SERVIR DIEU A PLEIN TEMPS : LE BONHEUR D’UN RETRAITE

Quand le cœur est en paix, la maison devient un paradis

Proverbe africain

Jean et sa famille/Illustratif

Jean, du bureau de comptabilité à la maison de Dieu : le témoignage d’un homme comblé par sa seconde vocation

Il y a des parcours qui forcent l’admiration. Des chemins de vie où le calme succède au tumulte du travail, mais sans jamais sombrer dans l’ennui. Des retraites où le mot « inactif » n’existe pas. Jean, 56 ans, ancien comptable d’une brasserie réputée d’Abidjan, en est l’un des plus beaux exemples. À l’âge où beaucoup cherchent un sens à leur nouvelle liberté, lui a choisi d’y inscrire le nom de Dieu.

Aujourd’hui, Jean est président du Conseil Pastoral et Fidei custos (ou distributeur de Communion aux malades) — gardien de la foi — de sa paroisse catholique, dans un quartier tranquille d’Abidjan. Une mission qu’il vit comme une véritable renaissance, soutenu par sa femme Julie et leurs deux enfants, Agathe et Ange. Ensemble, ils forment une famille engagée, profondément ancrée dans leur foi, mais aussi dans une joie simple et communicative.

Une vie professionnelle bien remplie

Pendant plus de trente ans, Jean a vécu au rythme des bilans, des factures et des rapports comptables. Employé dans une grande brasserie de la capitale économique ivoirienne, il a connu les exigences du monde de l’entreprise : rigueur, précision et respect des délais.
Mais derrière ses tableaux Excel, une autre passion grandissait : celle du service à l’Église.

« Même quand je travaillais encore, je ressentais un appel intérieur », confie-t-il. « J’étais souvent sollicité pour des missions paroissiales : organiser les collectes, aider à la gestion des finances de la paroisse, conseiller les jeunes couples… Tout cela m’épanouissait plus que je ne l’aurais imaginé. » Peu à peu, Jean s’est formé, a suivi des retraites spirituelles, lu et échangé avec d’autres personnes. Il a compris que sa foi ne devait pas rester cantonnée au dimanche matin. Alors, le jour où il a pris sa retraite, il n’a pas hésité : il a remis ses compétences comptables au service de Dieu.

Le jour où tout a basculé

C’était un dimanche de février, chaud et lumineux, comme souvent à Abidjan. Après la messe, le curé de la paroisse l’a approché avec un sourire :
« Jean, tu es à la retraite maintenant, non ? »
« Oui, mon Père. »
« Alors j’ai besoin de toi. Le Conseil Pastoral cherche un président, quelqu’un de fiable, organisé et proche des fidèles. Tu as le profil idéal. »

Jean a d’abord hésité. Il craignait la charge de travail, les responsabilités. Mais Julie, son épouse, l’a encouragé :
« C’est une belle mission, Jean. Et si Dieu t’appelle, pourquoi refuser ? »

Quelques semaines plus tard, il acceptait. Et très vite, après une élection bien transparente des membres du Conseil Pastoral, sa vie a pris une nouvelle direction.

Du calcul des chiffres au soin des âmes

En prenant la tête du Conseil Pastoral, Jean s’est retrouvé au cœur de la vie de la paroisse : planification des activités, coordination des groupes et animation des rencontres communautaires.
Mais ce qui l’a surtout marqué, c’est la dimension humaine.

« Avant, je gérais des chiffres. Aujourd’hui, je gère des cœurs. Et c’est cent fois plus beau. »

Son sens de la rigueur l’aide à organiser les finances de la paroisse, mais aussi à maintenir la transparence et la confiance. Les paroissiens apprécient sa simplicité, son écoute et sa disponibilité.
Et lorsqu’il est nommé Fidei custos, c’est-à-dire gardien de la foi, il reçoit cette mission comme une consécration : « Être Fidei custos, c’est veiller à ce que la flamme de la foi ne s’éteigne pas. C’est un honneur, mais aussi une responsabilité immense. »

Une épouse pilier : Julie, la femme derrière le serviteur

À ses côtés, Julie, 54 ans, partage cette ferveur. Employée de bureau dans une entreprise publique, elle dirige aussi un grand groupe religieux catholique féminin.
Leur couple respire la complémentarité : quand Jean prépare les réunions paroissiales, Julie anime des retraites spirituelles pour les femmes.
Le soir, ils prient ensemble, échangent sur leurs expériences et se conseillent mutuellement.

« Nous avons toujours voulu que notre maison soit un petit sanctuaire », dit Julie avec un sourire. « Nos enfants ont grandi dans une atmosphère de foi, de service et de respect. » Elle reconnaît que la retraite de Jean a transformé leur quotidien : plus de temps ensemble, plus d’écoute, plus de projets spirituels communs.
« Avant, il rentrait fatigué, souvent tard. Aujourd’hui, il a cette paix intérieure que seule la foi peut donner. »

Une famille unie par la foi

Leur fille Agathe, 25 ans, est en fin d’études de Master de management. Elle prépare une carrière prometteuse, mais reste très impliquée dans son groupe de prière.
« Papa est devenu un modèle pour moi, confie-t-elle. Il me montre que la réussite ne se mesure pas seulement en salaire ou en poste, mais en paix intérieure. »

Son frère Ange, 21 ans, étudiant en licence de sociologie, partage le même enthousiasme :
« Moi aussi, j’anime un groupe de jeunes à la paroisse. J’ai vu mon père trouver une joie nouvelle après sa retraite. Ça m’inspire. »

Dans cette famille, la foi n’est pas un devoir, c’est une respiration commune. Chacun y trouve sa place, son langage et son équilibre.

