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Vision Retraite Paisible

Préparons la retraite paisible dans un environnement mouvant

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  • Parcours du travailleur vers la retraite

CUMUL D’ACTIONS POUR UNE RETRAITE PAISIBLE

Préparer une retraite paisible malgré tout Une retraite heureuse amène au fond des cœurs l’oubli des malheurs . Voltaire Tout travailleur aspire vivement à jouir d’une retraite tranquille. Il prépare alors bien ardemment ses « vieux jours ». Et il œuvre conséquemment tout le…

  • Yao Arnaud
  • 27 novembre 2022
  • Parcours du travailleur vers la retraite

VERS UNE RETRAITE PAISIBLE

«La connaissance nous assure une retraite confortable et nécessaire lorsque nous prenons de l’âge. Si nous ne la plantons pas quand nous sommes jeunes, son ombre nous fera défaut quand nous serons vieux».  Philip Dormer Stanhope Chesterfield L’être humain est…

  • Yao Arnaud
  • 15 novembre 2022
  • Hors Catégorie

Nécessité d’une vision d’une retraite paisible

« Il faut apprendre à rester serein au milieu de l’activité et à être vibrant de vie au repos » Ghandi  Quelle retraite ? « Retraite », un mot qui revêt une signification spéciale selon le contexte dans lequel se trouve celui ou celle à…

  • Yao Arnaud
  • 7 novembre 2022
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  • ADJINDA, BATISSEUR D’AVENIR
    par Yao Arnaud
    25 novembre 2025

    UNE RETRAITE ACTIVE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT DU BENIN

    Celui qui veut aller vite, marche seul. Celui qui veut aller loin, marche avec les siens

    Proverbe africain

    Adjinda ,Développeur/Illustratif

    Découvrez comment Adjinda, ex-inspecteur béninois, transforme sa retraite en mission pour développer son village et inspirer toute une communauté.

    Un inspecteur devenu acteur du développement local au Bénin

    Après plus de trente ans passés dans l’éducation nationale, Adjinda, 62 ans, ancien inspecteur de l’enseignement primaire, a choisi une retraite peu ordinaire : retourner dans son village natal pour y bâtir un modèle de développement durable.

    Durant sa carrière, il a vu les défis du système éducatif béninois : écoles sous-équipées, jeunes désorientés, enseignants épuisés mais passionnés.
    Il aurait pu profiter de sa retraite pour se reposer.
    Mais non. Adjinda a préféré se mettre au service de son pays.

    “J’ai compris que le développement ne viendra pas d’en haut. Il commence à la base, dans nos villages.” Un choix courageux et inspirant, qui prouve qu’à tout âge, on peut encore changer les choses.

    Retour au village : une retraite engagée et utile

    De retour à une vingtaine de kilomètres de Dassa-Zoumè, Adjinda découvre une population pleine de bonne volonté mais manquant d’encadrement.
    Alors, il décide d’agir :

    • Il crée un centre communautaire pour les jeunes sans emploi,
    • Met en place un club agricole scolaire,
    • Et soutient la création d’une coopérative d’épargne villageoise gérée par les femmes.

    Ces actions simples mais concrètes font renaître l’espoir.
    Le village commence à se transformer.

    “Nous devons croire en nos propres forces,” dit-il.
    “Quand les citoyens s’organisent, tout devient possible.”

    Georgette, l’épouse engagée dans l’éducation des jeunes filles

    Adjinda n’est pas seul dans cette aventure. À ses côtés, son épouse Georgette, 54 ans, directrice d’école primaire, partage la même passion pour l’éducation et le service communautaire.

    Pleine d’énergie et de douceur, elle organise des ateliers pour les jeunes filles : lecture, confiance en soi, gestion du temps et éducation civique.
    Pour elle, l’émancipation féminine est au cœur du développement.

    “Le développement du Bénin passera aussi par la femme rurale instruite,” affirme-t-elle.

    Ensemble, Adjinda et Georgette forment un couple de bâtisseurs, unis dans une mission commune : éveiller, éduquer et transformer leur communauté.

     Une relève inspirée : Boris et Léandre, la jeunesse au travail

    Leur engagement n’a pas laissé leurs enfants indifférents.
    Boris, 25 ans, ingénieur en génie civil, met ses compétences au service des chantiers communautaires.
    Sous sa supervision, le centre socio-éducatif et les points d’eau du village ont été rénovés.

    “C’est un honneur d’utiliser mon savoir pour améliorer la vie des miens,” dit-il fièrement.

    Son frère Léandre, 23 ans, étudiant en droit, aide quant à lui à structurer les associations locales.
    Il veille à la transparence, à la bonne gestion et à la cohésion des initiatives.

    Ce trio père-mère-fils incarne une transmission réussie des valeurs familiales et citoyennes :
     - Le sens du service,
     - La responsabilité,
     - La foi en un avenir collectif.

    Les réunions de village : la politique du développement à la base

    Chaque samedi, Adjinda organise des réunions participatives sous le grand manguier du village.
    Femmes, jeunes, anciens… tout le monde a la parole.
    On y parle d’eau potable, d’assainissement, de microcrédit et d’éducation.

    Ces rencontres sont devenues une véritable école de gouvernance locale.
    Elles favorisent la prise d’initiative et la démocratie participative.

    “Nous ne faisons pas de politique de partis,” précise Adjinda.
    “Nous faisons la politique du développement, celle qui met le peuple au centre.”

    Grâce à ces échanges, plusieurs projets ont vu le jour :
     - Un puits réhabilité,
     - Un programme d’alphabétisation pour femmes,
     - Un jardin communautaire pour la cantine scolaire.

    De petits pas, mais d’immenses avancées pour un village autrefois oublié.

    La philosophie de Adjinda : commencer là où l’on est

    Adjinda aime rappeler :

    “N’attends pas d’avoir tout pour commencer. Commence avec ce que tu as, là où tu es.”

    Ce principe simple, presque spirituel, résume son parcours.
    Il ne mise pas sur de grands moyens, mais sur la volonté collective.
    Et c’est cette philosophie qui séduit ONG, associations locales et mairies voisines.

    Des délégations viennent aujourd’hui s’inspirer de son modèle : un développement participatif et réaliste, ancré dans les réalités rurales béninoises.

    Du local à l’influence nationale : un modèle qui inspire

    Le travail de Adjinda dépasse désormais son village.
    Il participe à des forums régionaux sur le développement local, partageant sa vision d’une gouvernance à visage humain.

    Sa mission : créer un réseau de villages solidaires, reliés par des projets agricoles, éducatifs et écologiques.

    “Quand les citoyens prennent leur destin en main, c’est tout le pays qui se remet à espérer,” affirme-t-il.

    Le Bénin profond, celui des villages, retrouve ainsi la fierté d’être acteur de son propre avenir.

