, enfants et responsabilités.
    Mais pour cet anniversaire, ils ont appuyé sur pause.

    Ils ont compris une chose essentielle :
    honorer sa mère, c’est aussi honorer ce qu’elle a permis.

    Ils prennent la parole.
    Ils remercient l’heureuse du jour pour son amour et efforts pour bâtir leur avenir
    Ils racontent leurs témoignages sur la vie de Kouamba pour la rigueur de son éducation qui leur a donnée.

    Kouamba écoute attentivement et semble savourer chacun de leurs mots.
    Elle est émue, mais digne.
    Elle ne dramatise pas.
    Elle sourit.
    Elle accueille.

    « L’arbre tient debout parce que ses racines sont profondes. »
    — Proverbe africain

    Les petits-enfants, trait d’union entre deux mondes

    Les petits-enfants parlent parfois mieux le français que la langue de leur grand-mère.
    Ils connaissent peu le village.
    Mais ils connaissent Kouamba.

    Ils l’admirent sans la juger.
    Ils l’écoutent sans l’interrompre.
    Ils la respectent naturellement.

    Dans leurs regards, elle ne voit pas seulement le temps qui passe.
    Elle voit la continuité.

    Elle leur raconte des histoires.
    Des souvenirs simples.
    Des fragments d’Afrique.

    Ce jour-là, la diaspora n’est plus une fracture.
    Elle devient un pont vivant entre les générations.

    Vieillir en diaspora sans regret ni amertume

    Kouamba aurait pu nourrir des regrets.
    Ne pas être rentrée plus tôt.
    Ne pas avoir construit au pays.
    Ne pas avoir vécu certaines traditions.

    Mais à 70 ans, elle a fait un autre choix : la paix.

    Elle a compris que la retraite n’est pas un retour en arrière.
    C’est un réajustement intérieur.

    Elle vit plus lentement.
    Elle choisit mieux ses relations.
    Elle protège son énergie. Elle ne court plus après le temps.
    Elle habite chaque instant.

    Redéfinir la réussite à la retraite

    On parle souvent de retraite en chiffres :
    revenus, investissements et patrimoine.

    Mais l’histoire de Kouamba nous rappelle une autre vérité, essentielle sur Vision Retraite Paisible :
    la réussite peut être humaine, relationnelle et intérieure.

    À 70 ans, Kouamba a :

    • des enfants présents,
    • des petits-enfants confiants,
    • une sérénité profonde.

    Et cela change tout.

    « Celui qui a la paix a déjà beaucoup. »
    — Sagesse universelle

    Un anniversaire comme acte de transmission

    A un moment de la fête, Kouamba prend la parole.
    Sa voix est douce.
    Calme.

    Elle ne donne pas d’ordres.
    Elle partage son expérience de la vie..

    Elle parle de patience.
    De dignité.
    De courage discret.

    Elle rappelle que la vie ne suit pas toujours le plan prévu.
    Mais qu’elle peut rester belle, si l’on sait l’accueillir.

    Ses mots restent.
    Bien plus longtemps que le gâteau.
    Bien plus profondément que les photos.

    Ce que cette célébration nous rappelle

    Cette fête n’est pas spectaculaire.
    Mais elle est fondatrice.

    Elle nous rappelle que :

    • la diaspora peut être un lieu de paix,
    • la retraite peut être vécue sans peur,
    • la simplicité peut être une vraie richesse.

    Kouamba ne célèbre pas ce qu’elle n’a pas eu.
    Elle célèbre ce qu’elle a préservé.

    Vieillir entier, même loin du pays

    Le soir venu, quand les enfants rangent et que les petits-enfants s’endorment, Kouamba s’assoit près de la fenêtre.

    Elle regarde la ville.
    Elle pense à l’Afrique.
    Et elle sourit.

    Elle ne se sent plus partagée.
    Elle se sent entière.


    Et vous, qu’en pensez-vous ?

    Cette manière de célébrer les 70 ans d’une retraitée en diaspora vous touche-t-elle ?
     Pensez-vous que la simplicité peut renforcer la sérénité à la retraite, même loin du pays d’origine ?
    Comment imaginez-vous, vous-même, la célébration d’un âge symbolique ?

    💬 Votre expérience et votre regard comptent. Partagez-les en commentaire : ils peuvent inspirer d’autres lecteurs de Vision Retraite Paisible.

  • COMMENT CELEBRER L’ANNIVERSAIRE A LA RETRAITE AVEC SERENITE
    par Yao Arnaud
    12 janvier 2026
    Retraité fête son anniversaire/Illustratif

    La richesse d’un homme se mesure aux personnes qu’il rassemble autour de lui.

    Proverbe Africain

    Prendre de l’âge ne signifie pas s’effacer.
    Pour beaucoup de retraités africains, l’anniversaire devient au contraire un moment clé : celui où l’on célèbre la vie, le chemin parcouru et la paix intérieure, même avec des moyens financiers limités.

    Quand l’anniversaire devient un acte de sagesse

    Nous, sur Vision Retraite Paisible, parlons souvent de finances, de projets, de reconversion ou de préparation matérielle de la retraite. Mais il existe une autre dimension, plus silencieuse et pourtant essentielle : la manière dont on célèbre la vie une fois arrivé à l’âge de la maturité.

    Dossou, Béninois, retraité de 65 ans, nous en donne un bel exemple.
    À cet âge multiple de cinq, symbole de passage et de reconnaissance dans de nombreuses cultures africaines, il a choisi de marquer le coup. Non pas par une fête ostentatoire, mais par une célébration profondément humaine.

    Une retraite modeste, mais un esprit libre

    Dossou vit avec une pension modeste à Gbèdjromédé, un quartier de Cotonou.
    Il n’a pas accumulé de grandes richesses financières. Et pourtant, il ne se sent pas pauvre.

    Au fil des années, il a compris une vérité que beaucoup découvrent trop tard : la paix intérieure est souvent le fruit de l’acceptation, pas de l’accumulation.

    A 65 ans, il ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Il cherche à vivre lentement, consciemment, entouré de ceux qui comptent vraiment.

    Pourquoi les âges multiples de cinq comptent tant

    Dans sa famille, comme dans beaucoup de familles africaines, tous les anniversaires ne se fêtent pas de la même manière.
    Les âges intermédiaires sont souvent célébrés dans la discrétion : un repas simple, une prière, quelques rires partagés en cercle restreint.

    Mais lorsque l’âge est multiple de cinq, on s’arrête.
    On regarde en arrière, pour passer en revue ses réalisations
    On remercie la Providence.
    On rassemble autour de soi pour une réjouissance collective.

    Ces anniversaires deviennent des repères de vie, des moments où l’on transmet, où l’on bénit, où l’on se reconnecte à l’essentiel.

    Une célébration pensée selon les moyens… et le cœur

    La fête de Dossou n’a rien de spectaculaire.
    Elle se tient dans la cour familiale, là où tant de souvenirs ont été construits.

    Quelques chaises empruntées ou louées, une tente modeste dressée et un repas préparé collectivement. Rien d’excessif. Rien de superflu n'a surchargé la préparation de l'événement.

    Chaque enfant a contribué selon ses possibilités.
    L’un a aidé pour procurer la nourriture.
    Un autre a mis la musique de la circonstance à disposition
    Et un troisième enfant participe à la fête en immortalisant l’instant dans la droite ligne des vieilles photos retraçant la vie de leur père.

    Dossou n’a rien exigé de qui que ce soit
    Il a simplement accueilli la proposition de ses enfants pour l’organisation d’une telle célébration d’anniversaire.

    Et c’est précisément cette simplicité qui a donné toute sa valeur à la célébration.

    Le soutien des enfants : une retraite invisible mais précieuse

    À la retraite, le soutien le plus précieux n’est pas toujours financier.
    Il est souvent relationnel.

    Les enfants de Dossou n’ont pas tous des moyens confortables. Mais ils ont compris que la présence, l’attention et le respect constituent des formes de richesse que l’argent ne remplace pas.

    Ils ont pris le temps.
    Ils ont fait le déplacement chacun de son lieu d’habitation au pays ou à l’étranger
    Ils ont écouté les souhaits de leur père pour les mettre en œuvre pour sa fête.

    Et ce jour-là, Dossou a ressenti quelque chose de rare : la confirmation qu’il n’avait pas vécu inutilement.

    L’anniversaire comme une transmission silencieuse

    Pendant la célébration, Dossou a pris la parole. Calmement. Sans discours préparé. Il a improvisé selon son ressenti du moment.

    Il n’a pas donné de leçons.
    Il a raconté ce qu’il a vécu jusqu’alors.

    Confiant en sa mémoire, qui lui est demeurée fidèle, il n’a commis aucune erreur.
    Il a abondé dans le sens de ses choix de vie, de ses renoncements pour bien vivre et surtout de ses simples joies.

    Il a rappelé que la vie n’est pas une course.
    Que chacun avance à son rythme.
    Que la dignité vaut plus que la réussite apparente.

    Sans le vouloir, il a transmis une leçon puissante aux plus jeunes : on peut vieillir sans peur, sans agitation et sans regret.

    Vieillir avec sérénité plutôt qu’avec inquiétude

    A 65 ans, Dossou marche moins rapidement qu’auparavant. Il se fatigue plus vite. Mais il ne voit pas cela comme un échec.

    Il parle désormais de la retraite comme d’une nouvelle saison :
    certes, moins bruyante, mais plus profonde et plus alignée sur sa philosophie de vie.

    Il choisit ses relations.
    Il préserve son énergie.
    Il cultive la paix.

    Son anniversaire devient alors un symbole fort : celui d’un homme qui accepte le temps au lieu de le combattre.

    Une autre vision de la réussite à la retraite

    En définitive, nous pensons que la réussite à la retraite ne se résume pas à un chiffre ou à un patrimoine.

    Elle se mesure aussi à :

    • La qualité des relations,
    • La capacité à célébrer sans se comparer,
    • La sérénité avec laquelle on aborde les années à venir.

    Dossou nous rappelle qu’il est possible de célébrer la vie avec peu, mais avec beaucoup de sens.


     Et vous, qu’en pensez-vous ?

    Trouvez-vous cette manière de célébrer l’anniversaire d’un retraité inspirante ?
     Avez-vous, dans votre famille ou votre entourage, des traditions similaires pour les âges symboliques ?
    Pensez-vous que la simplicité peut renforcer la sérénité à la retraite ?

     Partagez votre avis en commentaire. Votre expérience peut inspirer d’autres lecteurs de Vision Retraite Paisible.

  • NOUVEL AN, NOUVELLE VIE
    par Yao Arnaud
    29 décembre 2025

    COMMENT UN RETRAITÉ TOGOLAIS CÉLÈBRE LE NOUVEL AN EN BELGIQUE

    Où que tu ailles, n’oublie jamais d’où tu viens

    Proverbe africain

    Kossi à Nouvel An / Illustratif

    Chaque 31 décembre, au cœur de l’hiver belge, alors que les premières gelées brillent encore sur les trottoirs, un moment particulier s’installe dans la vie de nombreux retraités africains vivant en diaspora. Ce moment n’est pas seulement une date sur le calendrier. C’est un symbole, un pont entre ce qui a été et tout ce qui peut encore venir.

    Pour un retraité, le passage à la nouvelle année est souvent bien plus profond qu’une simple fête : c’est une étape de vie, un repère émotionnel et spirituel, une occasion de regarder le chemin parcouru et de célébrer chaque petite victoire.

    Ce besoin de sens, de connexion à ses racines, de célébration communautaire — et parfois de quête de nouveauté — anime particulièrement les retraités togolais en Belgique. Dans cet article, je vais te partager, étape par étape, comment l’un d’eux — que nous appellerons Kossi — prépare et vit cette période.

    Du sens avant la célébration : poser l’intention du Nouvel An

    À la retraite, le temps retrouve sa dimension profonde. On n’est plus tenu par les mêmes urgences que pendant la vie active. On a gagné quelque chose de rare : la liberté de donner du sens à chaque jour qui passe.

    Pour Kossi, la préparation du Nouvel An ne commence pas par les bulles ou la décoration. Elle commence par une réflexion personnelle. Début décembre, il prend un carnet spécial — qu’il appelle son carnet d’intentions — et il se pose trois grandes questions :

    1. Qu’est-ce que j’ai appris cette année ?
    2. Qu’est-ce qui m’a apporté de la joie ?
    3. Qu’est-ce que je souhaite profondément pour l’année qui arrive ?

    Ce rituel n’est pas une simple liste de vœux. C’est une démarche intérieure qui l’aide à se connecter à ses valeurs, à identifier ce qu’il veut reproduire — ou laisser derrière lui.

    Cela demande honnêteté et lucidité. Mais surtout, cela donne une direction forte, un cap vers lequel orienter ses actions à venir.

    “Ton année n’est pas seulement une succession de jours, mais une histoire que tu choisis d’écrire.” — Citation inspirée de nombreux penseurs du développement personnel.

    Retrouver ses racines, même loin de chez soi

    Pour un Togolais expatrié, la diaspora n’est jamais seulement une question de géographie. C’est une expérience de double identité, entre le pays natal et le pays d’accueil.

    Kossi sait que le Nouvel An est un moment où ses racines doivent être honorées. Il se met donc en quête des traditions togolaises qui font sens pour lui :

    • Préparer un plat traditionnel, comme le fufu ou le riz sauce graine, qu’il n’a pas eu l’occasion de cuisiner depuis longtemps.
    • Allumer une bougie en mémoire des siens au pays, particulièrement ceux qui ne sont plus là.
    • Écouter de la musique qui a marqué son enfance, en famille ou tout seul, les rythmes qui résonnent encore dans son cœur.

    Chez lui, en Belgique, ces gestes deviennent des actes de mémoire et de gratitude. Ils nourrissent la joie, mais aussi l’appartenance.

