Agissez comme s’il était impossible d’échouer
Winston Churchill

La façon de vivre sa retraite diffère généralement d’un individu à l’autre. Certains choisissent le repos complet, loin du tumulte professionnel. D’autres, au contraire, voient cette période comme l’occasion rêvée de s’accomplir différemment, de donner vie à des projets longtemps caressés mais souvent repoussés. C’est le cas de Zenabou, 63 ans, ex-cadre d’une grande société de commerce, qui a fait de cette étape un véritable tremplin vers une seconde vie, plus riche et épanouissante que la première.
Aujourd’hui, elle dirige avec passion son entreprise de commerce d’habits en coton confectionnés au Burkina Faso, une activité florissante qui lui permet non seulement d’assurer les besoins de sa famille, mais aussi de rayonner dans son entourage.
De cadre dynamique à entrepreneure passionnée
Pendant deux décennies, Zenabou a travaillé comme cadre dans une grande société de commerce. Sérieuse, rigoureuse et ambitieuse, elle s’est consacrée sans relâche à ses responsabilités. Pourtant, au fond d’elle, une petite voix murmurait déjà une autre histoire : celle de l’entrepreneuriat.
« J’ai toujours aimé les habits traditionnels, surtout ceux en coton, qui mettent en valeur notre identité et nos savoir-faire locaux. Mais je pensais qu’il fallait attendre la retraite pour m’y lancer », confie-t-elle avec un sourire. Ce n’est qu’à l’approche de ses 60 ans que Zenabou, soutenue par quelques membres de sa famille, a osé franchir le pas. Elle a commencé petit, en valorisant et important des pièces de coton de Ouagadougou et en les écoulant dans son cercle de connaissances. Les retours positifs ont été immédiats. Ses habits, alliant qualité et authenticité, séduisaient à la fois les gens d’un certain âge, les jeunes et les moins jeunes.
Un démarrage prudent mais prometteur
Zenabou savait que tout projet entrepreneurial comporte une part de risque. Mais son expérience de cadre l’avait préparée : planification, rigueur financière, sens des relations humaines… tout cela constituait une base solide.
Avec l’appui de sa famille, elle a investi dans un premier stock, qu’elle présentait lors de ventes privées ou dans de petits marchés locaux. Très vite, la demande a dépassé l’offre. Le coton burkinabè, connu pour sa douceur et sa résistance, plaisait énormément.
« Je n’avais pas imaginé que ça prendrait une telle ampleur. Chaque fois que j’allais chercher de nouvelles pièces, elles disparaissaient en quelques jours. J’ai compris que j’avais mis le doigt sur quelque chose de grand », raconte-t-elle.
La retraite : un tournant décisif
Quand l’heure de la retraite a sonné, Zenabou n’a pas ressenti le vide que beaucoup redoutent. Au contraire, elle avait déjà un projet bien amorcé. Plutôt que de se morfondre ou de s’ennuyer, elle a vu cette nouvelle étape comme une libération de temps et d’énergie à consacrer à son commerce.
Elle s’est pleinement investie : ouverture d’un local, recrutement de deux jeunes vendeuses, élargissement de la gamme d’habits (boubous, chemises, robes, tuniques modernes) … Son entreprise a pris une dimension nouvelle, presque professionnelle.
Aujourd’hui, elle parle de ses journées avec enthousiasme : « Je me lève avec une motivation que je n’avais plus depuis longtemps. Chaque client satisfait est une victoire. Chaque vêtement vendu est une petite pierre apportée à mon édifice. »
Des bénéfices qui vont au-delà de l’argent
Bien sûr, son commerce est florissant sur le plan financier. Les bénéfices réalisés lui permettent de subvenir aisément aux besoins de sa famille, notamment de ses deux fils, Abdoul (23 ans) et Ibrahim (21 ans). Tous deux poursuivent des études supérieures. Et c’est grâce à l’activité de leur mère qu’ils peuvent le faire sans inquiétude.