    La retraite comme mission de vie au Bénin

    Pour beaucoup, la retraite signifie repos, solitude ou inactivité.
    Pour Adjinda, c’est l’inverse : une mission de vie.

    Il veut prouver que l’expérience accumulée pendant des décennies peut devenir une richesse pour le pays.
    Il veut incarner une retraite utile, celle qui transmet et transforme.

    Ses actions ont déjà un impact visible :
    -     Des jeunes responsabilisés,
    -     Des femmes autonomes,
    -     Un village plus dynamique.

    Le message d’un blogueur : vivre une vie qui a du sens

    Comme le rappelle souvent le blogueur Olivier Roland,

    “Une vie réussie, c’est une vie choisie.”

    Adjinda illustre parfaitement cette idée.
    Il n’a pas choisi la facilité, mais la contribution.
    Plutôt que de se retirer du monde, il y est retourné avec passion.

    Son parcours nous enseigne que la vraie liberté, c’est de vivre selon ses valeurs.

    La retraite n’est pas la fin de la vie, c’est un nouveau départ

    Chaque matin, Adjinda traverse son village, saluant les enfants et les femmes au marché.
    Son regard rayonne de cette joie tranquille de celui qui a trouvé sa mission.

    “Je ne suis pas un héros,” dit-il simplement.
    “Je suis juste un homme qui a décidé de commencer.”

    Et si chacun, à son échelle, faisait comme lui ?

    Que ferez-vous de votre seconde vie ?

    La retraite peut être une parenthèse ou un tremplin.
    À vous de choisir.
    À l’image de Adjinda, osez semer vos graines de changement, là où vous êtes, avec ce que vous avez.

  • IRMA, LA GRAND-MERE VOYAGEUSE : UNE RETRAITE QUI INSPIRE
    par Yao Arnaud
    17 novembre 2025

    Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace

    Proverbe senegalais

    Les enfants sont la richesse des vieillards.

    Proverbe africain

    Grand'mère voyageuse/Illustratif

    Irma, la grand-mère qui fait de la retraite une aventure

    Il y a des moments dans la vie où tout s’aligne, comme une évidence. Pour Irma, 61 ans, ce moment a été sa retraite. Non pas une fin, mais un nouveau départ; un retour à l’essentiel, à la famille, aux liens et à la liberté d’aimer sans horloge.

    Ancienne institutrice dans l’enseignement public sénégalais, Irma a dédié plus de trois décennies à transmettre le savoir avec une patience infinie et un amour sincère pour les enfants. Mais depuis qu’elle a rangé les craies et fermé pour la dernière fois la porte de sa salle de classe, ce n’est pas la nostalgie qui l’a gagnée, mais une profonde gratitude.

    « J’ai passé ma vie à m’occuper des enfants des autres. Maintenant, c’est à mes petits-enfants que je veux donner le meilleur de moi. »

    Une transition naturelle : de la maîtresse à la maman à plein temps

    Beaucoup redoutent le vide que laisse une carrière derrière soi. Pas Irma. Elle savait déjà ce qu’elle voulait : être présente pour ceux qui comptent le plus.

    Ses quatre enfants vivent aux quatre coins du monde : Maguette, la plus jeune, est restée à Dakar. Fatou vit à Lyon. Khady est à New York et Astou à Atlanta.

    Un tel éloignement aurait pu être source de solitude. Mais Irma a décidé de transformer cette distance en opportunité de voyager, de découvrir, et surtout, d’être présente – réellement présente – dans la vie de ses proches.

    « Je ne veux pas être juste une voix sur WhatsApp. Je veux des bras autour du cou, des rires à la maison et des souvenirs plein le cœur. »

    C’est ainsi qu’est née sa nouvelle vie : celle d’une grand-mère nomade, une valise à la main et l’amour en bagage principal.

    Quand la retraite rime avec envol permanent

    Si vous l’apercevez à l’aéroport de Dakar, vous ne pourrez pas la manquer : silhouette élégante, foulard coloré, regard pétillant et une valise bien rodée, toujours remplie de cadeaux, de douceurs maison et d’épices qui rappellent le pays.

    Avec humour, elle résume sa vie :

    « Ma retraite ? C’est entre Air Sénégal, Air France et Delta Airlines ! »

    Mais derrière ce ton léger se cache une vérité plus profonde : la liberté. Celle de choisir son rythme, ses moments, ses destinations. Fini les réveils matinaux, les réunions, les corrections. Place aux balades avec les petits, aux découvertes et aux moments de pur bonheur partagé.

    Chaque voyage est une leçon de vie. À Lyon, elle découvre le fromage et les marchés de Noël. À New York, elle goûte à l’immensité et à la neige. À Atlanta, elle s’émerveille devant les grands espaces et la chaleur humaine du Sud. Et à Dakar, elle recharge son cœur auprès de ses racines, de la mer, de ses amies et de ses souvenirs.


    “Maman Irma” : plus qu’une grand-mère, une deuxième maman

    Ses petits-enfants l’appellent “Maman Irma”. Et ce surnom, elle le porte comme une médaille. Pour eux, elle est un pilier, une présence rassurante, une tendresse incarnée.

    Maguette se souvient :

    « Quand j’ai accouché de mon deuxième fils, maman est venue passer trois mois à la maison. Elle se levait la nuit, préparait le petit déjeuner, chantait des berceuses en wolof... Elle était mon ange gardien. »

    Irma prend son rôle très à cœur. Dès qu’une de ses filles attend un bébé, elle se prépare. Elle cuisine, congèle des plats traditionnels, réserve son billet et s’envole.

    « Je me sens utile, dit-elle. Quand mes enfants étaient petits, j’étais souvent débordée par le travail. Aujourd’hui, c’est à mon tour de leur faciliter la vie. »

    Et elle le fait avec une joie lumineuse, des étoiles dans les yeux chaque fois qu’elle évoque les premiers pas, les premiers mots, les petits chagrins ou les grandes joies de ses petits-enfants.

    Une vie simple, mais remplie de sens

    Certains lui demandent pourquoi elle ne lance pas une activité, une association, quelque chose de “concret” comme tant d’autres retraités.

    Sa réponse est claire :

    « Je n’ai rien à prouver. J’ai travaillé et j’ai élevé mes enfants. Maintenant, je veux juste aimer et être aimée. »

    Et cette philosophie touche ceux qui croisent sa route. Dans son quartier, à Dakar, elle est respectée, admirée. Toujours souriante, toujours disponible. Pour beaucoup, elle semble être en vacances éternelles.

    Elle rit :

    « Ce n’est pas des vacances. C’est ma mission. Dieu m’a confié une famille, je la chéris avec gratitude. »

    Une retraite apaisée, sans manque ni regrets

    Pas de solitude. Pas d’ennui. Chez Irma, les journées sont pleines : appels vidéos, visites, départs, retours, discussions de quartier, promenades en bord de mer...