    Créer une communauté positive autour de soi

    A la retraite, les liens sociaux se transforment. On n’a plus les collègues du bureau avec qui partager une blague à la machine à café, ni les rendez-vous quotidiens imposés.

    Alors comment reconstruire un réseau ? Pour Kossi, la réponse est simple : créer sa propre communauté, à son échelle.

    Il organise chaque année, vers le 28 décembre, une petite rencontre entre amis togolais et belges qui lui sont chers. Ce n’est pas une grande fête bruyante, mais une soirée conviviale autour d’un repas partagé. Chacun apporte un plat, un souvenir ou un mini-cadeau symbolique.

    Ce moment est précieux :

    • Il renforce les liens.
    • Il permet à chacun de partager son regard sur l’année passée.
    • Il donne à tous l’énergie émotionnelle pour entrer dans la nouvelle année avec optimisme.

    C’est une fête intime, riche en rires, en musique et en reconnections humaines.

    La préparation pratique : du refuge contre le stress au plaisir organisé

    Un retraité qui attend le Nouvel An sans préparation peut vite se sentir dépassé : la météo hivernale, le froid, la logistique, les invitations, les achats… tout cela peut devenir source de stress.

    Kossi a appris à anticiper :

    Décoration et ambiance

    Il commence tôt : dès la première semaine de décembre, il installe quelques guirlandes lumineuses. Pas de grande décoration coûteuse, mais quelque chose de simple, chaleureux, lumineux — parce que l’hiver en Belgique est relativement sombre, et que la lumière porte un sens symbolique fort.

    Courses et repas

    Il note les recettes qu’il veut préparer, puis fait ses courses par étapes :

    • Recherches dans les magasins africains de Bruxelles pour certains ingrédients rares.
    • Achat de produits locaux pour compléter.
    • Préparation avant le 30 décembre pour que la cuisine ne devienne pas une corvée le 31.

    Tenue vestimentaire

    Pour lui, le choix de la tenue n’est pas anodin. Cela peut être une chemise traditionnelle togolaise, un boubou coloré ou simplement une tenue élégante qui le met en joie.

    Ce rituel de préparation — souvent sous-estimé — est un pilier essentiel pour que la soirée du Nouvel An soit une réussite sereine et joyeuse.

    La retraite n’est pas la fin du chemin, mais le moment de marcher enfin à son rythme, dit-on

    Le passage à minuit : au-delà du compte à rebours

    Quand l’horloge approche de minuit, tout le monde le sait : ce n’est pas juste un moment. C’est une frontière symbolique. On laisse derrière soi une année entière de souvenirs, de défis, de réussites, parfois de douleur, mais aussi de gratitude.

    Pour beaucoup, ce passage se vit avec un compte à rebours, des embrassades et des verres levés.

    Pour Kossi, ce moment est aussi un espace de gratitude et de pardon :

    • Il remercie chaque personne présente d’avoir partagé une part de son année.
    • Il pardonne les petites blessures de l’année passée — un pas essentiel vers la paix intérieure.
    • Et il verbalise à haute voix une intention forte pour l’année suivante.

    Ce rituel n’est pas religieux en soi, mais profondément spirituel et introspectif. Il donne de l’épaisseur à la fête, transforme une simple soirée en moment de transformation personnelle.

    Après minuit : nouveaux rituels, nouvelles perspectives

    Loin d’être une simple conclusion, le passage à la nouvelle année est en réalité un point de départ.

    Pour garder cette énergie et éviter la lassitude du lendemain, Kossi adopte quelques habitudes concrètes :

    Journée du 1er janvier : cocooning actif

    • Une promenade légère au parc — marcher dans le calme, respirer profondément.
    • Une tasse de thé chaud.
    • Quelques pages d’un livre inspirant ou de développement personnel.
    • Une revue de ses intentions notées en début décembre.

    Planification de projets

    Ensuite, il consacre un moment à :

    • Établir trois objectifs prioritaires pour l’année — réalistes, mesurables, alignés avec ses valeurs.
    • Fixer des petites actions concrètes pour chaque mois (pas seulement des rêves vagues, mais des jalons réalistes).
    • Partager une ou deux de ces intentions avec un ami proche pour renforcer l’engagement.

    Nouvel An et transmission : l’importance des plus jeunes

    Un retraité a souvent quelque chose de très précieux à offrir : le temps et l’expérience.

    Kossi, lorsqu’il célèbre le Nouvel An avec ses enfants ou petits-enfants, en profite pour :

    • Leur raconter des anecdotes sur la vie au Togo.
    • Leur partager ce que chacune de ses traditions signifie.
    • Leur laisser poser des questions et s’exprimer.

    Ce moment est riche en transmission de culture, mais aussi en construction de relations intergénérationnelles fortes. La fête devient un pont entre le passé, le présent et l’avenir.

    Entre tradition et modernité : célébration hybride

    Un des aspects les plus inspirants de la vie en diaspora, c’est cette capacité à créer un espace de célébration hybride :

    • On garde les traditions togolaises qui comptent.
    • On adopte certaines coutumes belges (comme le feu d’artifice, les chants, les toasts à minuit).
    • On invente de nouvelles coutumes personnelles qui résonnent avec sa situation actuelle.

    C’est une force : loin d’être tiraillé entre deux mondes, le retraité apprend à fusionner le meilleur des deux.

    Ce que la retraite nous apprend : célébrer autrement

    La retraite n’est pas seulement une période de repos. C’est une étape de redécouverte de soi, de priorisation de ce qui compte vraiment.

    Fêter le Nouvel An à la retraite ne se résume pas à faire la fête. Cela devient :

    • Une célébration contemplative.
    • Une reconnexion à ses valeurs.
    • Une communion avec ceux qui comptent.
    • Une ouverture vers le futur avec clarté et énergie.

    Le retraité fait preuve de beaucoup de sagesse sur ce point. Il se réfère ainsi au proverbe africain “Le vieillard assis voit plus loin que le jeune debout.”

    Et toi ? Quelle sera ta manière de vivre le prochain Nouvel An ?

    Peu importe où tu te trouves — en Belgique comme Kossi, ailleurs en Europe, USA, ou même au Togo — le Nouvel An peut être bien plus qu’une simple soirée.

    Il peut être un rite de passage intime, une opportunité de :

    • Repousser les limites de ce que tu pensais possible.
    • Réinventer ta manière de célébrer.
    • Créer des traditions qui ont du sens pour toi.
    • Renouer avec ta communauté.
    • Faire de chaque début d’année un acte de création consciente.

    Comme l’écrit souvent le blogueur et écrivain français Olivier Roland, “une vie réussie n’est pas une accumulation de jours, mais l’alignement entre ce que tu fais et ce que tu veux profondément être.”

    Alors, prépare ton Nouvel An non seulement avec des guirlandes et des plats délicieux… mais surtout avec la clarté de ton intention, la chaleur de ta gratitude, et l’énergie de tes projets futurs.

  • ADJINDA, BATISSEUR D’AVENIR
    par Yao Arnaud
    25 novembre 2025

    UNE RETRAITE ACTIVE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT DU BENIN

    Celui qui veut aller vite, marche seul. Celui qui veut aller loin, marche avec les siens

    Proverbe africain

    Adjinda ,Développeur/Illustratif

    Découvrez comment Adjinda, ex-inspecteur béninois, transforme sa retraite en mission pour développer son village et inspirer toute une communauté.

    Un inspecteur devenu acteur du développement local au Bénin

    Après plus de trente ans passés dans l’éducation nationale, Adjinda, 62 ans, ancien inspecteur de l’enseignement primaire, a choisi une retraite peu ordinaire : retourner dans son village natal pour y bâtir un modèle de développement durable.

    Durant sa carrière, il a vu les défis du système éducatif béninois : écoles sous-équipées, jeunes désorientés, enseignants épuisés mais passionnés.
    Il aurait pu profiter de sa retraite pour se reposer.
    Mais non. Adjinda a préféré se mettre au service de son pays.

    “J’ai compris que le développement ne viendra pas d’en haut. Il commence à la base, dans nos villages.” Un choix courageux et inspirant, qui prouve qu’à tout âge, on peut encore changer les choses.

    Retour au village : une retraite engagée et utile

    De retour à une vingtaine de kilomètres de Dassa-Zoumè, Adjinda découvre une population pleine de bonne volonté mais manquant d’encadrement.
    Alors, il décide d’agir :

    • Il crée un centre communautaire pour les jeunes sans emploi,
    • Met en place un club agricole scolaire,
    • Et soutient la création d’une coopérative d’épargne villageoise gérée par les femmes.

    Ces actions simples mais concrètes font renaître l’espoir.
    Le village commence à se transformer.

    “Nous devons croire en nos propres forces,” dit-il.
    “Quand les citoyens s’organisent, tout devient possible.”

    Georgette, l’épouse engagée dans l’éducation des jeunes filles

    Adjinda n’est pas seul dans cette aventure. À ses côtés, son épouse Georgette, 54 ans, directrice d’école primaire, partage la même passion pour l’éducation et le service communautaire.

    Pleine d’énergie et de douceur, elle organise des ateliers pour les jeunes filles : lecture, confiance en soi, gestion du temps et éducation civique.
    Pour elle, l’émancipation féminine est au cœur du développement.

    “Le développement du Bénin passera aussi par la femme rurale instruite,” affirme-t-elle.

    Ensemble, Adjinda et Georgette forment un couple de bâtisseurs, unis dans une mission commune : éveiller, éduquer et transformer leur communauté.

     Une relève inspirée : Boris et Léandre, la jeunesse au travail

    Leur engagement n’a pas laissé leurs enfants indifférents.
    Boris, 25 ans, ingénieur en génie civil, met ses compétences au service des chantiers communautaires.
    Sous sa supervision, le centre socio-éducatif et les points d’eau du village ont été rénovés.

    “C’est un honneur d’utiliser mon savoir pour améliorer la vie des miens,” dit-il fièrement.

    Son frère Léandre, 23 ans, étudiant en droit, aide quant à lui à structurer les associations locales.
    Il veille à la transparence, à la bonne gestion et à la cohésion des initiatives.

    Ce trio père-mère-fils incarne une transmission réussie des valeurs familiales et citoyennes :
     - Le sens du service,
     - La responsabilité,
     - La foi en un avenir collectif.

    Les réunions de village : la politique du développement à la base

    Chaque samedi, Adjinda organise des réunions participatives sous le grand manguier du village.
    Femmes, jeunes, anciens… tout le monde a la parole.
    On y parle d’eau potable, d’assainissement, de microcrédit et d’éducation.

    Ces rencontres sont devenues une véritable école de gouvernance locale.
    Elles favorisent la prise d’initiative et la démocratie participative.

    “Nous ne faisons pas de politique de partis,” précise Adjinda.
    “Nous faisons la politique du développement, celle qui met le peuple au centre.”

    Grâce à ces échanges, plusieurs projets ont vu le jour :
     - Un puits réhabilité,
     - Un programme d’alphabétisation pour femmes,
     - Un jardin communautaire pour la cantine scolaire.

    De petits pas, mais d’immenses avancées pour un village autrefois oublié.

    La philosophie de Adjinda : commencer là où l’on est

    Adjinda aime rappeler :

    “N’attends pas d’avoir tout pour commencer. Commence avec ce que tu as, là où tu es.”

    Ce principe simple, presque spirituel, résume son parcours.
    Il ne mise pas sur de grands moyens, mais sur la volonté collective.
    Et c’est cette philosophie qui séduit ONG, associations locales et mairies voisines.

    Des délégations viennent aujourd’hui s’inspirer de son modèle : un développement participatif et réaliste, ancré dans les réalités rurales béninoises.

    Du local à l’influence nationale : un modèle qui inspire

    Le travail de Adjinda dépasse désormais son village.
    Il participe à des forums régionaux sur le développement local, partageant sa vision d’une gouvernance à visage humain.

    Sa mission : créer un réseau de villages solidaires, reliés par des projets agricoles, éducatifs et écologiques.

    “Quand les citoyens prennent leur destin en main, c’est tout le pays qui se remet à espérer,” affirme-t-il.

    Le Bénin profond, celui des villages, retrouve ainsi la fierté d’être acteur de son propre avenir.

    La retraite comme mission de vie au Bénin

    Pour beaucoup, la retraite signifie repos, solitude ou inactivité.
    Pour Adjinda, c’est l’inverse : une mission de vie.

    Il veut prouver que l’expérience accumulée pendant des décennies peut devenir une richesse pour le pays.
    Il veut incarner une retraite utile, celle qui transmet et transforme.

    Ses actions ont déjà un impact visible :
    -     Des jeunes responsabilisés,
    -     Des femmes autonomes,
    -     Un village plus dynamique.

    Le message d’un blogueur : vivre une vie qui a du sens

    Comme le rappelle souvent le blogueur Olivier Roland,

    “Une vie réussie, c’est une vie choisie.”

    Adjinda illustre parfaitement cette idée.
    Il n’a pas choisi la facilité, mais la contribution.
    Plutôt que de se retirer du monde, il y est retourné avec passion.

    Son parcours nous enseigne que la vraie liberté, c’est de vivre selon ses valeurs.

    La retraite n’est pas la fin de la vie, c’est un nouveau départ

    Chaque matin, Adjinda traverse son village, saluant les enfants et les femmes au marché.
    Son regard rayonne de cette joie tranquille de celui qui a trouvé sa mission.

    “Je ne suis pas un héros,” dit-il simplement.
    “Je suis juste un homme qui a décidé de commencer.”

    Et si chacun, à son échelle, faisait comme lui ?

    Que ferez-vous de votre seconde vie ?

    La retraite peut être une parenthèse ou un tremplin.
    À vous de choisir.
    À l’image de Adjinda, osez semer vos graines de changement, là où vous êtes, avec ce que vous avez.