Une retraite active et épanouie

Jean ne parle jamais d’« arrêt de travail ». Pour lui, la retraite est une autre forme de service.
Il se lève tôt, participe à la messe quotidienne, coordonne les activités paroissiales, visite les malades et les personnes âgées.
Ses journées sont remplies, mais il ne se sent jamais débordé.

« Avant, je servais une entreprise. Aujourd’hui, je sers un Royaume. Et c’est bien plus gratifiant », dit-il avec un sourire paisible.

Son agenda est parfois plus chargé qu’à l’époque où il travaillait !
Mais il le vit sans stress : « Quand on travaille pour Dieu, le temps n’est plus une contrainte. Il devient un cadeau. »

Ses conseils à ceux qui approchent la retraite

À ceux qui craignent la retraite comme une fin, Jean offre un témoignage rassurant :
« La retraite n’est pas la fin de la vie. C’est le début d’une nouvelle page de vie. Si on la vit avec un cœur ouvert, elle devient un champ de mission. »

Il conseille aux futurs retraités de :

  1. Préparer leur retraite spirituellement : « On ne passe pas du jour au lendemain de l’activité au repos. Il faut se reconnecter à soi et à Dieu. »
  2. Rester utiles : « Chacun a quelque chose à offrir : du temps, de l’écoute et des compétences. »
  3. S’entourer des bonnes personnes : « Les rencontres communautaires donnent de l’énergie. »

Et il conclut souvent ses échanges par cette phrase devenue sa devise :

« Servir, c’est vivre deux fois. »

L’équilibre entre action et contemplation

Ce qui frappe chez Jean, c’est sa capacité à conjuguer engagement et sérénité. Il ne se perd pas dans le militantisme religieux : il vit sa foi avec douceur, patience et constance.
Il a trouvé cet équilibre rare entre le faire et l’être.

« Je n’ai pas besoin de prêcher avec des mots, dit-il. Ma manière de vivre doit être mon premier témoignage. »

Il a aussi redécouvert la joie du silence, de la méditation, de la lecture spirituelle. Entre deux réunions paroissiales, il s’isole parfois dans le jardin de la maison familiale pour prier, contempler les fleurs et écouter le chant des oiseaux.
« Ces moments m’aident à recharger mes batteries spirituelles », confie-t-il. « J’ai compris que Dieu parle souvent dans le silence. »

Un leadership humble et inspirant

Le succès de Jean dans ses nouvelles responsabilités repose sur un style de leadership bien particulier : le leadership par le service.
Plutôt que d’imposer, il propose. Plutôt que de diriger, il accompagne.
Ses collègues du Conseil Pastoral le décrivent comme « un homme d’écoute, discret, mais d’une efficacité redoutable ».

Grâce à lui, plusieurs projets communautaires ont vu le jour :

  • Un fonds de solidarité paroissial pour aider les familles en difficulté,
  • La rénovation du centre catéchétique,
  • Et la création d’un groupe de soutien spirituel pour les jeunes professionnels.

Ces initiatives renforcent le lien social et donnent à la paroisse une nouvelle dynamique.

Une foi qui rayonne au-delà de la paroisse

L’engagement de Jean dépasse désormais les murs de sa paroisse.
Il est souvent invité à partager son expérience lors des rencontres inter-paroissiales ou de forums de laïcs engagés.
Son parcours inspire, notamment les retraités qui cherchent un sens à cette nouvelle étape de leur vie.

« Quand on quitte un emploi, on pense souvent qu’on perd son utilité. C’est faux. On peut continuer à bâtir, à donner et à aimer. Simplement, autrement. »

Dans un monde où beaucoup redoutent la retraite comme une mise à l’écart, Jean incarne une autre vision : celle d’une retraite missionnaire, féconde, joyeuse et tournée vers les autres.

La paix du cœur, le plus beau des salaires

A 56 ans, Jean ne parle plus de rentabilité, mais de fruits spirituels.
Il ne calcule plus des bénéfices financiers, mais des sourires, des prières et des conversions.
Et il ne compte plus ses heures, parce que chaque jour est une grâce.

Sa femme Julie le dit mieux que quiconque :
« Jean a trouvé sa place. Ce qu’il donne aujourd’hui à Dieu, c’est tout ce qu’il a de meilleur : son temps, son expérience et son cœur. Et ça, c’est la plus belle des réussites. »


« Le bonheur ne se trouve pas en accumulant, mais en se donnant. »

Cette phrase, Jean la répète souvent à ceux qu’il rencontre. Et quand on voit la sérénité sur son visage, on comprend qu’il en a fait sa vérité.


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