    « Ma retraite, c’est du mouvement, de l’amour. Si je ne bouge pas, je m’éteins. »

    Côté santé, elle rayonne. Elle marche chaque jour, mange sainement, médite. Mais surtout, elle vit avec le cœur.

    « Quand on fait les choses par amour, le corps suit. Je ne me fatigue jamais d’aimer. »

    Ce que nous apprend le parcours d’Irma

    L’histoire d’Irma casse les clichés. La retraite n’est pas forcément une cassure. Elle peut être un renouveau.

    Voici ce que son exemple nous enseigne :

    1. On peut être utile sans être “productif”
      Irma ne génère pas de revenu, mais elle crée du lien, elle soulage, elle accompagne. Et c’est inestimable.
    2. La retraite est un rythme à choisir soi-même
      Elle a trouvé le sien : fluide, joyeux, sans pression.
    3. Aimer est une vocation à plein temps
      Ses voyages ne sont pas du tourisme. Ce sont des actes d’amour.
    4. Le bonheur est dans la manière de vivre chaque instant
      Elle a laissé les cahiers pour les dessins d’enfants. Et elle a gagné la paix intérieure.

    Un message d’espoir pour les retraités d’ici et d’ailleurs

    A ceux qui approchent de la retraite ou qui viennent d’y entrer, Irma adresse ce message :

    « Ce n’est pas parce que vous arrêtez de travailler que vous arrêtez d’avoir une mission. Votre mission change, c’est tout. »

    Et peut-être que c’est ça, le vrai sens de la retraite : continuer à servir, autrement. Avec plus de douceur, plus de présence et plus d’humanité.

    Le bonheur, c’est du temps offert avec amour

    Aujourd’hui, Irma prépare son prochain départ pour Lyon. Fatou attend un bébé, et Irma sera là. Comme toujours. Avec des valises pleines d’amour, et des bras prêts à bercer.

    Mais avant de s’envoler, elle va comme à son habitude à la plage de Ngor. Elle regarde l’océan, ferme les yeux, et murmure :

    « Merci, Seigneur, de me donner encore la force d’aimer. »

    Et peut-être que là, dans cette simple prière, se cache le plus beau secret d’une retraite heureuse.

  • AHMED, IMAM DE CŒUR : UNE RETRAITE DEVENUE MISSION
    par Yao Arnaud
    11 novembre 2025

    Celui qui sert les autres est le vrai roi

    Proverbe soufi

    Imam, Ahmed/Illustratif

    Ahmed, du bureau à la mosquée : la retraite d’un homme comblé par la foi et le service

    Dans certains quartiers populaires de Conakry, il y a des figures qu’on respecte sans même les connaître personnellement. Des hommes dont la présence inspire calme et confiance. Ahmed fait partie de ceux-là. A 60 ans, cet ancien employé d’une société guinéenne savoure une retraite pas comme les autres : une retraite spirituelle, active et profondément utile à sa communauté.
    Son histoire est celle d’un homme qui, après avoir longtemps servi son pays à travers son travail, a trouvé une nouvelle mission : servir Dieu et les hommes.

    Une nouvelle page après la Mecque

    Ahmed se souvient encore du jour où il a foulé le sol sacré de la Mecque. Ce pèlerinage, qu’il rêvait d’accomplir depuis sa jeunesse, a marqué un tournant dans sa vie. Là-bas, au milieu de millions de fidèles venus du monde entier, il a ressenti une paix intérieure qu’il n’avait jamais connue auparavant.
    « J’ai compris que ma vie devait désormais être tournée vers le service spirituel », confie-t-il, le regard apaisé.

    De retour à Conakry, Ahmed n’a pas cherché à se reposer, comme beaucoup l’auraient fait après des décennies de labeur. Il a plutôt décidé de mettre son temps, son expérience et sa sagesse au service de sa communauté. Très vite, ses voisins, ses anciens collègues et les fidèles de la mosquée du quartier ont davantage vu en lui un modèle. Sa foi solide, sa parole mesurée et sa capacité à rassembler les gens ont naturellement conduit à sa nomination comme imam du quartier.

    Une mission d’écoute et de transmission

    Devenir imam n’a jamais été pour Ahmed une question de prestige. Pour lui, c’est avant tout une responsabilité sacrée. Chaque jour, il se lève avant l’aube pour la prière de fajr, puis il passe du temps à méditer sur les versets du Coran.
    « Un bon imam doit d’abord être un bon élève du Livre Sacré », aime-t-il répéter.

    Sous sa direction, la mosquée est devenue un véritable centre d’apprentissage et de fraternité. Chaque vendredi, il y enseigne les valeurs essentielles de la foi : la sincérité, la patience, la solidarité et la justice. Ses sermons sont simples mais profonds. Il parle avec le cœur, et c’est sans doute ce qui touche tant de fidèles.

    Les jeunes du quartier, souvent à la recherche de repères, viennent nombreux l’écouter. Ahmed les accueille avec un large sourire, les appelle par leur prénom, et les encourage à étudier, à travailler honnêtement et à se marier avec sagesse.
    Il leur dit souvent :

    « Le plus grand djihad, c’est celui que tu mènes contre ton propre égo. »

    La force tranquille d’un couple uni

    Derrière chaque grand homme, dit-on, se cache une femme exceptionnelle. Dans le cas d’Ahmed, elle ne se cache pas du tout : Safiatou, son épouse depuis plus de trente ans, est bien visible dans toutes les activités du couple.
    Âgée de 54 ans, elle est une figure respectée du groupe des femmes de la mosquée. On la consulte, on la sollicite, et elle répond toujours avec bienveillance.

    « Ce que fait mon mari, je le considère comme notre mission commune », explique-t-elle.
    Elle organise les rencontres féminines, soutient les jeunes mariées, et coordonne les actions sociales : visites aux malades, distribution de repas pendant le Ramadan et soutien aux veuves du quartier. Quand Ahmed prêche, elle observe discrètement depuis l’espace réservé aux femmes, fière et émue à la fois. « Voir mon mari parler avec autant de sagesse et de douceur, cela me rappelle pourquoi je l’ai choisi », dit-elle en souriant.

    Une famille au service de la foi

    Le couple a quatre enfants : Moussa, Mamane, Abdou et Maïmouna. Tous sont mariés, installés, mais ils n’ont jamais rompu le lien spirituel avec leur père. Chaque semaine, ils passent à la mosquée ou à la maison familiale pour échanger, prier et écouter ses profonds conseils.
    Moussa, l’aîné, affirme que son père est « le meilleur coach de vie » qu’il connaisse.
    « Il ne nous impose rien, mais il nous fait réfléchir. Quand il parle, tu as envie de t’améliorer. » Le dimanche, jour de repos dans le pays, la maison d’Ahmed se transforme en lieu de retrouvailles. Après la prière, on partage le thé, on discute, on rit, on évoque les versets du Coran que chacun a médités. Ces moments de convivialité sont précieux.
    Ils montrent qu’une famille unie par la foi est une force indestructible.