  • IRMA, LA GRAND-MERE VOYAGEUSE : UNE RETRAITE QUI INSPIRE
    par Yao Arnaud
    17 novembre 2025

    Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace

    Proverbe senegalais

    Les enfants sont la richesse des vieillards.

    Proverbe africain

    Grand'mère voyageuse/Illustratif

    Irma, la grand-mère qui fait de la retraite une aventure

    Il y a des moments dans la vie où tout s’aligne, comme une évidence. Pour Irma, 61 ans, ce moment a été sa retraite. Non pas une fin, mais un nouveau départ; un retour à l’essentiel, à la famille, aux liens et à la liberté d’aimer sans horloge.

    Ancienne institutrice dans l’enseignement public sénégalais, Irma a dédié plus de trois décennies à transmettre le savoir avec une patience infinie et un amour sincère pour les enfants. Mais depuis qu’elle a rangé les craies et fermé pour la dernière fois la porte de sa salle de classe, ce n’est pas la nostalgie qui l’a gagnée, mais une profonde gratitude.

    « J’ai passé ma vie à m’occuper des enfants des autres. Maintenant, c’est à mes petits-enfants que je veux donner le meilleur de moi. »

    Une transition naturelle : de la maîtresse à la maman à plein temps

    Beaucoup redoutent le vide que laisse une carrière derrière soi. Pas Irma. Elle savait déjà ce qu’elle voulait : être présente pour ceux qui comptent le plus.

    Ses quatre enfants vivent aux quatre coins du monde : Maguette, la plus jeune, est restée à Dakar. Fatou vit à Lyon. Khady est à New York et Astou à Atlanta.

    Un tel éloignement aurait pu être source de solitude. Mais Irma a décidé de transformer cette distance en opportunité de voyager, de découvrir, et surtout, d’être présente – réellement présente – dans la vie de ses proches.

    « Je ne veux pas être juste une voix sur WhatsApp. Je veux des bras autour du cou, des rires à la maison et des souvenirs plein le cœur. »

    C’est ainsi qu’est née sa nouvelle vie : celle d’une grand-mère nomade, une valise à la main et l’amour en bagage principal.

    Quand la retraite rime avec envol permanent

    Si vous l’apercevez à l’aéroport de Dakar, vous ne pourrez pas la manquer : silhouette élégante, foulard coloré, regard pétillant et une valise bien rodée, toujours remplie de cadeaux, de douceurs maison et d’épices qui rappellent le pays.

    Avec humour, elle résume sa vie :

    « Ma retraite ? C’est entre Air Sénégal, Air France et Delta Airlines ! »

    Mais derrière ce ton léger se cache une vérité plus profonde : la liberté. Celle de choisir son rythme, ses moments, ses destinations. Fini les réveils matinaux, les réunions, les corrections. Place aux balades avec les petits, aux découvertes et aux moments de pur bonheur partagé.

    Chaque voyage est une leçon de vie. À Lyon, elle découvre le fromage et les marchés de Noël. À New York, elle goûte à l’immensité et à la neige. À Atlanta, elle s’émerveille devant les grands espaces et la chaleur humaine du Sud. Et à Dakar, elle recharge son cœur auprès de ses racines, de la mer, de ses amies et de ses souvenirs.


    “Maman Irma” : plus qu’une grand-mère, une deuxième maman

    Ses petits-enfants l’appellent “Maman Irma”. Et ce surnom, elle le porte comme une médaille. Pour eux, elle est un pilier, une présence rassurante, une tendresse incarnée.

    Maguette se souvient :

    « Quand j’ai accouché de mon deuxième fils, maman est venue passer trois mois à la maison. Elle se levait la nuit, préparait le petit déjeuner, chantait des berceuses en wolof... Elle était mon ange gardien. »

    Irma prend son rôle très à cœur. Dès qu’une de ses filles attend un bébé, elle se prépare. Elle cuisine, congèle des plats traditionnels, réserve son billet et s’envole.

    « Je me sens utile, dit-elle. Quand mes enfants étaient petits, j’étais souvent débordée par le travail. Aujourd’hui, c’est à mon tour de leur faciliter la vie. »

    Et elle le fait avec une joie lumineuse, des étoiles dans les yeux chaque fois qu’elle évoque les premiers pas, les premiers mots, les petits chagrins ou les grandes joies de ses petits-enfants.

    Une vie simple, mais remplie de sens

    Certains lui demandent pourquoi elle ne lance pas une activité, une association, quelque chose de “concret” comme tant d’autres retraités.

    Sa réponse est claire :

    « Je n’ai rien à prouver. J’ai travaillé et j’ai élevé mes enfants. Maintenant, je veux juste aimer et être aimée. »

    Et cette philosophie touche ceux qui croisent sa route. Dans son quartier, à Dakar, elle est respectée, admirée. Toujours souriante, toujours disponible. Pour beaucoup, elle semble être en vacances éternelles.

    Elle rit :

    « Ce n’est pas des vacances. C’est ma mission. Dieu m’a confié une famille, je la chéris avec gratitude. »

    Une retraite apaisée, sans manque ni regrets

    Pas de solitude. Pas d’ennui. Chez Irma, les journées sont pleines : appels vidéos, visites, départs, retours, discussions de quartier, promenades en bord de mer...

    « Ma retraite, c’est du mouvement, de l’amour. Si je ne bouge pas, je m’éteins. »

    Côté santé, elle rayonne. Elle marche chaque jour, mange sainement, médite. Mais surtout, elle vit avec le cœur.

    « Quand on fait les choses par amour, le corps suit. Je ne me fatigue jamais d’aimer. »

    Ce que nous apprend le parcours d’Irma

    L’histoire d’Irma casse les clichés. La retraite n’est pas forcément une cassure. Elle peut être un renouveau.

    Voici ce que son exemple nous enseigne :

    1. On peut être utile sans être “productif”
      Irma ne génère pas de revenu, mais elle crée du lien, elle soulage, elle accompagne. Et c’est inestimable.
    2. La retraite est un rythme à choisir soi-même
      Elle a trouvé le sien : fluide, joyeux, sans pression.
    3. Aimer est une vocation à plein temps
      Ses voyages ne sont pas du tourisme. Ce sont des actes d’amour.
    4. Le bonheur est dans la manière de vivre chaque instant
      Elle a laissé les cahiers pour les dessins d’enfants. Et elle a gagné la paix intérieure.

    Un message d’espoir pour les retraités d’ici et d’ailleurs

    A ceux qui approchent de la retraite ou qui viennent d’y entrer, Irma adresse ce message :

    « Ce n’est pas parce que vous arrêtez de travailler que vous arrêtez d’avoir une mission. Votre mission change, c’est tout. »

    Et peut-être que c’est ça, le vrai sens de la retraite : continuer à servir, autrement. Avec plus de douceur, plus de présence et plus d’humanité.

    Le bonheur, c’est du temps offert avec amour

    Aujourd’hui, Irma prépare son prochain départ pour Lyon. Fatou attend un bébé, et Irma sera là. Comme toujours. Avec des valises pleines d’amour, et des bras prêts à bercer.

    Mais avant de s’envoler, elle va comme à son habitude à la plage de Ngor. Elle regarde l’océan, ferme les yeux, et murmure :

    « Merci, Seigneur, de me donner encore la force d’aimer. »

    Et peut-être que là, dans cette simple prière, se cache le plus beau secret d’une retraite heureuse.

  • AHMED, IMAM DE CŒUR : UNE RETRAITE DEVENUE MISSION
    par Yao Arnaud
    11 novembre 2025

    Celui qui sert les autres est le vrai roi

    Proverbe soufi

    Imam, Ahmed/Illustratif

    Ahmed, du bureau à la mosquée : la retraite d’un homme comblé par la foi et le service

    Dans certains quartiers populaires de Conakry, il y a des figures qu’on respecte sans même les connaître personnellement. Des hommes dont la présence inspire calme et confiance. Ahmed fait partie de ceux-là. A 60 ans, cet ancien employé d’une société guinéenne savoure une retraite pas comme les autres : une retraite spirituelle, active et profondément utile à sa communauté.
    Son histoire est celle d’un homme qui, après avoir longtemps servi son pays à travers son travail, a trouvé une nouvelle mission : servir Dieu et les hommes.

    Une nouvelle page après la Mecque

    Ahmed se souvient encore du jour où il a foulé le sol sacré de la Mecque. Ce pèlerinage, qu’il rêvait d’accomplir depuis sa jeunesse, a marqué un tournant dans sa vie. Là-bas, au milieu de millions de fidèles venus du monde entier, il a ressenti une paix intérieure qu’il n’avait jamais connue auparavant.
    « J’ai compris que ma vie devait désormais être tournée vers le service spirituel », confie-t-il, le regard apaisé.

    De retour à Conakry, Ahmed n’a pas cherché à se reposer, comme beaucoup l’auraient fait après des décennies de labeur. Il a plutôt décidé de mettre son temps, son expérience et sa sagesse au service de sa communauté. Très vite, ses voisins, ses anciens collègues et les fidèles de la mosquée du quartier ont davantage vu en lui un modèle. Sa foi solide, sa parole mesurée et sa capacité à rassembler les gens ont naturellement conduit à sa nomination comme imam du quartier.

    Une mission d’écoute et de transmission

    Devenir imam n’a jamais été pour Ahmed une question de prestige. Pour lui, c’est avant tout une responsabilité sacrée. Chaque jour, il se lève avant l’aube pour la prière de fajr, puis il passe du temps à méditer sur les versets du Coran.
    « Un bon imam doit d’abord être un bon élève du Livre Sacré », aime-t-il répéter.

    Sous sa direction, la mosquée est devenue un véritable centre d’apprentissage et de fraternité. Chaque vendredi, il y enseigne les valeurs essentielles de la foi : la sincérité, la patience, la solidarité et la justice. Ses sermons sont simples mais profonds. Il parle avec le cœur, et c’est sans doute ce qui touche tant de fidèles.

    Les jeunes du quartier, souvent à la recherche de repères, viennent nombreux l’écouter. Ahmed les accueille avec un large sourire, les appelle par leur prénom, et les encourage à étudier, à travailler honnêtement et à se marier avec sagesse.
    Il leur dit souvent :

    « Le plus grand djihad, c’est celui que tu mènes contre ton propre égo. »

    La force tranquille d’un couple uni

    Derrière chaque grand homme, dit-on, se cache une femme exceptionnelle. Dans le cas d’Ahmed, elle ne se cache pas du tout : Safiatou, son épouse depuis plus de trente ans, est bien visible dans toutes les activités du couple.
    Âgée de 54 ans, elle est une figure respectée du groupe des femmes de la mosquée. On la consulte, on la sollicite, et elle répond toujours avec bienveillance.

    « Ce que fait mon mari, je le considère comme notre mission commune », explique-t-elle.
    Elle organise les rencontres féminines, soutient les jeunes mariées, et coordonne les actions sociales : visites aux malades, distribution de repas pendant le Ramadan et soutien aux veuves du quartier. Quand Ahmed prêche, elle observe discrètement depuis l’espace réservé aux femmes, fière et émue à la fois. « Voir mon mari parler avec autant de sagesse et de douceur, cela me rappelle pourquoi je l’ai choisi », dit-elle en souriant.

    Une famille au service de la foi

    Le couple a quatre enfants : Moussa, Mamane, Abdou et Maïmouna. Tous sont mariés, installés, mais ils n’ont jamais rompu le lien spirituel avec leur père. Chaque semaine, ils passent à la mosquée ou à la maison familiale pour échanger, prier et écouter ses profonds conseils.
    Moussa, l’aîné, affirme que son père est « le meilleur coach de vie » qu’il connaisse.
    « Il ne nous impose rien, mais il nous fait réfléchir. Quand il parle, tu as envie de t’améliorer. » Le dimanche, jour de repos dans le pays, la maison d’Ahmed se transforme en lieu de retrouvailles. Après la prière, on partage le thé, on discute, on rit, on évoque les versets du Coran que chacun a médités. Ces moments de convivialité sont précieux.
    Ils montrent qu’une famille unie par la foi est une force indestructible.

    De la routine professionnelle à la plénitude spirituelle

    Avant sa retraite, Ahmed était un employé modèle dans une société guinéenne d’import et export. Sérieux, ponctuel, loyal, il a gravi les échelons sans jamais perdre son humilité. Mais il avoue qu’à l’époque, malgré le confort matériel, il lui manquait quelque chose.
    « Le travail nourrissait mon corps, mais pas toujours mon âme. »

    Depuis qu’il a endossé le rôle d’imam, il dit se sentir « utile d’une manière plus profonde ». Ce qu’il donne aujourd’hui n’a pas de prix : des paroles qui réconfortent, des prières qui apaisent et des conseils qui orientent.
    Et en retour, il reçoit un trésor invisible mais immense : la reconnaissance et l’amour de sa communauté.

    Un modèle de solidarité communautaire

    Sous son impulsion, la mosquée a lancé plusieurs initiatives sociales :

    • Une caisse de solidarité pour venir en aide aux familles démunies ;
    • Des cours du soir gratuits pour les enfants du quartier ;
    • Un groupe d’entraide entre commerçants pour favoriser les échanges équitables ;
    • Et surtout, une bibliothèque coranique que les jeunes fréquentent avec assiduité.

    Ces actions, modestes au départ, ont transformé la vie du quartier. Les tensions ont diminué, les solidarités se sont renforcées, et l’esprit de fraternité musulmane s’est concrétisé.
    Ahmed aime répéter :

    « L’islam n’est pas seulement une religion de prières. C’est une école de vie, de partage et de paix. »

    Un retraité pleinement épanoui

    Pour beaucoup, la retraite rime avec inactivité ou nostalgie. Pour Ahmed, elle est devenue synonyme de renaissance.
    Chaque jour, il se lève avec un but clair.
    Chaque soir, il se couche avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose de bien.