Mais pour Zenabou, la plus grande satisfaction n’est pas là. Elle réside dans l’impact humain et psychologique :
- Elle se sent utile et active, loin de l’image d’une retraite passive.
- Elle redonne vie à un savoir-faire africain, en mettant en valeur les artisans burkinabè.
- Elle transmet un exemple inspirant à ses enfants et à son entourage : la retraite peut être synonyme de renaissance, pas de déclin.
Les regrets d’une passion tardive
Malgré son bonheur actuel, Zenabou exprime parfois un petit regret : celui de ne pas s’être lancée plus tôt.
« Si j’avais commencé il y a dix ou quinze ans, mon entreprise serait déjà un empire aujourd’hui. Mais je ne me plains pas. Le plus important est d’avoir osé, même tardivement », reconnaît-elle avec philosophie.
Ce constat est précieux pour beaucoup de futurs retraités : il nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour démarrer. L’important est de passer à l’action, même si le timing n’est pas parfait.
Leçons inspirantes de l’expérience de Zenabou
Son parcours regorge d’enseignements pour tous ceux qui rêvent d’entreprendre, que ce soit à la retraite ou bien avant :
- Préparer son projet avant la retraite : Zenabou a eu la sagesse de démarrer son commerce quelques années avant sa sortie de la vie professionnelle. Cela lui a permis de tester, d’ajuster et de prendre confiance.
- S’appuyer sur sa famille et son réseau : sans l’appui de ses proches au départ, elle aurait peut-être hésité plus longtemps.
- Capitaliser sur ses compétences professionnelles : gestion, organisation, relation client… son passé de cadre a été un atout.
- Oser malgré les doutes : elle aurait pu se dire qu’il était trop tard, que l’âge n’était pas propice. Mais elle a choisi d’agir.
Trouver une activité alignée à ses passions : son amour pour le coton burkinabè a donné un supplément d’âme à son commerce.
Une source d’inspiration pour toute une génération
Zenabou n’est pas seulement une commerçante prospère : elle est devenue une référence dans son quartier et au-delà. Beaucoup de femmes de sa génération la consultent pour savoir comment elles aussi pourraient donner un nouveau souffle à leur vie après la retraite.
Elle répond toujours avec simplicité : « Il ne s’agit pas de copier ce que je fais. Chacune doit trouver son domaine, ce qui lui plaît, et oser. Mais surtout, il faut commencer, même petit. »
Quel avenir pour son commerce ?
A 63 ans, Zenabou ne pense pas à ralentir. Au contraire, elle rêve d’ouvrir une deuxième boutique dans une autre ville, et pourquoi pas, d’exporter ses habits à l’international.
Ses fils, Abdoul et Ibrahim, envisagent d’ailleurs de l’aider à moderniser l’entreprise en développant la vente en ligne. Une belle perspective de continuité familiale.
« Ce commerce, je le vois comme un héritage à transmettre. Ce n’est pas seulement une affaire d’argent, c’est une aventure de vie », conclut-elle.
La retraite, un nouveau départ
L’histoire de Zenabou illustre parfaitement une vérité que beaucoup oublient : la retraite n’est pas la fin, mais une transition.
Avec passion, courage et persévérance, cette femme de 63 ans a transformé un simple projet en une entreprise florissante. Elle a trouvé dans le commerce d’habits en coton du Burkina Faso une source de revenus, mais surtout une raison de se lever chaque matin avec énergie et fierté.
Et si nous retenions une seule leçon de son parcours, ce serait celle-ci : il n’est jamais trop tard pour commencer.
Alors, que vous soyez encore actif, proche de la retraite ou déjà à la maison, posez-vous la question : quelle passion ai-je laissée de côté que je pourrais transformer en projet de vie ?
Et vous, chers lecteurs, si vous étiez à la place de Zenabou, quelle activité auriez-vous aimé démarrer plus tôt pour en faire aujourd’hui une belle aventure de retraite.