    De la routine professionnelle à la plénitude spirituelle

    Avant sa retraite, Ahmed était un employé modèle dans une société guinéenne d’import et export. Sérieux, ponctuel, loyal, il a gravi les échelons sans jamais perdre son humilité. Mais il avoue qu’à l’époque, malgré le confort matériel, il lui manquait quelque chose.
    « Le travail nourrissait mon corps, mais pas toujours mon âme. »

    Depuis qu’il a endossé le rôle d’imam, il dit se sentir « utile d’une manière plus profonde ». Ce qu’il donne aujourd’hui n’a pas de prix : des paroles qui réconfortent, des prières qui apaisent et des conseils qui orientent.
    Et en retour, il reçoit un trésor invisible mais immense : la reconnaissance et l’amour de sa communauté.

    Un modèle de solidarité communautaire

    Sous son impulsion, la mosquée a lancé plusieurs initiatives sociales :

    • Une caisse de solidarité pour venir en aide aux familles démunies ;
    • Des cours du soir gratuits pour les enfants du quartier ;
    • Un groupe d’entraide entre commerçants pour favoriser les échanges équitables ;
    • Et surtout, une bibliothèque coranique que les jeunes fréquentent avec assiduité.

    Ces actions, modestes au départ, ont transformé la vie du quartier. Les tensions ont diminué, les solidarités se sont renforcées, et l’esprit de fraternité musulmane s’est concrétisé.
    Ahmed aime répéter :

    « L’islam n’est pas seulement une religion de prières. C’est une école de vie, de partage et de paix. »

    Un retraité pleinement épanoui

    Pour beaucoup, la retraite rime avec inactivité ou nostalgie. Pour Ahmed, elle est devenue synonyme de renaissance.
    Chaque jour, il se lève avec un but clair.
    Chaque soir, il se couche avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose de bien.

    « Quand un fidèle vient me dire que mes paroles ont changé sa manière de voir la vie, je remercie Allah. C’est mon plus grand salaire », dit-il simplement.

    Son regard brille quand il évoque ses fidèles, surtout les plus jeunes. Il les considère comme ses enfants spirituels.
    Certains viennent le consulter pour des projets de mariage, d’autres pour des difficultés professionnelles, ou simplement pour chercher un mot d’encouragement.
    Et Ahmed trouve toujours les mots justes.

    Le secret de sa sérénité

    Interrogé sur ce qui fait sa paix intérieure, Ahmed répond sans hésiter :
    « C’est la reconnaissance. Quand on apprend à remercier Dieu pour chaque souffle, chaque sourire, chaque épreuve, on vit léger. »
    Il médite souvent sur ce verset du Coran :

    “Ceux qui croient et dont les cœurs se tranquillisent à l’évocation d’Allah… N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ?” (Sourate 13, verset 28)

    Ce verset, il le répète souvent à ses fidèles pour leur rappeler que la paix véritable ne se trouve pas dans les biens matériels, mais dans la proximité avec Dieu et les autres.

    Leçons de vie d’un homme accompli

    L’histoire d’Ahmed est une leçon de vie pour tous les retraités — et même pour ceux qui n’y sont pas encore. Elle nous rappelle qu’on peut toujours trouver une nouvelle mission, un nouveau sens à son existence.
    Il prouve qu’on ne vieillit pas quand on cesse de travailler : on vieillit quand on cesse d’aimer, de partager et de croire.

    Ahmed nous enseigne que la retraite peut être le moment idéal pour :

    1. Se rapprocher de ses valeurs profondes ;
    2. Transmettre son expérience à la jeune génération ;
    3. Servir la communauté ;
    4. Cultiver la paix du cœur et de l’esprit

    Un message pour les lecteurs et lectrices

    Quand on lui demande quel conseil il donnerait à ceux qui s'approchent de la retraite, Ahmed répond avec son sourire habituel :

    « Ne voyez pas la retraite comme une fin, mais comme un début. Le monde a encore besoin de vous, même si ce n’est plus dans un bureau. Trouvez votre façon d’être utile, et votre cœur sera en paix. »

    Ses paroles résonnent comme un rappel essentiel dans une époque où beaucoup redoutent ce passage. Ahmed, lui, l’a transformé en bénédiction.


    Le parcours d’Ahmed, ancien employé devenu imam, illustre magnifiquement la puissance de la reconversion spirituelle et communautaire.
    Dans un monde souvent centré sur la réussite matérielle, il montre qu’une vie pleinement réussie se mesure aussi à la lumière qu’on apporte autour de soi.

    Sa femme, ses enfants, ses fidèles : tous témoignent de la richesse intérieure d’un homme simple, sincère et inspirant.
    Et dans le calme de sa mosquée, quand le muezzin appelle à la prière du soir, Ahmed lève les mains vers le ciel, reconnaissant d’avoir trouvé dans la foi ce que le travail seul ne pouvait lui donner : la paix du cœur.


    A vous chères lectrices et chers lecteurs !

    Et vous, chers lecteurs, si vous étiez à la place d’Ahmed, quelle serait votre mission de cœur après la retraite ?
    Serait-elle spirituelle, communautaire ou familiale ?
    Réfléchissez-y… car peut-être que votre nouvelle vocation n’attend qu’un signe pour commencer.

  • SERVIR DIEU A PLEIN TEMPS : LE BONHEUR D’UN RETRAITE
    par Yao Arnaud
    5 novembre 2025

    Quand le cœur est en paix, la maison devient un paradis

    Proverbe africain

    Jean et sa famille/Illustratif

    Jean, du bureau de comptabilité à la maison de Dieu : le témoignage d’un homme comblé par sa seconde vocation

    Il y a des parcours qui forcent l’admiration. Des chemins de vie où le calme succède au tumulte du travail, mais sans jamais sombrer dans l’ennui. Des retraites où le mot « inactif » n’existe pas. Jean, 56 ans, ancien comptable d’une brasserie réputée d’Abidjan, en est l’un des plus beaux exemples. À l’âge où beaucoup cherchent un sens à leur nouvelle liberté, lui a choisi d’y inscrire le nom de Dieu.

    Aujourd’hui, Jean est président du Conseil Pastoral et Fidei custos (ou distributeur de Communion aux malades) — gardien de la foi — de sa paroisse catholique, dans un quartier tranquille d’Abidjan. Une mission qu’il vit comme une véritable renaissance, soutenu par sa femme Julie et leurs deux enfants, Agathe et Ange. Ensemble, ils forment une famille engagée, profondément ancrée dans leur foi, mais aussi dans une joie simple et communicative.