    « Quand un fidèle vient me dire que mes paroles ont changé sa manière de voir la vie, je remercie Allah. C’est mon plus grand salaire », dit-il simplement.

    Son regard brille quand il évoque ses fidèles, surtout les plus jeunes. Il les considère comme ses enfants spirituels.
    Certains viennent le consulter pour des projets de mariage, d’autres pour des difficultés professionnelles, ou simplement pour chercher un mot d’encouragement.
    Et Ahmed trouve toujours les mots justes.

    Le secret de sa sérénité

    Interrogé sur ce qui fait sa paix intérieure, Ahmed répond sans hésiter :
    « C’est la reconnaissance. Quand on apprend à remercier Dieu pour chaque souffle, chaque sourire, chaque épreuve, on vit léger. »
    Il médite souvent sur ce verset du Coran :

    “Ceux qui croient et dont les cœurs se tranquillisent à l’évocation d’Allah… N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ?” (Sourate 13, verset 28)

    Ce verset, il le répète souvent à ses fidèles pour leur rappeler que la paix véritable ne se trouve pas dans les biens matériels, mais dans la proximité avec Dieu et les autres.

    Leçons de vie d’un homme accompli

    L’histoire d’Ahmed est une leçon de vie pour tous les retraités — et même pour ceux qui n’y sont pas encore. Elle nous rappelle qu’on peut toujours trouver une nouvelle mission, un nouveau sens à son existence.
    Il prouve qu’on ne vieillit pas quand on cesse de travailler : on vieillit quand on cesse d’aimer, de partager et de croire.

    Ahmed nous enseigne que la retraite peut être le moment idéal pour :

    1. Se rapprocher de ses valeurs profondes ;
    2. Transmettre son expérience à la jeune génération ;
    3. Servir la communauté ;
    4. Cultiver la paix du cœur et de l’esprit

    Un message pour les lecteurs et lectrices

    Quand on lui demande quel conseil il donnerait à ceux qui s'approchent de la retraite, Ahmed répond avec son sourire habituel :

    « Ne voyez pas la retraite comme une fin, mais comme un début. Le monde a encore besoin de vous, même si ce n’est plus dans un bureau. Trouvez votre façon d’être utile, et votre cœur sera en paix. »

    Ses paroles résonnent comme un rappel essentiel dans une époque où beaucoup redoutent ce passage. Ahmed, lui, l’a transformé en bénédiction.


    Le parcours d’Ahmed, ancien employé devenu imam, illustre magnifiquement la puissance de la reconversion spirituelle et communautaire.
    Dans un monde souvent centré sur la réussite matérielle, il montre qu’une vie pleinement réussie se mesure aussi à la lumière qu’on apporte autour de soi.

    Sa femme, ses enfants, ses fidèles : tous témoignent de la richesse intérieure d’un homme simple, sincère et inspirant.
    Et dans le calme de sa mosquée, quand le muezzin appelle à la prière du soir, Ahmed lève les mains vers le ciel, reconnaissant d’avoir trouvé dans la foi ce que le travail seul ne pouvait lui donner : la paix du cœur.


    A vous chères lectrices et chers lecteurs !

    Et vous, chers lecteurs, si vous étiez à la place d’Ahmed, quelle serait votre mission de cœur après la retraite ?
    Serait-elle spirituelle, communautaire ou familiale ?
    Réfléchissez-y… car peut-être que votre nouvelle vocation n’attend qu’un signe pour commencer.

  • SERVIR DIEU A PLEIN TEMPS : LE BONHEUR D’UN RETRAITE
    par Yao Arnaud
    5 novembre 2025

    Quand le cœur est en paix, la maison devient un paradis

    Proverbe africain

    Jean et sa famille/Illustratif

    Jean, du bureau de comptabilité à la maison de Dieu : le témoignage d’un homme comblé par sa seconde vocation

    Il y a des parcours qui forcent l’admiration. Des chemins de vie où le calme succède au tumulte du travail, mais sans jamais sombrer dans l’ennui. Des retraites où le mot « inactif » n’existe pas. Jean, 56 ans, ancien comptable d’une brasserie réputée d’Abidjan, en est l’un des plus beaux exemples. À l’âge où beaucoup cherchent un sens à leur nouvelle liberté, lui a choisi d’y inscrire le nom de Dieu.

    Aujourd’hui, Jean est président du Conseil Pastoral et Fidei custos (ou distributeur de Communion aux malades) — gardien de la foi — de sa paroisse catholique, dans un quartier tranquille d’Abidjan. Une mission qu’il vit comme une véritable renaissance, soutenu par sa femme Julie et leurs deux enfants, Agathe et Ange. Ensemble, ils forment une famille engagée, profondément ancrée dans leur foi, mais aussi dans une joie simple et communicative.

    Une vie professionnelle bien remplie

    Pendant plus de trente ans, Jean a vécu au rythme des bilans, des factures et des rapports comptables. Employé dans une grande brasserie de la capitale économique ivoirienne, il a connu les exigences du monde de l’entreprise : rigueur, précision et respect des délais.
    Mais derrière ses tableaux Excel, une autre passion grandissait : celle du service à l’Église.

    « Même quand je travaillais encore, je ressentais un appel intérieur », confie-t-il. « J’étais souvent sollicité pour des missions paroissiales : organiser les collectes, aider à la gestion des finances de la paroisse, conseiller les jeunes couples… Tout cela m’épanouissait plus que je ne l’aurais imaginé. » Peu à peu, Jean s’est formé, a suivi des retraites spirituelles, lu et échangé avec d’autres personnes. Il a compris que sa foi ne devait pas rester cantonnée au dimanche matin. Alors, le jour où il a pris sa retraite, il n’a pas hésité : il a remis ses compétences comptables au service de Dieu.

    Le jour où tout a basculé

    C’était un dimanche de février, chaud et lumineux, comme souvent à Abidjan. Après la messe, le curé de la paroisse l’a approché avec un sourire :
    « Jean, tu es à la retraite maintenant, non ? »
    « Oui, mon Père. »
    « Alors j’ai besoin de toi. Le Conseil Pastoral cherche un président, quelqu’un de fiable, organisé et proche des fidèles. Tu as le profil idéal. »

    Jean a d’abord hésité. Il craignait la charge de travail, les responsabilités. Mais Julie, son épouse, l’a encouragé :
    « C’est une belle mission, Jean. Et si Dieu t’appelle, pourquoi refuser ? »

    Quelques semaines plus tard, il acceptait. Et très vite, après une élection bien transparente des membres du Conseil Pastoral, sa vie a pris une nouvelle direction.

    Du calcul des chiffres au soin des âmes

    En prenant la tête du Conseil Pastoral, Jean s’est retrouvé au cœur de la vie de la paroisse : planification des activités, coordination des groupes et animation des rencontres communautaires.
    Mais ce qui l’a surtout marqué, c’est la dimension humaine.

    « Avant, je gérais des chiffres. Aujourd’hui, je gère des cœurs. Et c’est cent fois plus beau. »

    Son sens de la rigueur l’aide à organiser les finances de la paroisse, mais aussi à maintenir la transparence et la confiance. Les paroissiens apprécient sa simplicité, son écoute et sa disponibilité.
    Et lorsqu’il est nommé Fidei custos, c’est-à-dire gardien de la foi, il reçoit cette mission comme une consécration : « Être Fidei custos, c’est veiller à ce que la flamme de la foi ne s’éteigne pas. C’est un honneur, mais aussi une responsabilité immense. »

    Une épouse pilier : Julie, la femme derrière le serviteur

    À ses côtés, Julie, 54 ans, partage cette ferveur. Employée de bureau dans une entreprise publique, elle dirige aussi un grand groupe religieux catholique féminin.
    Leur couple respire la complémentarité : quand Jean prépare les réunions paroissiales, Julie anime des retraites spirituelles pour les femmes.
    Le soir, ils prient ensemble, échangent sur leurs expériences et se conseillent mutuellement.

    « Nous avons toujours voulu que notre maison soit un petit sanctuaire », dit Julie avec un sourire. « Nos enfants ont grandi dans une atmosphère de foi, de service et de respect. » Elle reconnaît que la retraite de Jean a transformé leur quotidien : plus de temps ensemble, plus d’écoute, plus de projets spirituels communs.
    « Avant, il rentrait fatigué, souvent tard. Aujourd’hui, il a cette paix intérieure que seule la foi peut donner. »

    Une famille unie par la foi

    Leur fille Agathe, 25 ans, est en fin d’études de Master de management. Elle prépare une carrière prometteuse, mais reste très impliquée dans son groupe de prière.
    « Papa est devenu un modèle pour moi, confie-t-elle. Il me montre que la réussite ne se mesure pas seulement en salaire ou en poste, mais en paix intérieure. »

    Son frère Ange, 21 ans, étudiant en licence de sociologie, partage le même enthousiasme :
    « Moi aussi, j’anime un groupe de jeunes à la paroisse. J’ai vu mon père trouver une joie nouvelle après sa retraite. Ça m’inspire. »

    Dans cette famille, la foi n’est pas un devoir, c’est une respiration commune. Chacun y trouve sa place, son langage et son équilibre.

    Une retraite active et épanouie

    Jean ne parle jamais d’« arrêt de travail ». Pour lui, la retraite est une autre forme de service.
    Il se lève tôt, participe à la messe quotidienne, coordonne les activités paroissiales, visite les malades et les personnes âgées.
    Ses journées sont remplies, mais il ne se sent jamais débordé.

    « Avant, je servais une entreprise. Aujourd’hui, je sers un Royaume. Et c’est bien plus gratifiant », dit-il avec un sourire paisible.

    Son agenda est parfois plus chargé qu’à l’époque où il travaillait !
    Mais il le vit sans stress : « Quand on travaille pour Dieu, le temps n’est plus une contrainte. Il devient un cadeau. »

    Ses conseils à ceux qui approchent la retraite

    À ceux qui craignent la retraite comme une fin, Jean offre un témoignage rassurant :
    « La retraite n’est pas la fin de la vie. C’est le début d’une nouvelle page de vie. Si on la vit avec un cœur ouvert, elle devient un champ de mission. »

    Il conseille aux futurs retraités de :

    1. Préparer leur retraite spirituellement : « On ne passe pas du jour au lendemain de l’activité au repos. Il faut se reconnecter à soi et à Dieu. »
    2. Rester utiles : « Chacun a quelque chose à offrir : du temps, de l’écoute et des compétences. »
    3. S’entourer des bonnes personnes : « Les rencontres communautaires donnent de l’énergie. »

    Et il conclut souvent ses échanges par cette phrase devenue sa devise :

    « Servir, c’est vivre deux fois. »

    L’équilibre entre action et contemplation

    Ce qui frappe chez Jean, c’est sa capacité à conjuguer engagement et sérénité. Il ne se perd pas dans le militantisme religieux : il vit sa foi avec douceur, patience et constance.
    Il a trouvé cet équilibre rare entre le faire et l’être.

    « Je n’ai pas besoin de prêcher avec des mots, dit-il. Ma manière de vivre doit être mon premier témoignage. »

    Il a aussi redécouvert la joie du silence, de la méditation, de la lecture spirituelle. Entre deux réunions paroissiales, il s’isole parfois dans le jardin de la maison familiale pour prier, contempler les fleurs et écouter le chant des oiseaux.
    « Ces moments m’aident à recharger mes batteries spirituelles », confie-t-il. « J’ai compris que Dieu parle souvent dans le silence. »

    Un leadership humble et inspirant

    Le succès de Jean dans ses nouvelles responsabilités repose sur un style de leadership bien particulier : le leadership par le service.
    Plutôt que d’imposer, il propose. Plutôt que de diriger, il accompagne.
    Ses collègues du Conseil Pastoral le décrivent comme « un homme d’écoute, discret, mais d’une efficacité redoutable ».

    Grâce à lui, plusieurs projets communautaires ont vu le jour :

    • Un fonds de solidarité paroissial pour aider les familles en difficulté,
    • La rénovation du centre catéchétique,
    • Et la création d’un groupe de soutien spirituel pour les jeunes professionnels.

    Ces initiatives renforcent le lien social et donnent à la paroisse une nouvelle dynamique.

    Une foi qui rayonne au-delà de la paroisse

    L’engagement de Jean dépasse désormais les murs de sa paroisse.
    Il est souvent invité à partager son expérience lors des rencontres inter-paroissiales ou de forums de laïcs engagés.
    Son parcours inspire, notamment les retraités qui cherchent un sens à cette nouvelle étape de leur vie.

    « Quand on quitte un emploi, on pense souvent qu’on perd son utilité. C’est faux. On peut continuer à bâtir, à donner et à aimer. Simplement, autrement. »

    Dans un monde où beaucoup redoutent la retraite comme une mise à l’écart, Jean incarne une autre vision : celle d’une retraite missionnaire, féconde, joyeuse et tournée vers les autres.

    La paix du cœur, le plus beau des salaires

    A 56 ans, Jean ne parle plus de rentabilité, mais de fruits spirituels.
    Il ne calcule plus des bénéfices financiers, mais des sourires, des prières et des conversions.
    Et il ne compte plus ses heures, parce que chaque jour est une grâce.

    Sa femme Julie le dit mieux que quiconque :
    « Jean a trouvé sa place. Ce qu’il donne aujourd’hui à Dieu, c’est tout ce qu’il a de meilleur : son temps, son expérience et son cœur. Et ça, c’est la plus belle des réussites. »


    « Le bonheur ne se trouve pas en accumulant, mais en se donnant. »

    Cette phrase, Jean la répète souvent à ceux qu’il rencontre. Et quand on voit la sérénité sur son visage, on comprend qu’il en a fait sa vérité.


    Cher lecteur ou chère lectrice, qu'en pensez-vous ? Etes-vous de cet avis ?