    Une vie professionnelle bien remplie

    Pendant plus de trente ans, Jean a vécu au rythme des bilans, des factures et des rapports comptables. Employé dans une grande brasserie de la capitale économique ivoirienne, il a connu les exigences du monde de l’entreprise : rigueur, précision et respect des délais.
    Mais derrière ses tableaux Excel, une autre passion grandissait : celle du service à l’Église.

    « Même quand je travaillais encore, je ressentais un appel intérieur », confie-t-il. « J’étais souvent sollicité pour des missions paroissiales : organiser les collectes, aider à la gestion des finances de la paroisse, conseiller les jeunes couples… Tout cela m’épanouissait plus que je ne l’aurais imaginé. » Peu à peu, Jean s’est formé, a suivi des retraites spirituelles, lu et échangé avec d’autres personnes. Il a compris que sa foi ne devait pas rester cantonnée au dimanche matin. Alors, le jour où il a pris sa retraite, il n’a pas hésité : il a remis ses compétences comptables au service de Dieu.

    Le jour où tout a basculé

    C’était un dimanche de février, chaud et lumineux, comme souvent à Abidjan. Après la messe, le curé de la paroisse l’a approché avec un sourire :
    « Jean, tu es à la retraite maintenant, non ? »
    « Oui, mon Père. »
    « Alors j’ai besoin de toi. Le Conseil Pastoral cherche un président, quelqu’un de fiable, organisé et proche des fidèles. Tu as le profil idéal. »

    Jean a d’abord hésité. Il craignait la charge de travail, les responsabilités. Mais Julie, son épouse, l’a encouragé :
    « C’est une belle mission, Jean. Et si Dieu t’appelle, pourquoi refuser ? »

    Quelques semaines plus tard, il acceptait. Et très vite, après une élection bien transparente des membres du Conseil Pastoral, sa vie a pris une nouvelle direction.

    Du calcul des chiffres au soin des âmes

    En prenant la tête du Conseil Pastoral, Jean s’est retrouvé au cœur de la vie de la paroisse : planification des activités, coordination des groupes et animation des rencontres communautaires.
    Mais ce qui l’a surtout marqué, c’est la dimension humaine.

    « Avant, je gérais des chiffres. Aujourd’hui, je gère des cœurs. Et c’est cent fois plus beau. »

    Son sens de la rigueur l’aide à organiser les finances de la paroisse, mais aussi à maintenir la transparence et la confiance. Les paroissiens apprécient sa simplicité, son écoute et sa disponibilité.
    Et lorsqu’il est nommé Fidei custos, c’est-à-dire gardien de la foi, il reçoit cette mission comme une consécration : « Être Fidei custos, c’est veiller à ce que la flamme de la foi ne s’éteigne pas. C’est un honneur, mais aussi une responsabilité immense. »

    Une épouse pilier : Julie, la femme derrière le serviteur

    À ses côtés, Julie, 54 ans, partage cette ferveur. Employée de bureau dans une entreprise publique, elle dirige aussi un grand groupe religieux catholique féminin.
    Leur couple respire la complémentarité : quand Jean prépare les réunions paroissiales, Julie anime des retraites spirituelles pour les femmes.
    Le soir, ils prient ensemble, échangent sur leurs expériences et se conseillent mutuellement.

    « Nous avons toujours voulu que notre maison soit un petit sanctuaire », dit Julie avec un sourire. « Nos enfants ont grandi dans une atmosphère de foi, de service et de respect. » Elle reconnaît que la retraite de Jean a transformé leur quotidien : plus de temps ensemble, plus d’écoute, plus de projets spirituels communs.
    « Avant, il rentrait fatigué, souvent tard. Aujourd’hui, il a cette paix intérieure que seule la foi peut donner. »

    Une famille unie par la foi

    Leur fille Agathe, 25 ans, est en fin d’études de Master de management. Elle prépare une carrière prometteuse, mais reste très impliquée dans son groupe de prière.
    « Papa est devenu un modèle pour moi, confie-t-elle. Il me montre que la réussite ne se mesure pas seulement en salaire ou en poste, mais en paix intérieure. »

    Son frère Ange, 21 ans, étudiant en licence de sociologie, partage le même enthousiasme :
    « Moi aussi, j’anime un groupe de jeunes à la paroisse. J’ai vu mon père trouver une joie nouvelle après sa retraite. Ça m’inspire. »

    Dans cette famille, la foi n’est pas un devoir, c’est une respiration commune. Chacun y trouve sa place, son langage et son équilibre.

    Une retraite active et épanouie

    Jean ne parle jamais d’« arrêt de travail ». Pour lui, la retraite est une autre forme de service.
    Il se lève tôt, participe à la messe quotidienne, coordonne les activités paroissiales, visite les malades et les personnes âgées.
    Ses journées sont remplies, mais il ne se sent jamais débordé.

    « Avant, je servais une entreprise. Aujourd’hui, je sers un Royaume. Et c’est bien plus gratifiant », dit-il avec un sourire paisible.

    Son agenda est parfois plus chargé qu’à l’époque où il travaillait !
    Mais il le vit sans stress : « Quand on travaille pour Dieu, le temps n’est plus une contrainte. Il devient un cadeau. »

    Ses conseils à ceux qui approchent la retraite

    À ceux qui craignent la retraite comme une fin, Jean offre un témoignage rassurant :
    « La retraite n’est pas la fin de la vie. C’est le début d’une nouvelle page de vie. Si on la vit avec un cœur ouvert, elle devient un champ de mission. »

    Il conseille aux futurs retraités de :

    1. Préparer leur retraite spirituellement : « On ne passe pas du jour au lendemain de l’activité au repos. Il faut se reconnecter à soi et à Dieu. »
    2. Rester utiles : « Chacun a quelque chose à offrir : du temps, de l’écoute et des compétences. »
    3. S’entourer des bonnes personnes : « Les rencontres communautaires donnent de l’énergie. »

    Et il conclut souvent ses échanges par cette phrase devenue sa devise :

    « Servir, c’est vivre deux fois. »

    L’équilibre entre action et contemplation

    Ce qui frappe chez Jean, c’est sa capacité à conjuguer engagement et sérénité. Il ne se perd pas dans le militantisme religieux : il vit sa foi avec douceur, patience et constance.
    Il a trouvé cet équilibre rare entre le faire et l’être.

    « Je n’ai pas besoin de prêcher avec des mots, dit-il. Ma manière de vivre doit être mon premier témoignage. »

    Il a aussi redécouvert la joie du silence, de la méditation, de la lecture spirituelle. Entre deux réunions paroissiales, il s’isole parfois dans le jardin de la maison familiale pour prier, contempler les fleurs et écouter le chant des oiseaux.
    « Ces moments m’aident à recharger mes batteries spirituelles », confie-t-il. « J’ai compris que Dieu parle souvent dans le silence. »

    Un leadership humble et inspirant

    Le succès de Jean dans ses nouvelles responsabilités repose sur un style de leadership bien particulier : le leadership par le service.
    Plutôt que d’imposer, il propose. Plutôt que de diriger, il accompagne.
    Ses collègues du Conseil Pastoral le décrivent comme « un homme d’écoute, discret, mais d’une efficacité redoutable ».

    Grâce à lui, plusieurs projets communautaires ont vu le jour :

    • Un fonds de solidarité paroissial pour aider les familles en difficulté,
    • La rénovation du centre catéchétique,
    • Et la création d’un groupe de soutien spirituel pour les jeunes professionnels.

    Ces initiatives renforcent le lien social et donnent à la paroisse une nouvelle dynamique.

    Une foi qui rayonne au-delà de la paroisse

    L’engagement de Jean dépasse désormais les murs de sa paroisse.
    Il est souvent invité à partager son expérience lors des rencontres inter-paroissiales ou de forums de laïcs engagés.
    Son parcours inspire, notamment les retraités qui cherchent un sens à cette nouvelle étape de leur vie.

    « Quand on quitte un emploi, on pense souvent qu’on perd son utilité. C’est faux. On peut continuer à bâtir, à donner et à aimer. Simplement, autrement. »

    Dans un monde où beaucoup redoutent la retraite comme une mise à l’écart, Jean incarne une autre vision : celle d’une retraite missionnaire, féconde, joyeuse et tournée vers les autres.

    La paix du cœur, le plus beau des salaires

    A 56 ans, Jean ne parle plus de rentabilité, mais de fruits spirituels.
    Il ne calcule plus des bénéfices financiers, mais des sourires, des prières et des conversions.
    Et il ne compte plus ses heures, parce que chaque jour est une grâce.

    Sa femme Julie le dit mieux que quiconque :
    « Jean a trouvé sa place. Ce qu’il donne aujourd’hui à Dieu, c’est tout ce qu’il a de meilleur : son temps, son expérience et son cœur. Et ça, c’est la plus belle des réussites. »


    « Le bonheur ne se trouve pas en accumulant, mais en se donnant. »

    Cette phrase, Jean la répète souvent à ceux qu’il rencontre. Et quand on voit la sérénité sur son visage, on comprend qu’il en a fait sa vérité.


    Cher lecteur ou chère lectrice, qu'en pensez-vous ? Etes-vous de cet avis ?

  • COMMENT JEROME VIT UNE RETRAITE EPANOUIE AU SERVICE DE DIEU
    par Yao Arnaud
    27 octobre 2025

    Quand le cœur est plein de foi, les mains ne connaissent plus la fatigue.

    Proverbe africain

    L’arbre ne meurt pas quand il donne ses fruits, il se renouvelle.

    Proverbe Béninois

    Un diacre en train de prêcher/Illustratif

    Jérôme, 58 ans : l’ex-fonctionnaire devenu diacre heureux et épanoui à Lomé

    Quand on rencontre Jérôme, on est immédiatement frappé par la sérénité qui émane de son visage. À 58 ans, ce retraité de la fonction publique togolaise a trouvé un sens nouveau à sa vie : celui de servir Dieu à plein temps.
    Ancien cadre administratif respecté, Jérôme est aujourd’hui diacre au sein de l’Église des Assemblées de Dieu du Togo à Lomé. Et lorsqu’il parle de sa reconversion spirituelle, ses yeux brillent d’une joie rare.

    « Je n’ai jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui. J’ai enfin trouvé la paix intérieure et le but que je cherchais depuis tant d’années », confie-t-il avec un sourire paisible.

    Pendant plus de trente années, Jérôme a travaillé dans les bureaux feutrés d’une institution publique. Il y gérait dossiers, budgets et plannings. Un travail honorable, certes, mais sans réelle passion. Au fond de lui, un appel se faisait entendre, discret d’abord, puis de plus en plus pressant : celui de l’évangélisation.

    Un appel qui mûrissait depuis longtemps

    L’histoire de Jérôme ne s’est pas écrite du jour au lendemain. Elle s’est construite au fil des années, patiemment, comme un long chemin de foi.

    Bien avant sa retraite, il s’était déjà investi dans son église locale. Les dimanches, après la messe, on pouvait le voir discuter longuement avec les jeunes fidèles, les encourager, ou aider les pasteurs dans la préparation des cultes.
    Il animait parfois des séances de prières et accompagnait les campagnes d’évangélisation organisées par sa communauté. Mais à l’époque, il devait concilier cette passion avec ses responsabilités professionnelles et familiales.

    « J’avais la conviction que ma mission irait au-delà de mon bureau, mais je ne pouvais pas encore tout lâcher », raconte-t-il.

    Cette double vie, entre fonctionnaire et serviteur de Dieu, a forgé son équilibre. Mais il savait que viendrait un jour où il devrait choisir.

    Ce jour arriva lorsqu’il prit sa retraite à 58 ans. Plutôt que de voir cette étape comme une fin, Jérôme y vit une seconde naissance.

    La retraite : un tremplin pour une vocation accomplie

    Dès les premières semaines de sa retraite, Jérôme ne s’est pas laissé aller à l’oisiveté.
    Tandis que certains de ses anciens collègues cherchaient encore à “tuer le temps”, lui se leva tôt, la Bible à la main, prêt à se consacrer à sa véritable mission : annoncer la bonne nouvelle.

    « J’ai toujours cru que la retraite n’est pas synonyme d’inactivité. C’est une période pour semer autrement », aime-t-il répéter.

    Avec la bénédiction de son pasteur principal, il s’est pleinement engagé comme diacre. Son rôle ? Assister les pasteurs, prêcher dans les quartiers périphériques, organiser des groupes de prière, et surtout, accompagner les âmes en quête d’espérance.

    Cette nouvelle mission lui a redonné un rythme, une raison de se lever chaque matin. « Chaque jour, je me sens utile. J’apporte un peu de lumière à ceux qui en ont besoin. Et c’est un bonheur que l’argent ne peut pas acheter », confie-t-il avec émotion.

    Deux nouvelles stations d’église : sa fierté

    Jérôme ne s’est pas contenté de prêcher. Il a aussi agi concrètement.
    Avec un petit groupe de fidèles motivés, il a contribué à la création de deux stations secondaires de son église dans la banlieue de Lomé : l’une à la périphérie de Ségbé et l’autre à Adidogomé-Klévé.

    Au début, ces missions semblaient impossibles. Il fallait trouver des terrains, mobiliser des volontaires, construire des abris pour les cultes, acheter des bancs, des bibles, et surtout garder la foi dans l’adversité.