  • COMMENT JEROME VIT UNE RETRAITE EPANOUIE AU SERVICE DE DIEU
    par Yao Arnaud
    27 octobre 2025

    Quand le cœur est plein de foi, les mains ne connaissent plus la fatigue.

    Proverbe africain

    L’arbre ne meurt pas quand il donne ses fruits, il se renouvelle.

    Proverbe Béninois

    Un diacre en train de prêcher/Illustratif

    Jérôme, 58 ans : l’ex-fonctionnaire devenu diacre heureux et épanoui à Lomé

    Quand on rencontre Jérôme, on est immédiatement frappé par la sérénité qui émane de son visage. À 58 ans, ce retraité de la fonction publique togolaise a trouvé un sens nouveau à sa vie : celui de servir Dieu à plein temps.
    Ancien cadre administratif respecté, Jérôme est aujourd’hui diacre au sein de l’Église des Assemblées de Dieu du Togo à Lomé. Et lorsqu’il parle de sa reconversion spirituelle, ses yeux brillent d’une joie rare.

    « Je n’ai jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui. J’ai enfin trouvé la paix intérieure et le but que je cherchais depuis tant d’années », confie-t-il avec un sourire paisible.

    Pendant plus de trente années, Jérôme a travaillé dans les bureaux feutrés d’une institution publique. Il y gérait dossiers, budgets et plannings. Un travail honorable, certes, mais sans réelle passion. Au fond de lui, un appel se faisait entendre, discret d’abord, puis de plus en plus pressant : celui de l’évangélisation.

    Un appel qui mûrissait depuis longtemps

    L’histoire de Jérôme ne s’est pas écrite du jour au lendemain. Elle s’est construite au fil des années, patiemment, comme un long chemin de foi.

    Bien avant sa retraite, il s’était déjà investi dans son église locale. Les dimanches, après la messe, on pouvait le voir discuter longuement avec les jeunes fidèles, les encourager, ou aider les pasteurs dans la préparation des cultes.
    Il animait parfois des séances de prières et accompagnait les campagnes d’évangélisation organisées par sa communauté. Mais à l’époque, il devait concilier cette passion avec ses responsabilités professionnelles et familiales.

    « J’avais la conviction que ma mission irait au-delà de mon bureau, mais je ne pouvais pas encore tout lâcher », raconte-t-il.

    Cette double vie, entre fonctionnaire et serviteur de Dieu, a forgé son équilibre. Mais il savait que viendrait un jour où il devrait choisir.

    Ce jour arriva lorsqu’il prit sa retraite à 58 ans. Plutôt que de voir cette étape comme une fin, Jérôme y vit une seconde naissance.

    La retraite : un tremplin pour une vocation accomplie

    Dès les premières semaines de sa retraite, Jérôme ne s’est pas laissé aller à l’oisiveté.
    Tandis que certains de ses anciens collègues cherchaient encore à “tuer le temps”, lui se leva tôt, la Bible à la main, prêt à se consacrer à sa véritable mission : annoncer la bonne nouvelle.

    « J’ai toujours cru que la retraite n’est pas synonyme d’inactivité. C’est une période pour semer autrement », aime-t-il répéter.

    Avec la bénédiction de son pasteur principal, il s’est pleinement engagé comme diacre. Son rôle ? Assister les pasteurs, prêcher dans les quartiers périphériques, organiser des groupes de prière, et surtout, accompagner les âmes en quête d’espérance.

    Cette nouvelle mission lui a redonné un rythme, une raison de se lever chaque matin. « Chaque jour, je me sens utile. J’apporte un peu de lumière à ceux qui en ont besoin. Et c’est un bonheur que l’argent ne peut pas acheter », confie-t-il avec émotion.

    Deux nouvelles stations d’église : sa fierté

    Jérôme ne s’est pas contenté de prêcher. Il a aussi agi concrètement.
    Avec un petit groupe de fidèles motivés, il a contribué à la création de deux stations secondaires de son église dans la banlieue de Lomé : l’une à la périphérie de Ségbé et l’autre à Adidogomé-Klévé.

    Au début, ces missions semblaient impossibles. Il fallait trouver des terrains, mobiliser des volontaires, construire des abris pour les cultes, acheter des bancs, des bibles, et surtout garder la foi dans l’adversité.

    « Nous avons commencé nos réunions sous un hangar de fortune », se souvient Jérôme en riant.
    « Mais quand Dieu veut qu’une œuvre grandisse, Il ouvre les portes. »

    Aujourd’hui, ces deux stations accueillent chaque semaine des dizaines de fidèles. Des familles entières viennent y prier, des jeunes s’y forment, et plusieurs vocations y sont nées.
    C’est dans ces moments que Jérôme ressent la plus grande reconnaissance : celle de voir les fruits de ses efforts spirituels.

    Une famille unie autour de la foi

    Derrière ce diacre épanoui, il y a une famille tout aussi engagée.
    Sa femme Justine, 56 ans, est une fervente chrétienne et un pilier dans cette aventure. Elle dirige souvent les groupes de femmes, organise les œuvres caritatives et accompagne son mari dans les missions d’évangélisation à l’intérieur du pays.

    « Quand je vois mon mari prêcher avec autant de passion, je remercie Dieu de lui avoir donné cette énergie nouvelle », dit-elle avec fierté.

    Leur union repose désormais sur une complicité spirituelle plus forte que jamais. Ensemble, ils sillonnent les quartiers populaires pour apporter leur soutien moral et matériel à des familles démunies.

    Quant à leurs enfants, ils ne sont pas restés en marge de cette dynamique.
    Leur fils aîné, Jacques, 26 ans, a choisi de suivre les traces de son père : il suit actuellement une formation pastorale. Il espère un jour diriger une paroisse, peut-être même l’une des stations fondées par Jérôme.

    Son cadet, Joël, 24 ans, vient de décrocher un Master en gestion et a trouvé un emploi d’assistant de direction dans une entreprise locale. Bien qu’il évolue dans le monde professionnel, il consacre ses week-ends à l’église.

    « Mon père nous a appris que servir Dieu n’empêche pas de réussir dans la vie. Au contraire, cela donne du sens à nos efforts », témoigne-t-il.

    Les joies simples d’un diacre à la retraite

    Ce qui frappe chez Jérôme, c’est la simplicité de son bonheur.
    Là où certains retraités cherchent à combler un vide, lui a trouvé une plénitude.
    Chaque semaine, il planifie ses activités spirituelles : visites aux malades, réunions d’intercession, études bibliques et rencontres avec les jeunes couples.

    Il a troqué les réunions administratives contre les réunions de prière, les dossiers contre les versets bibliques. Et il ne regrette rien.

    « Le plus beau salaire, c’est la paix du cœur », répète-t-il souvent à ses anciens collègues qui viennent lui rendre visite.

    Certains d’entre eux, impressionnés par sa transformation, l’ont même rejoint à l’église. Jérôme les accueille avec bienveillance, sans jugement.
    « Chacun a son chemin vers Dieu, il suffit parfois d’une main tendue », dit-il avec humilité.

    Les défis d’une mission spirituelle

    Mais tout n’est pas facile. Le rôle de diacre demande du temps, de la patience et beaucoup de discernement.
    Jérôme le reconnaît : il a parfois dû faire face à la fatigue, à des critiques, ou à des incompréhensions.

    « Servir Dieu, ce n’est pas toujours une route sans embûches. Il faut savoir persévérer. »

    Malgré ces obstacles, il garde une foi inébranlable.
    Ses moments de doute, il les confie dans la prière. Et à chaque fois, il dit recevoir la force de continuer.
    Sa conviction profonde : la retraite n’est pas une fin de parcours, mais une opportunité d’accomplir sa véritable mission.

    Une leçon pour tous les retraités

    À travers le témoignage de Jérôme, se dessine un message universel : la retraite peut être un nouveau commencement, à condition de savoir où poser son cœur.
    Ceux qui voient cette étape comme une libération du temps peuvent la transformer en source d’épanouissement, en particulier lorsqu’ils la mettent au service des autres.

    « On ne vieillit pas quand on se donne aux autres. On rajeunit spirituellement », sourit Jérôme.

    Et il a raison. Son quotidien, rythmé par les visites pastorales, les cultes et les échanges fraternels, lui donne une vitalité que bien des jeunes lui envieraient.

    Un témoignage qui inspire

    Dans sa maison de Tokoin à Lomé, un modeste portrait trône sur le mur du salon : celui de Jérôme, micro en main, prêchant lors d’une croisade d’évangélisation.
    C’est plus qu’une photo, c’est un symbole. Celui d’un homme qui, après une vie de fonctionnaire dévoué, a décidé de se consacrer à un service encore plus grand : celui de l’âme humaine.

    Son histoire rappelle que la retraite n’efface pas les talents, elle les réoriente.
    Que le bonheur ne réside pas dans la richesse, mais dans la capacité à trouver sa mission intérieure.
    Et que servir les autres, quel que soit l’âge, demeure la plus belle façon de vivre.

    Comme quoi « Le véritable bonheur, c’est de semer des graines d’espérance dans le cœur des hommes. » – Proverbe africain

    Qu’en pensez-vous ?

    Et vous, comment envisagez-vous votre retraite ?
    Comme une fin, ou comme une nouvelle mission à accomplir ?
    L’histoire de Jérôme nous montre qu’il n’est jamais trop tard pour répondre à un appel, quel qu’il soit.
    Car chaque vie, à tout âge, peut encore devenir un instrument de lumière.

  • COMMENT UNE RETRAITEE TRANSFORME SA VIE PAR L’EDUCATION
    par Yao Arnaud
    18 octobre 2025

    L’arbre ne meurt pas quand il donne ses fruits, il vit à travers sa descendance

    Proverbe ghanéen

    Directrice et son mari devant les élèves

    L'enseignante qui a semé de « Bons Grains » à Lomé

    Il y a des histoires qui réconcilient avec la vie, des parcours qui rappellent que la retraite n’est pas une fin, mais une renaissance.
    L’histoire d’Akuélé, 63 ans, en est une éclatante illustration.
    Ancienne conseillère pédagogique dans l’Éducation nationale togolaise, elle aurait pu se contenter de profiter d’un repos bien mérité après plus de trente ans de carrière. Mais le destin – ou plutôt un revers inattendu – l’a poussée à écrire un nouveau chapitre de sa vie, plus vibrant encore que le précédent.

    Quand une épreuve devient une source d’opportunité

    C’était il y a huit ans. Abalo, son mari, cadre dans une entreprise de la place, perd soudain son emploi.
    Un choc pour le couple. Les factures s’accumulent, les enfants Toyi et Naka sont encore en train d’aider leurs propres familles, et la retraite d’Akuélé n’est pas encore effective.
    Beaucoup auraient cédé à la panique. Mais pas elle.
    Assise un soir dans le salon de leur maison du quartier Adidogomé à Lomé, Akuélé confie à Abalo :

    — « Et si on créait notre propre école ? Nous avons tout ce qu’il faut : l’expérience, l’amour des enfants, et surtout la foi. »

    Cette phrase allait changer leur vie.

    D’abord, il y eut l’incrédulité. Monter une école ? Sans capital important ? Avec un mari au chômage et une retraite encore à venir ?
    Mais Akuélé, forte de ses années de pédagogie, savait qu’elle pouvait bâtir quelque chose de solide, même à petite échelle.
    Elle commença à aménager une salle de classe sur leur terrain annexé à leur maison en classe pilote, avec à peine douze élèves la première année.
    C’était le début de l’aventure de l’école « Bons Grains ».

    Des débuts modestes, mais porteurs d’espérance

    Le nom de l’école n’a pas été choisi au hasard.
    Pour Akuélé, chaque enfant est une graine qui, bien plantée, peut produire des fruits exceptionnels.
    Elle voulait une école où les valeurs, la rigueur et la bienveillance seraient les piliers de la formation.

    Au début, Abalo s’occupait de la gestion administrative pendant qu’elle supervisait l’enseignement et le suivi pédagogique de l’enseignant volontaire qu’elle avait engagé.
    Les journées étaient longues, les revenus encore incertains, mais leur détermination était plus forte que tout.

    — « Ce n’était pas facile, se souvient Akuélé. Nous avions parfois du mal à payer les salaires des deux premiers instituteurs, les deux premières années. Mais je me disais toujours : les bons grains finissent toujours par pousser. »

    Et elle avait raison.
    Car en trois ans, la réputation de l’école commença à grandir. Les parents d’élèves du quartier et d'ailleurs, impressionnés par la qualité de l’enseignement et la discipline des enfants, commencèrent à recommander l’établissement.

    Une école devenue référence à Lomé

    Aujourd’hui, huit ans plus tard, « Bons Grains » est l’une des écoles les plus respectées de son quartier.
    Chaque année, les élèves de CM2 affichent un taux de réussite de 100 % à l’examen de fin de cycle primaire.
    Mieux encore, plusieurs d’entre eux figurent régulièrement parmi les meilleurs lauréats du secteur.

    — « Quand je vois mes élèves réussir, devenir les fiertés de leurs parents, je sens que ma mission continue même après ma retraite », dit-elle, un sourire empreint de tendresse au coin des lèvres.

    Cette réussite n’est pas le fruit du hasard.
    Akuélé a su bâtir une véritable culture d’excellence, où chaque enseignant est motivé, formé et valorisé.
    Elle organise régulièrement des ateliers de perfectionnement pédagogique et veille à ce que chaque classe soit bien équipée.

    Des revenus au service de la qualité et de la solidarité

    Contrairement à beaucoup d’entrepreneurs qui cherchent d’abord le profit, Akuélé a toujours considéré le revenu comme un moyen, pas une fin.
    Dès que les bénéfices ont commencé à croître, elle a investi non pas dans le luxe, mais dans l’amélioration des infrastructures : de nouvelles salles de classe, une petite bibliothèque, un espace de jeux pour les plus jeunes, et même un petit laboratoire de sciences pour les élèves de CM1 et CM2.