    « Nous avons commencé nos réunions sous un hangar de fortune », se souvient Jérôme en riant.
    « Mais quand Dieu veut qu’une œuvre grandisse, Il ouvre les portes. »

    Aujourd’hui, ces deux stations accueillent chaque semaine des dizaines de fidèles. Des familles entières viennent y prier, des jeunes s’y forment, et plusieurs vocations y sont nées.
    C’est dans ces moments que Jérôme ressent la plus grande reconnaissance : celle de voir les fruits de ses efforts spirituels.

    Une famille unie autour de la foi

    Derrière ce diacre épanoui, il y a une famille tout aussi engagée.
    Sa femme Justine, 56 ans, est une fervente chrétienne et un pilier dans cette aventure. Elle dirige souvent les groupes de femmes, organise les œuvres caritatives et accompagne son mari dans les missions d’évangélisation à l’intérieur du pays.

    « Quand je vois mon mari prêcher avec autant de passion, je remercie Dieu de lui avoir donné cette énergie nouvelle », dit-elle avec fierté.

    Leur union repose désormais sur une complicité spirituelle plus forte que jamais. Ensemble, ils sillonnent les quartiers populaires pour apporter leur soutien moral et matériel à des familles démunies.

    Quant à leurs enfants, ils ne sont pas restés en marge de cette dynamique.
    Leur fils aîné, Jacques, 26 ans, a choisi de suivre les traces de son père : il suit actuellement une formation pastorale. Il espère un jour diriger une paroisse, peut-être même l’une des stations fondées par Jérôme.

    Son cadet, Joël, 24 ans, vient de décrocher un Master en gestion et a trouvé un emploi d’assistant de direction dans une entreprise locale. Bien qu’il évolue dans le monde professionnel, il consacre ses week-ends à l’église.

    « Mon père nous a appris que servir Dieu n’empêche pas de réussir dans la vie. Au contraire, cela donne du sens à nos efforts », témoigne-t-il.

    Les joies simples d’un diacre à la retraite

    Ce qui frappe chez Jérôme, c’est la simplicité de son bonheur.
    Là où certains retraités cherchent à combler un vide, lui a trouvé une plénitude.
    Chaque semaine, il planifie ses activités spirituelles : visites aux malades, réunions d’intercession, études bibliques et rencontres avec les jeunes couples.

    Il a troqué les réunions administratives contre les réunions de prière, les dossiers contre les versets bibliques. Et il ne regrette rien.

    « Le plus beau salaire, c’est la paix du cœur », répète-t-il souvent à ses anciens collègues qui viennent lui rendre visite.

    Certains d’entre eux, impressionnés par sa transformation, l’ont même rejoint à l’église. Jérôme les accueille avec bienveillance, sans jugement.
    « Chacun a son chemin vers Dieu, il suffit parfois d’une main tendue », dit-il avec humilité.

    Les défis d’une mission spirituelle

    Mais tout n’est pas facile. Le rôle de diacre demande du temps, de la patience et beaucoup de discernement.
    Jérôme le reconnaît : il a parfois dû faire face à la fatigue, à des critiques, ou à des incompréhensions.

    « Servir Dieu, ce n’est pas toujours une route sans embûches. Il faut savoir persévérer. »

    Malgré ces obstacles, il garde une foi inébranlable.
    Ses moments de doute, il les confie dans la prière. Et à chaque fois, il dit recevoir la force de continuer.
    Sa conviction profonde : la retraite n’est pas une fin de parcours, mais une opportunité d’accomplir sa véritable mission.

    Une leçon pour tous les retraités

    À travers le témoignage de Jérôme, se dessine un message universel : la retraite peut être un nouveau commencement, à condition de savoir où poser son cœur.
    Ceux qui voient cette étape comme une libération du temps peuvent la transformer en source d’épanouissement, en particulier lorsqu’ils la mettent au service des autres.

    « On ne vieillit pas quand on se donne aux autres. On rajeunit spirituellement », sourit Jérôme.

    Et il a raison. Son quotidien, rythmé par les visites pastorales, les cultes et les échanges fraternels, lui donne une vitalité que bien des jeunes lui envieraient.

    Un témoignage qui inspire

    Dans sa maison de Tokoin à Lomé, un modeste portrait trône sur le mur du salon : celui de Jérôme, micro en main, prêchant lors d’une croisade d’évangélisation.
    C’est plus qu’une photo, c’est un symbole. Celui d’un homme qui, après une vie de fonctionnaire dévoué, a décidé de se consacrer à un service encore plus grand : celui de l’âme humaine.

    Son histoire rappelle que la retraite n’efface pas les talents, elle les réoriente.
    Que le bonheur ne réside pas dans la richesse, mais dans la capacité à trouver sa mission intérieure.
    Et que servir les autres, quel que soit l’âge, demeure la plus belle façon de vivre.

    Comme quoi « Le véritable bonheur, c’est de semer des graines d’espérance dans le cœur des hommes. » – Proverbe africain

    Qu’en pensez-vous ?

    Et vous, comment envisagez-vous votre retraite ?
    Comme une fin, ou comme une nouvelle mission à accomplir ?
    L’histoire de Jérôme nous montre qu’il n’est jamais trop tard pour répondre à un appel, quel qu’il soit.
    Car chaque vie, à tout âge, peut encore devenir un instrument de lumière.

  • COMMENT UNE RETRAITEE TRANSFORME SA VIE PAR L’EDUCATION
    par Yao Arnaud
    18 octobre 2025

    L’arbre ne meurt pas quand il donne ses fruits, il vit à travers sa descendance

    Proverbe ghanéen

    Directrice et son mari devant les élèves

    L'enseignante qui a semé de « Bons Grains » à Lomé

    Il y a des histoires qui réconcilient avec la vie, des parcours qui rappellent que la retraite n’est pas une fin, mais une renaissance.
    L’histoire d’Akuélé, 63 ans, en est une éclatante illustration.
    Ancienne conseillère pédagogique dans l’Éducation nationale togolaise, elle aurait pu se contenter de profiter d’un repos bien mérité après plus de trente ans de carrière. Mais le destin – ou plutôt un revers inattendu – l’a poussée à écrire un nouveau chapitre de sa vie, plus vibrant encore que le précédent.

    Quand une épreuve devient une source d’opportunité

    C’était il y a huit ans. Abalo, son mari, cadre dans une entreprise de la place, perd soudain son emploi.
    Un choc pour le couple. Les factures s’accumulent, les enfants Toyi et Naka sont encore en train d’aider leurs propres familles, et la retraite d’Akuélé n’est pas encore effective.
    Beaucoup auraient cédé à la panique. Mais pas elle.
    Assise un soir dans le salon de leur maison du quartier Adidogomé à Lomé, Akuélé confie à Abalo :

    — « Et si on créait notre propre école ? Nous avons tout ce qu’il faut : l’expérience, l’amour des enfants, et surtout la foi. »

    Cette phrase allait changer leur vie.