    Mais ce n’est pas tout.
    Les revenus de l’école servent aussi à améliorer les conditions de vie du personnel : primes, formations, et même soutien social pour les enseignants en difficulté.

    — « Une école ne se construit pas seule. Elle se construit avec des gens heureux de travailler pour un but noble », aime-t-elle répéter.

    Et son sens du partage dépasse les murs de l’école.
    Avec Abalo, elle soutient des familles démunies du quartier, notamment à la rentrée scolaire, en offrant des fournitures pour certains enfants méritants.
    Elle aide aussi ses enfants, Toyi et Naka, à mieux subvenir aux besoins de ses quatre petits-enfants.

    L’art de concilier expérience, foi et innovation

    Ce qui frappe chez Akuélé, c’est sa capacité à allier la sagesse de l’expérience et la modernité des méthodes.
    Elle n’est pas du genre à rester figée dans le passé.
    Malgré son âge, elle utilise volontiers les outils numériques pour suivre les résultats des élèves et communiquer avec les parents.
    Elle encourage ses enseignants à innover, à rendre les cours vivants, à utiliser des supports visuels et des jeux éducatifs.

    — « Nos enfants apprennent mieux quand on parle leur langage », dit-elle souvent.

    Deux fois par an, elle organise aussi des journées pédagogiques ouvertes où les parents assistent à des démonstrations de cours, des sketchs, des concours de dictée, ou encore des expositions d’objets fabriqués par les élèves.
    Ces moments renforcent le lien entre famille et école, et font de « Bons Grains » une véritable communauté d’apprentissage.

    Une retraite active, épanouie et exemplaire

    Trois ans après sa retraite officielle, Akuélé est une femme comblée.
    Non seulement elle s’est assurée une stabilité financière, mais elle vit aussi une retraite pleine de sens.

    — « Je me sens utile. Quand je vois la reconnaissance des parents, la joie des enfants, je me dis que j’ai bien fait de ne pas rester inactive. »

    Elle confie parfois qu’elle ne s’attendait pas à un tel succès.
    Ce projet, né d’une difficulté, est devenu une source d’épanouissement, un modèle de résilience féminine et entrepreneuriale.
    Et autour d’elle, de nombreuses femmes retraitées viennent chercher conseil, inspirées par son exemple.

    L’impact social d’une vision simple

    Ce que « Bons Grains » a semé dépasse les simples résultats scolaires.
    L’école a changé la dynamique du quartier.
    Les parents y voient un modèle d’éducation équilibré, alliant rigueur académique, discipline, mais aussi valeurs morales et spirituelles.
    Plusieurs anciens élèves, aujourd’hui au collège, reviennent souvent rendre visite à « Maman Akuélé » pour la remercier.

    — « Vous m’avez appris à croire en moi », lui a dit un jour un ancien élève devenu boursier dans un grand lycée de Lomé.
    Ce jour-là, Akuélé a pleuré. Pas de tristesse, mais de gratitude.

    Une leçon de vie : semer, c’est croire

    Dans une Afrique où la retraite est parfois synonyme de repli ou d’oubli, Akuélé incarne une autre vision : celle de la retraite active, utile et épanouissante.
    Elle montre que la vie professionnelle n’est pas une ligne droite qui se termine brutalement, mais un cycle de transmission.

    — « Quand j’ai fondé cette école, je n’avais pas d’ambition démesurée. Je voulais simplement que des enfants puissent apprendre dans un environnement sain, entourés d’amour et de discipline. Aujourd’hui, je vois que le nom ‘Bons Grains’ n’était pas un hasard. »

    Cette phrase résume tout.
    Akuélé a semé avec foi, arrosé avec patience, et récolté avec gratitude.

    Ce que nous pouvons apprendre d’Akuélé

    L’histoire d’Akuélé nous rappelle plusieurs vérités puissantes :

    1. L’expérience n’a pas d’âge d’expiration.
      À 55 ans, elle a osé créer une école. À 63 ans, elle la dirige encore avec la même énergie qu’une jeune entrepreneure.
    2. Les crises sont souvent des opportunités déguisées.
      Le licenciement de son mari a été le catalyseur d’une belle aventure éducative.
    3. L’impact compte plus que le profit.
      Akuélé a utilisé ses revenus non pour s’enrichir personnellement, mais pour enrichir la vie des autres.

    La retraite peut être un tremplin.
    Pour qui sait écouter son cœur, elle peut devenir la plus belle période de réalisation personnelle.

    Un héritage vivant

    Aujourd’hui, Akuélé rêve d’agrandir encore son école et d’ouvrir, à moyen terme, un collège « Bons Grains » pour accompagner ses élèves plus loin.
    Abalo, son fidèle compagnon, continue de s’occuper de la partie administrative.
    Le couple est devenu un symbole de complémentarité et de courage à Lomé.

    Dans son bureau décoré de photos de promotion et de dessins d’enfants, Akuélé médite souvent sur le chemin parcouru.
    Elle aime dire :

    — « Ce que j’ai semé dans le cœur des enfants, personne ne peut le voler. »

    Et vous, que semez-vous aujourd’hui ?

    Chaque jour, des retraités comme Akuélé rappellent qu’il n’est jamais trop tard pour entreprendre, pour transmettre, pour bâtir quelque chose de durable.
    L’école « Bons Grains » n’est pas seulement une institution : c’est le reflet d’une vie de dévouement, un jardin d’espérance où germent les futurs citoyens de demain.

    Et vous, si vous étiez à la place d’Akuélé, quelle graine choisiriez-vous de semer après votre retraite ?

  • LA RETRAITE LUMINEUSE D’UNE FEMME TISSEE DE COURAGE ET DE KENTE
    par Yao Arnaud
    12 octobre 2025

    Le kente n’est pas seulement porté, il est vécu.

    Adage Ghanéen

    « On ne cache pas un beau pagne, on le porte fièrement »

    Proverbe africain

    Commerçante dans sa boutique de Kente/Illustratif

    Comment une retraitée d’Accra a bâti un empire du kente

    À première vue, rien ne destinait Essi, aujourd’hui âgée de 60 ans, à devenir une entrepreneure reconnue au Ghana et au-delà.
    Pendant plus de trente ans, elle a mené une carrière stable dans une grande société commerciale d’Accra, Kingsway, où elle gérait les relations clients et les stocks de produits importés.
    Mais au fond d’elle, brûlait depuis toujours une autre passion : celle du kente, ce tissu royal aux couleurs éclatantes, symbole vivant de l’identité et de la dignité ghanéennes.

    Alors qu’elle approchait de la retraite, Essi a choisi de ne pas voir cette étape comme une fin, mais comme le début d’une nouvelle aventure.
    Aujourd’hui, quatre ans après avoir quitté son poste, elle gère un commerce florissant de kente qu’elle a commencé humblement, cinq ans auparavant, dans un petit local du quartier animé d’Osu.
    Et de ce petit point de départ est née une véritable success story à la ghanéenne — tissée de courage, de discipline et d’amour familial.

    Une passion ancienne devenue vocation

    « J’ai toujours aimé le kente, confie-t-elle avec un sourire paisible. Depuis ma jeunesse, j’étais fascinée par ses motifs, ses couleurs et sa symbolique. »
    Quand elle travaillait encore, elle achetait souvent des pagnes pour ses collègues ou ses amies.
    Elle connaissait les tisserands, les marchés, les tissus authentiques.
    Mais tout cela restait un plaisir du week-end, une passion intime qu’elle nourrissait discrètement, sans jamais imaginer qu’un jour, elle en ferait son métier.

    En 2019, alors que sa retraite approchait, Essi ressentit un vide intérieur : « Je ne voulais pas devenir une femme qui reste à la maison sans rien faire. J’avais besoin d’un projet qui me motive chaque matin. »
    C’est alors qu’elle décide d’investir une partie de ses économies dans quelques rouleaux de kente, soigneusement choisis auprès des meilleurs tisserands d’Agotime Kpetoe, berceau local du kente traditionnel.

    Elle loue un petit espace dans un centre commercial du milieu et commence à vendre, seule, quelques pièces à des clientes fidèles.
    Rapidement, le bouche-à-oreille fait son œuvre.
    Les commandes affluent. Les mariées, les associations culturelles, les artistes… tous veulent du kente de Essi.

    Du métier d’employée au métier d’artisane du bonheur

    Passer d’un emploi stable à une aventure commerciale n’a pas été facile.
    Les premiers mois, Essi a dû tout apprendre : la gestion du stock, les prix, les relations avec les artisans, le transport des marchandises.
    Mais sa longue expérience dans le commerce l’a aidée à faire les bons choix.

    « Ce que j’ai appris à mon ancien poste — la rigueur, le respect des délais, la satisfaction du client — m’a énormément servi dans mon entreprise. »

    Son secret ? La discipline.
    Elle arrive chaque matin vers 7 h 30 dans sa boutique, organise ses étals, photographie les nouvelles pièces, communique sur les réseaux sociaux et prépare les commandes à expédier vers Abidjan ou Lomé.
    Les jours de grande affluence, elle reçoit jusqu’à trente clients, souvent des femmes venues chercher des pagnes pour des cérémonies, des fêtes traditionnelles ou des événements religieux.

    Une aventure familiale tissée à quatre mains

    Mais la vraie force de Essi, c’est sa famille.
    Ses quatre enfants l’accompagnent dans cette aventure et ont fait de son commerce un projet collectif.

    • Yaaba, 23 ans, étudiante en gestion à l’Université d’Achimota au Ghana, s’occupe de la comptabilité et des relations clients.
    • Kwaku, 21 ans, étudiant en pharmacie, aide à la logistique et à la gestion des commandes en ligne.
    • Kobena et Abena, les jumeaux de 19 ans, jouent un rôle clé : le premier gère les livraisons locales et les publications sur les réseaux sociaux, tandis que sa sœur, encore en terminale, s’occupe de la vitrine et du contact direct avec les clientes, à ses temps libres.

    « Je voulais que mes enfants comprennent la valeur du travail et l’importance de créer quelque chose de concret, explique Essi. Travailler ensemble nous rapproche. »

    Les samedis, la boutique devient un lieu vivant et chaleureux.
    Certains des enfants viennent aider leur mère, ajustent les tissus sur les mannequins et accueillent les clients.
    Parfois, la famille déjeune sur place, partage un repas de kenke ou de jollof rice dans la bonne humeur.
    Chaque sourire, chaque vente, chaque client satisfait est une petite victoire partagée.

     Du Ghana à la diaspora : le kente voyage

    Grâce à la réputation grandissante de son travail, les affaires de Essi ont franchi les frontières.
    D’abord en Côte d’Ivoire et au Togo, où elle compte plusieurs revendeuses fidèles.
    Puis plus loin encore : des commandes régulières viennent de la diaspora ghanéenne à Londres, Paris, New York et Toronto.

    « J’adore recevoir des photos de clientes portant mes kente à des mariages à Londres ou des festivals à Paris, raconte-t-elle. C’est comme si un peu du Ghana voyageait avec elles. »

    Pour faciliter les ventes à l’international, ses enfants l’ont aidée à créer un compte Instagram et une page Facebook dédiés à sa marque.
    En quelques mois, ces pages ont attiré des centaines de followers, séduits par l’authenticité et la beauté de ses produits.

    Aujourd’hui, elle prépare même une collection spéciale pour les designers africains de la diaspora.
    « J’aime collaborer avec des stylistes qui modernisent le kente, sans trahir sa symbolique », confie-t-elle.

    Les défis d’une retraitée entrepreneure

    Comme tout entrepreneur, Essi a rencontré des obstacles.
    Les fluctuations des prix du coton, les retards de livraison, les taxes dans la chaine d’approvisionnement ou frais de transport, les clients impatients…
    Mais elle ne se laisse pas décourager.

    « Dans le commerce, il faut de la patience et du courage. Ce n’est pas tous les jours facile, mais c’est gratifiant. Je me sens utile, active et vivante. »

    Certains de ses amis retraités s’étonnent encore de son énergie.
    Beaucoup, fatigués après leur carrière, préfèrent se reposer.
    Mais elle leur répond toujours avec bienveillance :

    « Le repos, c’est bon… mais trop de repos, c’est la mort du rêve. »

    Pour elle, la retraite n’est pas une pause, mais une renaissance.

    Une leçon d’inspiration pour toutes et tous

    L’histoire de Essi inspire de plus en plus de femmes, au Ghana et ailleurs.
    Elle participe régulièrement à des rencontres d’entrepreneures, où elle partage son parcours.
    Elle y raconte comment, avec un petit capital et beaucoup de détermination, elle a su bâtir une entreprise prospère.

    Son message est simple et puissant :

    « Ce n’est jamais trop tard pour commencer. Même après 50 ou 60 ans, on peut entreprendre, apprendre, réussir. »

    Elle encourage particulièrement les femmes à utiliser leurs compétences acquises pendant leur carrière pour créer quelque chose de nouveau.
    Pour elle, l’expérience professionnelle est un trésor que beaucoup ignorent.
    « Tout ce que j’ai appris dans ma vie de salariée me sert aujourd’hui : la rigueur, la communication et la gestion. »

    Et elle ajoute souvent, en riant :

    « La différence, c’est que maintenant, je travaille pour moi. Et c’est bien plus motivant ! »

    Le symbole du kente : plus qu’un tissu, une philosophie

    Pour Essi, le kente n’est pas seulement un produit à vendre.
    C’est un symbole fort.
    Chaque motif raconte une histoire : la sagesse, la bravoure, la patience et la gratitude…
    Elle explique volontiers à ses clientes la signification de leurs choix de motifs et de couleurs.

    « Quand une femme porte du kente, elle porte une partie de notre histoire, une fierté africaine. »

    Cette approche culturelle et émotionnelle a fait toute la différence.
    Ses clientes ne viennent pas seulement acheter un tissu : elles viennent vivre une expérience.
    Et c’est là que réside la véritable magie de son commerce.

    Une retraite active et heureuse

    Aujourd’hui, Essi dit vivre « sa meilleure vie ».
    Son commerce la garde jeune, entourée, et connectée au monde.
    Elle se sent utile, fière et respectée.
    Grâce à ses revenus, elle subvient aux besoins de ses enfants, finance leurs études et soutient même certains parents âgés dans son village natal. Elle rêve désormais d’ouvrir une grande boutique-atelier à Accra, où les clients pourraient voir sur place comment le kente est tissé, du fil brut jusqu’au tissu final.
    « Ce serait une façon de valoriser nos artisans et d’enseigner aux jeunes la beauté de ce métier. »

    Le fil doré de la sagesse

    L’histoire de Essi est celle d’une femme qui n’a pas attendu que la vie lui dicte son rythme.
    Elle a choisi, tissé, et bâti son propre motif — à l’image du kente qu’elle chérit.
    Sa vie nous enseigne que le courage et la passion peuvent transformer la retraite en une aventure pleine de sens.

    À 60 ans, elle incarne la femme africaine moderne : enracinée dans la tradition, ouverte sur le monde, indépendante et inspirante.

    « Tant que tes mains peuvent créer et ton cœur rêver, la retraite n’est qu’un nouveau départ. »


    Et votre avis ?

    Si vous étiez à la place de Essi, quelle passion ou savoir-faire aimeriez-vous transformer en projet après la retraite ?
    Que tisseriez-vous de nouveau dans le grand tissu de votre vie ?
    Partagez vos réflexions — car chaque histoire, comme chaque kente, mérite d’être tissée et transmise.

  • DE BANQUIERE A RETRAITEE FLORISANTE EN PERLES
    par Yao Arnaud
    6 octobre 2025

    La perle est sans valeur dans sa propre coquille

    Proverbe indien

    Akos, revendeuse de perles/Illustratif

    Il est des histoires qui brillent comme les perles qu’elles évoquent. Celle d’Akos en fait partie.
    A 58 ans, cette Ghanéenne au sourire calme et au regard pétillant incarne la beauté d’une reconversion réussie.
    Après une carrière bien remplie dans une grande banque d’Accra, Akos a choisi la retraite anticipée. Non pas pour s’asseoir dans une chaise longue et attendre le temps qui passe, mais pour reprendre le flambeau d’un héritage maternel : le commerce des perles traditionnelles.

    Une histoire de transmission d’héritage

    « Ma mère, raconte Akos, a commencé à vendre des perles quand j’étais encore à l’école primaire.
    Petite, je l’accompagnais parfois au marché de Makola.
    Je la regardais discuter, négocier, expliquer la signification de chaque perle avec une passion que j’admirais. »

    Longtemps, cette activité n’a été pour Akos qu’un souvenir d’enfance.
    En intégrant la banque, elle s’est plongée dans les chiffres, les rapports de gestion, les audits internes, les réunions à n’en plus finir.
    Sa vie semblait tracée : carrière stable, revenus sûrs, prestige professionnel.

    Mais au fil des années, quelque chose s’est mis à lui manquer.
    « Je sentais qu’il me manquait une forme de liberté. J’aimais mon métier, mais j’avais l’impression de vivre enfermée dans un cadre rigide. J’enviais souvent ma mère, avec son indépendance, sa clientèle fidèle et sa manière de créer le lien avec les gens. »

    Le déclic : quand la tradition appelle

    Le déclic s’est produit il y a cinq ans.
    Sa mère, vieillissante, ne pouvait plus gérer le commerce.
    Elle proposa alors à sa fille de prendre la relève.
    Au début, Akos hésita : « Moi, une cadre bancaire, me retrouver au marché ? Je craignais le regard des autres. »

    Mais la passion finit par l’emporter.
    Pendant ses week-ends, elle commença à aider sa mère, renouant avec le contact direct avec la clientèle, la beauté des perles, leur symbolique culturelle.
    Rapidement, elle y prit goût.
    Et lorsqu’une opportunité de retraite anticipée s’offrit à elle, elle n’hésita plus.

    Les débuts d’une nouvelle aventure

    Les premiers mois furent un mélange d’excitation et de défis.
    Akos réaménagea l’ancienne boutique familiale.
    Elle conserva son authenticité, mais y ajouta une touche moderne : présentoirs en verre, enseigne élégante et emballages raffinés.
    « Je voulais que nos perles parlent autant à la jeune génération qu’aux amoureuses de tradition », explique-t-elle.

    Grâce à ses compétences en gestion et en finance, Akos fit rapidement prospérer l’affaire.
    Elle mit en place un suivi comptable rigoureux, une base de données clients, et lança même une page Instagram pour exposer ses créations.
    Peu à peu, la clientèle s’élargit.
    Des Ghanéennes de la diaspora, des touristes et des jeunes étudiantes fascinées par la culture locale commencèrent à affluer.

    Une famille unie autour des perles

    Si Akos rayonne aujourd’hui, c’est aussi grâce à sa famille.
    Son mari, Sam, un homme posé et discret, la soutient dans toutes ses décisions.
    Il s’occupe parfois de la logistique et de la livraison des commandes.
    « Sam me taquine souvent en disant que j’ai troqué la banque contre une autre forme de capital : le capital humain ! » rit-elle.

    Mais la plus grande fierté d’Akos, ce sont ses trois enfants.

    • Kodjo, 24 ans, termine ses études universitaires à Londres. Il rêve de devenir analyste financier, mais promet à sa mère de l’aider à digitaliser son commerce.
    • Louisa, 22 ans, étudie la finance et l’assurance à Accra. Elle est celle qui conseille Akos sur les placements et les budgets.
    • Et enfin Enyon, 19 ans, la benjamine, étudiante en management, qui aide sa mère dès qu’elle en a l’occasion : inventaire, communication, création de contenu…
      « J’apprends à gérer, à écouter les clients, à valoriser nos perles, raconte-t-elle. Maman dit que je suis son atout caché ! »

    Grâce à ce soutien familial, Akos vit une seconde jeunesse.
    Ses revenus lui permettent non seulement de financer les études de ses enfants, mais aussi de contribuer aux charges familiales, sans dépendre de sa pension de retraite.
    Une indépendance qu’elle chérit profondément.

    Les perles : plus qu’un commerce, une mission culturelle

    Pour Akos, vendre des perles n’est pas une simple activité économique.
    C’est une mission culturelle et spirituelle.

    « Chaque perle raconte une histoire. Dans notre tradition, elles symbolisent la beauté, la dignité et la féminité.
    Elles accompagnent la femme à chaque étape de sa vie : la naissance, le mariage, la maternité, la maturité, deuil…
    Je veux que les jeunes générations comprennent cela. »

    Elle organise désormais des ateliers éducatifs pour les jeunes filles d’Accra, où elle leur explique l’origine, la signification et les usages des perles.
    Ces moments d’échanges sont devenus des rendez-vous prisés.
    Certaines écoles invitent même Akos pour parler de l’entrepreneuriat féminin et de la valorisation du patrimoine africain. « C’est ma manière à moi de transmettre. J’ai reçu ce savoir de ma mère, je le transmets à d’autres. Et si une jeune fille découvre à travers mes mots qu’elle peut, elle aussi, créer sa voie, alors j’aurai accompli ma mission. »

    Quand la passion devient source de prospérité

    Beaucoup pensent qu’un commerce de perles ne peut être rentable.
    Akos prouve le contraire.

    En trois ans, elle a doublé son chiffre d’affaires.
    Elle exporte désormais ses créations vers le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis, grâce à des partenariats avec des boutiques afro-culturelles.
    Elle prépare même une ligne premium de perles personnalisées, destinée aux cérémonies de mariage et aux défilés de mode.

    « J’ai compris qu’il faut allier passion et stratégie, dit-elle.
    Les perles, c’est l’âme de mon entreprise. Mais la gestion, c’est le moteur. » Son secret ?
    Une discipline acquise à la banque : gestion des flux, négociation et prévision.
    Mais aussi une ouverture d’esprit : savoir s’adapter à un marché en évolution.
    « Aujourd’hui, les clientes veulent acheter en ligne, recevoir des conseils de style, découvrir les histoires derrière les perles. J’ai dû me former à tout cela. »

    Le regard d’une femme accomplie

    Quand on lui demande si elle ne regrette pas sa vie de cadre, Akos sourit.

    « Je n’ai aucun regret.
    À la banque, j’étais respectée, mais mon emploi du temps ne m’appartenait pas.
    Aujourd’hui, je me sens libre. Je décide de mes horaires, je crée, je voyage pour chercher de nouvelles perles, je rencontre des gens inspirants. »

    Cette liberté retrouvée se reflète sur son visage : sérénité, confiance et gratitude.
    Et même si tout n’a pas été facile — gestion du stock, concurrence et importation fluctuante — Akos voit dans chaque défi une occasion d’apprendre.
    « Le commerce, dit-elle, c’est l’école de la patience et de la foi. »

    La sagesse d’une retraitée entreprenante

    Akos aime partager son expérience avec d’autres femmes proches de la retraite.
    Beaucoup la sollicitent pour savoir comment oser se lancer.
    Sa réponse est toujours la même :

    « La retraite n’est pas la fin d’une vie active. C’est le début d’une vie choisie. »

    Elle encourage chacun à se reconnecter à ses passions enfouies, à ces rêves mis de côté par le rythme du travail.
    « Vous avez accumulé des compétences, des relations, une expérience. Pourquoi ne pas les mettre au service d’un projet qui vous ressemble ? »

    Elle sourit en ajoutant :
    « Si moi, l’ex-cadre en tailleur strict, j’ai pu devenir vendeuse de perles et entrepreneure épanouie, tout le monde peut le faire ! »

    Vers un avenir encore plus lumineux

    L’avenir d’Akos s’annonce radieux.
    Elle projette d’ouvrir un atelier-boutique dans un quartier touristique d’Accra, où les visiteurs pourront voir en direct la fabrication des colliers, bracelets et parures.
    Elle souhaite aussi former des jeunes femmes sans emploi à la création de bijoux, pour leur offrir une autonomie financière.

    « Ce que ma mère m’a transmis, je veux le multiplier.
    Je veux que d’autres femmes vivent de leur talent, de leurs mains. »

    Sa fille Enyon rêve déjà de reprendre l’entreprise plus tard, avec une vision plus internationale.
    « Ce serait un beau symbole : trois générations de femmes, unies par la même passion pour les perles », confie Akos, les yeux brillants.

    Une leçon de vie pour nous tous

    L’histoire d’Akos n’est pas seulement celle d’une réussite individuelle.
    C’est une leçon universelle : celle du courage de changer de cap, de redonner du sens à sa vie, et de redéfinir la réussite au-delà du statut ou du salaire.

    Elle nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer.
    Que la retraite peut devenir une renaissance, si on choisit d’y mettre de la passion, du cœur et de la vision.

    Comme le dit Akos :

    « Les perles ne brillent que lorsqu’on les expose à la lumière. Il en est de même pour nos talents. »


    Qu’en est-il pour vous ?

    Et si, à votre tour, vous osiez redonner vie à une passion enfouie ?
    Et si votre retraite devenait le plus beau chapitre de votre vie active ?

    Akos, elle, en est la preuve vivante :
    une femme épanouie, libre, et rayonnante comme les perles qu’elle vend.

  • LE RETRAITÉ, UN CONSULTANT EXPÉRIMENTÉ
    par Yao Arnaud
    30 septembre 2025

    Une retraite est plus belle lorsqu’elle sourit au présent et son repos plutôt que de regarder le passé et son bilan

    Jacques Nteka Bokolo

    Le retraité avec une audience jeune

    Quand on évoque la retraite, beaucoup pensent à une vie ralentie, faite de promenades tranquilles, de siestes et de longues soirées à regarder le temps filer. Mais pour Abalo, 62 ans, ancien cadre d’une organisation internationale de développement, la retraite n’a rien eu d’une fin. Bien au contraire : elle a marqué le début d’une deuxième carrière aussi palpitante qu’épanouissante.

    Son histoire, riche de rebondissements et d’enseignements, démontre qu’avec de la préparation, de l’audace et la volonté de partager ses compétences, la retraite peut devenir une nouvelle jeunesse.

    La carrière d’un bâtisseur de projets

    Pendant vingt-cinq ans, Abalo a travaillé dans une organisation de développement réputée au Togo. À travers son poste de cadre supérieur, il a participé à l'élaboration et la mise en œuvre des projets qui ont transformé des communautés entières en Afrique : infrastructures rurales, programmes de formation, accompagnement des PME locales.

    Chaque mission l’amenait à voyager, à rencontrer des décideurs, des chefs d’entreprises, des jeunes entrepreneurs et des communautés de terrain. Année après année, il accumulait une richesse inestimable : une expérience pratique et stratégique unique, mais aussi un carnet d’adresses solide. Quand l’heure de la retraite a sonné, Abalo n’était pas inquiet, mais il se demandait ce qu’il allait bien pouvoir faire de cette énergie qui l’habitait encore. Avait-il envie de se contenter de cultiver son jardin et de jouer au grand-père ? Pas vraiment. Très vite, il a trouvé une réponse claire : mettre son expertise au service du continent en tant que consultant indépendant.

    Une renaissance professionnelle inattendue

    Dès les premiers mois de sa retraite, les appels ont commencé à pleuvoir. Des organisations, publiques comme privées, sollicitaient son savoir-faire. En quelques semaines, son agenda ressemblait à celui d’un ministre.

    « Je croyais que ma retraite serait synonyme de calme. Mais j’ai vite réalisé que la demande pour des profils comme le mien était énorme. Je suis parfois plus occupé qu’avant ! », confie-t-il avec un sourire.

    Aujourd’hui, Abalo enchaîne les missions de conseil à travers le continent africain : audit de projets, élaboration de stratégies de développement, accompagnement de jeunes entreprises sociales. Ces missions sont non seulement juteuses financièrement, mais elles lui apportent surtout un sentiment profond d’utilité.

    « Je ne suis pas en train de m’accrocher à un passé. Je suis en train de créer un présent qui a du sens. C’est ça qui me garde vivant et enthousiaste. »

    Le soutien et les frustrations de la famille

    Dans cette aventure, sa femme Nadège joue un rôle central. C’est elle qui veille à maintenir l’équilibre entre la vie professionnelle trépidante de son mari et les besoins affectifs de la famille.

    Leurs quatre enfants, eux aussi, observent avec admiration cette nouvelle vie. Biova, l’aînée déjà mariée, admire la détermination de son père. Tona et Esso, étudiants, y voient un modèle de persévérance. Quant au benjamin, Junior, encore en terminale de management à Lomé, il rêve déjà d’emboîter le pas à son père.

    Mais tout n’est pas rose. Les voyages fréquents d’Abalo suscitent parfois des frustrations. Nadège et les enfants regrettent ces absences prolongées, ces anniversaires manqués, ces moments de partage interrompus.

    « Papa, tu es toujours entre deux avions ! » lance souvent Junior, mi-sérieux, mi-amusé.

    Abalo reconnaît cette tension. Mais il insiste : « Je fais tout cela aussi pour vous. Mon travail m’épanouit, mais il nous permet aussi de maintenir un niveau de vie confortable, de financer vos études, et de rester dans une dynamique positive. »

    Une retraite qui n’en est pas vraiment une

    L’un des paradoxes de la vie d’Abalo est qu’il oublie souvent qu’il est à la retraite. Sa semaine type ressemble à celle d’un consultant en plein milieu de carrière : appels internationaux, rapports stratégiques à préparer, ateliers à animer, conférences à donner.

    « Parfois, je dois me rappeler que j’ai quitté officiellement mon poste. Mais la vérité, c’est que je me sens encore actif, encore debout, encore utile. Et cela, c’est une grande victoire personnelle. »

    Ce choix de rester actif n’est pas qu’une question financière. Certes, les honoraires confortables lui permettent de bien vivre, mais ce qui le motive vraiment, c’est la valorisation de son expérience.

    Il a passé un quart de siècle à résoudre des problèmes complexes, à fédérer des équipes multiculturelles, à implémenter des projets ambitieux. Aujourd’hui, il se réjouit de transmettre ce bagage à une nouvelle génération de dirigeants, d’entrepreneurs et de décideurs.

    Le bonheur d’élargir ses horizons

    Chaque mission est aussi une opportunité d’élargir ses relations. À Abidjan, à Dakar, à Nairobi, à Accra, Abalo noue de nouveaux contacts. Des rencontres fortuites deviennent souvent des amitiés durables.

    « À 62 ans, je vis une seconde jeunesse sociale. Je découvre de nouveaux horizons, de nouvelles cultures, de nouvelles façons de voir le monde. Cela m’empêche de sombrer dans la monotonie et me garde alerte. »

    Ce réseau grandissant est pour lui une véritable richesse. Car plus que les honoraires, ce sont les relations humaines qui nourrissent son enthousiasme. Il dit souvent : « Chaque mission est une école. Et moi, je continue d’apprendre chaque jour. »

    Les leçons de l’expérience d’Abalo

    Le témoignage d’Abalo regorge d’enseignements pour tous ceux qui approchent la retraite :

    1. Ne jamais sous-estimer sa valeur. Les années accumulées dans un domaine font de vous une ressource précieuse.
    2. Préparer sa sortie. Avant de quitter son poste, Abalo avait déjà réfléchi à comment il pourrait réutiliser son expérience.
    3. Rester actif. La retraite n’est pas synonyme d’inactivité, mais peut être l’occasion de redéfinir ses priorités.
    4. Cultiver son réseau. C’est souvent le carnet d’adresses accumulé au fil des ans qui ouvre les portes des nouvelles opportunités.

    Impliquer la famille. Même si les absences sont parfois lourdes, la transparence et le dialogue permettent de maintenir la cohésion familiale.

    Un modèle pour les générations futures

    Pour ses enfants, Abalo est plus qu’un père. Il est un modèle de discipline, de courage et de persévérance. « Papa nous montre que la retraite n’est pas une fin, mais une transformation », confie Tona.

    Même Nadège, qui regrette parfois ses voyages, reconnaît que cette vie active donne à son mari un rayonnement particulier. « Il revient toujours avec des histoires nouvelles, des expériences enrichissantes, des idées pleines de fraîcheur. On sent qu’il est heureux, et c’est ce qui compte le plus. »

    Junior, le benjamin, conclut souvent en plaisantant : « Si la retraite c’est ça, alors j’ai hâte d’y être moi aussi ! »

    La retraite, un début et non une fin

    L’histoire d’Abalo est un témoignage puissant : la retraite ne marque pas forcément la fin d’une vie professionnelle. Pour certains, elle peut être le tremplin vers une nouvelle aventure, plus libre, plus choisie, plus épanouissante.

    À 62 ans, il continue d’écrire de nouvelles pages de son histoire, non plus comme un salarié, mais comme un acteur indépendant, respecté et sollicité. Et même si ses proches aimeraient parfois le voir davantage à la maison, tous reconnaissent que sa vitalité et son engagement sont une source d’inspiration.

    Alors, si vous vous approchez de la retraite et que vous craignez de tomber dans l’ennui, souvenez-vous d’Abalo. Son parcours prouve qu’il est possible de transformer cette étape en une renaissance professionnelle et personnelle.

    Et vous, comment imaginez-vous votre retraite ? Comme une pause… ou comme le début d’une nouvelle aventure ?

  • LE RETRAITE, DEBORDE AUDITEUR D’ENTREPRISE
    par Yao Arnaud
    22 septembre 2025

    La connaissance nous assure une retraite confortable et nécessaire lorsque nous prenons de l’âge.

    Philip D. Stanhope Chesterfield

    Discussion entre auditeur et son assistant/Illustratif

    Quand on évoque le mot « retraite », la plupart des gens imaginent immédiatement une vie paisible, rythmée par des promenades, des repas en famille et quelques voyages. Mais pour Daouda, ex-assistant dans un cabinet d’audit financier de renommée internationale, la retraite a pris une tournure complètement inattendue. A 56 ans, un an après avoir quitté son poste officiel, il affirme avec un large sourire : « Je suis submergé de travail comme jamais auparavant. »

    Et le plus surprenant, c’est qu’il dit cela sans se plaindre, mais avec fierté et enthousiasme. Car sa nouvelle vie est la preuve vivante que la retraite n’est pas forcément synonyme de ralentissement, mais peut être une formidable opportunité de réinvention.

    Une carrière bien remplie, une expertise recherchée

    Durant plus de trente ans, Daouda a travaillé dans l’un des plus grands cabinets d’audit financier de la place. Jour après jour, il a accompagné des entreprises locales et internationales, naviguant entre bilans, états financiers et stratégies fiscales. À force d’expérience, il est devenu un professionnel respecté, reconnu pour sa rigueur, son sens du détail et sa capacité à simplifier des problématiques complexes. Mais lorsqu’il a pris sa retraite anticipée, il pensait, comme beaucoup, profiter d’un repos bien mérité. Il n’imaginait pas une seconde que sa boîte mail et son téléphone allaient se mettre à vibrer sans cesse quelques semaines plus tard. Des PME, des commerçants, des jeunes entrepreneurs… tous frappaient à sa porte avec la même demande : « Monsieur Daouda, pouvez-vous nous aider ? »

    Un marché en manque d'avérées compétences

    C’est alors que Daouda a pris conscience d’une réalité frappante : le marché local souffre d’un manque énorme de fortes compétences en matière d’audit et de conseil fiscal. Les grands cabinets existent, certes, mais leurs honoraires sont souvent hors de portée des petites structures.

    Les entrepreneurs locaux, eux, cherchent des experts capables de les conseiller efficacement sans les ruiner. Et Daouda, avec son expérience et sa crédibilité, est apparu comme la solution idéale.

    « Quand je travaillais encore au cabinet, je n’avais pas idée que la demande était aussi forte, » confie-t-il. « Je pensais que tout était saturé, qu’il fallait être une grande structure pour trouver des clients. Mais à la retraite, j’ai découvert un océan d’opportunités. »

    Une « retraite » transformée en activité florissante

    Aujourd’hui, Daouda accompagne une multitude d’entreprises : petites sociétés de transport, start-up de services numériques, importateurs, commerçants… Ses prestations vont de la tenue des comptes à l’optimisation fiscale, en passant par la stratégie financière.

    Les honoraires générés dépassent largement ce qu’il espérait. De quoi financer confortablement ses besoins, soutenir ses deux enfants — Ahmed, 22 ans, et Abdoulaye, 19 ans — inscrits dans une prestigieuse école internationale de business à Abidjan, et même venir régulièrement au secours de sa grande famille élargie.

    « Je n’ai jamais eu l’impression d’être riche, mais aujourd’hui je peux aider mes proches sans me sentir étranglé, » explique-t-il.

    Quand la demande dépasse l’offre : créer des opportunités pour les jeunes

    Rapidement, Daouda s’est trouvé face à un défi inattendu : la demande devenait trop forte pour qu’il puisse l’assumer seul. Plutôt que de refuser du travail, il a choisi une autre voie, porteuse de sens : recruter des jeunes étudiants en fin de formation et en quête d’emploi.

    Ces derniers, souvent issus d’écoles de commerce ou de comptabilité, l’assistent dans ses missions. Ils apprennent auprès de lui, découvrent les réalités du terrain et acquièrent une expérience précieuse.

    « Quand j’étais étudiant, j’aurais rêvé d’avoir un mentor qui me confie de vraies responsabilités. Aujourd’hui, je peux offrir cela à la jeunesse. Et en même temps, je ne me sens pas seul dans ce tourbillon de dossiers, » dit-il avec un brin de fierté. Ainsi, la retraite de Daouda est devenue un tremplin non seulement pour lui, mais aussi pour toute une génération de jeunes professionnels.

    Une famille soudée autour de ce nouveau départ

    Dans cette aventure, Daouda n’est pas seul. Son épouse Maï, gestionnaire d’une boutique de tissus, partage sa joie de voir son mari épanoui. « Je le trouve plus vivant que jamais, » confie-t-elle. « Il pensait se reposer, mais en réalité, il a trouvé un nouveau souffle. Et moi, je me réjouis de le voir heureux, actif et utile. »

    Le couple se complète parfaitement : pendant que Maï gère sa boutique, Daouda jongle avec les chiffres. Le soir, ils se retrouvent pour échanger sur leurs journées respectives, parfois en riant des anecdotes cocasses de leurs clients. Pour leurs enfants, Ahmed et Abdoulaye, c’est aussi une source d’inspiration. Voir leur père continuer à se surpasser après sa retraite leur rappelle que la réussite n’a pas d’âge et que l’apprentissage est un chemin sans fin.

    De l’expert au mentor : un rôle nouveau et gratifiant

    Ce qui motive le plus Daouda aujourd’hui, ce n’est pas seulement l’argent. C’est le rôle de mentor qu’il joue auprès des jeunes qu’il encadre.

    Il leur apprend non seulement à manier les chiffres, mais aussi à développer l’éthique professionnelle, la ponctualité, la communication avec les clients et la gestion des imprévus.

    « Ce n’est pas seulement un travail, c’est une mission, » dit-il. « Transmettre ce que j’ai appris, éviter aux jeunes les erreurs que j’ai commises, c’est la plus belle des récompenses. »

    Une retraite active, pleine de sens

    L’histoire de Daouda nous rappelle une chose essentielle : la retraite n’est pas une fin, mais une transition. Pour certains, elle est synonyme de repos. Pour d’autres, comme lui, elle ouvre un champ de possibilités insoupçonnées.

    Il aurait pu choisir de voyager, de se consacrer uniquement à ses loisirs ou de rester dans l’ombre. Mais il a préféré répondre à l’appel du marché, mettre ses compétences au service des autres, et en même temps, trouver un épanouissement nouveau. Et au fond, n’est-ce pas cela, la vraie réussite ? Continuer à se sentir utile, tout en assurant sa sécurité financière et en inspirant les générations futures.

    Leçon à tirer de l’histoire de Daouda

    Beaucoup de personnes approchant la retraite redoutent ce moment, comme une rupture brutale avec le monde actif. Elles se demandent : « Que vais-je faire de mes journées ? » Mais l’exemple de Daouda montre que la retraite peut être une renaissance.

    Ses conseils aux futurs retraités sont simples :

    1. Identifiez vos compétences clés : celles qui sont rares et recherchées.
    2. Osez tester le marché : parfois, les besoins sont là où on ne les attend pas.
    3. Ne craignez pas d’être débordé : cela signifie que vous êtes utile.
    4. Impliquez les jeunes : déléguer, c’est former et créer de la valeur pour l’avenir.
    5. Faites ce qui vous passionne : la motivation ne s’éteint pas avec l’âge, elle se transforme.

    Quelle retraite voulez-vous ?

    A travers son parcours, Daouda incarne l’idée qu’une carrière ne s’arrête pas avec la retraite, elle peut même se réinventer de façon plus libre et plus gratifiante. Ce qu’il vit aujourd’hui est la preuve que l’expérience accumulée au fil des années peut se transformer en une richesse inestimable pour soi et pour les autres.

    Sa femme se réjouit, ses enfants sont inspirés, sa communauté en bénéficie, et lui, il se sent plus vivant que jamais.

    Alors, la vraie question est la suivante : quand viendra votre tour, choisirez-vous la retraite comme un arrêt… ou comme un nouveau départ ?

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