    D’abord, il y eut l’incrédulité. Monter une école ? Sans capital important ? Avec un mari au chômage et une retraite encore à venir ?
    Mais Akuélé, forte de ses années de pédagogie, savait qu’elle pouvait bâtir quelque chose de solide, même à petite échelle.
    Elle commença à aménager une salle de classe sur leur terrain annexé à leur maison en classe pilote, avec à peine douze élèves la première année.
    C’était le début de l’aventure de l’école « Bons Grains ».

    Des débuts modestes, mais porteurs d’espérance

    Le nom de l’école n’a pas été choisi au hasard.
    Pour Akuélé, chaque enfant est une graine qui, bien plantée, peut produire des fruits exceptionnels.
    Elle voulait une école où les valeurs, la rigueur et la bienveillance seraient les piliers de la formation.

    Au début, Abalo s’occupait de la gestion administrative pendant qu’elle supervisait l’enseignement et le suivi pédagogique de l’enseignant volontaire qu’elle avait engagé.
    Les journées étaient longues, les revenus encore incertains, mais leur détermination était plus forte que tout.

    — « Ce n’était pas facile, se souvient Akuélé. Nous avions parfois du mal à payer les salaires des deux premiers instituteurs, les deux premières années. Mais je me disais toujours : les bons grains finissent toujours par pousser. »

    Et elle avait raison.
    Car en trois ans, la réputation de l’école commença à grandir. Les parents d’élèves du quartier et d'ailleurs, impressionnés par la qualité de l’enseignement et la discipline des enfants, commencèrent à recommander l’établissement.

    Une école devenue référence à Lomé

    Aujourd’hui, huit ans plus tard, « Bons Grains » est l’une des écoles les plus respectées de son quartier.
    Chaque année, les élèves de CM2 affichent un taux de réussite de 100 % à l’examen de fin de cycle primaire.
    Mieux encore, plusieurs d’entre eux figurent régulièrement parmi les meilleurs lauréats du secteur.

    — « Quand je vois mes élèves réussir, devenir les fiertés de leurs parents, je sens que ma mission continue même après ma retraite », dit-elle, un sourire empreint de tendresse au coin des lèvres.

    Cette réussite n’est pas le fruit du hasard.
    Akuélé a su bâtir une véritable culture d’excellence, où chaque enseignant est motivé, formé et valorisé.
    Elle organise régulièrement des ateliers de perfectionnement pédagogique et veille à ce que chaque classe soit bien équipée.

    Des revenus au service de la qualité et de la solidarité

    Contrairement à beaucoup d’entrepreneurs qui cherchent d’abord le profit, Akuélé a toujours considéré le revenu comme un moyen, pas une fin.
    Dès que les bénéfices ont commencé à croître, elle a investi non pas dans le luxe, mais dans l’amélioration des infrastructures : de nouvelles salles de classe, une petite bibliothèque, un espace de jeux pour les plus jeunes, et même un petit laboratoire de sciences pour les élèves de CM1 et CM2.

    Mais ce n’est pas tout.
    Les revenus de l’école servent aussi à améliorer les conditions de vie du personnel : primes, formations, et même soutien social pour les enseignants en difficulté.

    — « Une école ne se construit pas seule. Elle se construit avec des gens heureux de travailler pour un but noble », aime-t-elle répéter.

    Et son sens du partage dépasse les murs de l’école.
    Avec Abalo, elle soutient des familles démunies du quartier, notamment à la rentrée scolaire, en offrant des fournitures pour certains enfants méritants.
    Elle aide aussi ses enfants, Toyi et Naka, à mieux subvenir aux besoins de ses quatre petits-enfants.

    L’art de concilier expérience, foi et innovation

    Ce qui frappe chez Akuélé, c’est sa capacité à allier la sagesse de l’expérience et la modernité des méthodes.
    Elle n’est pas du genre à rester figée dans le passé.
    Malgré son âge, elle utilise volontiers les outils numériques pour suivre les résultats des élèves et communiquer avec les parents.
    Elle encourage ses enseignants à innover, à rendre les cours vivants, à utiliser des supports visuels et des jeux éducatifs.

    — « Nos enfants apprennent mieux quand on parle leur langage », dit-elle souvent.

    Deux fois par an, elle organise aussi des journées pédagogiques ouvertes où les parents assistent à des démonstrations de cours, des sketchs, des concours de dictée, ou encore des expositions d’objets fabriqués par les élèves.
    Ces moments renforcent le lien entre famille et école, et font de « Bons Grains » une véritable communauté d’apprentissage.

    Une retraite active, épanouie et exemplaire

    Trois ans après sa retraite officielle, Akuélé est une femme comblée.
    Non seulement elle s’est assurée une stabilité financière, mais elle vit aussi une retraite pleine de sens.

    — « Je me sens utile. Quand je vois la reconnaissance des parents, la joie des enfants, je me dis que j’ai bien fait de ne pas rester inactive. »

    Elle confie parfois qu’elle ne s’attendait pas à un tel succès.
    Ce projet, né d’une difficulté, est devenu une source d’épanouissement, un modèle de résilience féminine et entrepreneuriale.
    Et autour d’elle, de nombreuses femmes retraitées viennent chercher conseil, inspirées par son exemple.

    L’impact social d’une vision simple

    Ce que « Bons Grains » a semé dépasse les simples résultats scolaires.
    L’école a changé la dynamique du quartier.
    Les parents y voient un modèle d’éducation équilibré, alliant rigueur académique, discipline, mais aussi valeurs morales et spirituelles.
    Plusieurs anciens élèves, aujourd’hui au collège, reviennent souvent rendre visite à « Maman Akuélé » pour la remercier.

    — « Vous m’avez appris à croire en moi », lui a dit un jour un ancien élève devenu boursier dans un grand lycée de Lomé.
    Ce jour-là, Akuélé a pleuré. Pas de tristesse, mais de gratitude.

    Une leçon de vie : semer, c’est croire

    Dans une Afrique où la retraite est parfois synonyme de repli ou d’oubli, Akuélé incarne une autre vision : celle de la retraite active, utile et épanouissante.
    Elle montre que la vie professionnelle n’est pas une ligne droite qui se termine brutalement, mais un cycle de transmission.

    — « Quand j’ai fondé cette école, je n’avais pas d’ambition démesurée. Je voulais simplement que des enfants puissent apprendre dans un environnement sain, entourés d’amour et de discipline. Aujourd’hui, je vois que le nom ‘Bons Grains’ n’était pas un hasard. »

    Cette phrase résume tout.
    Akuélé a semé avec foi, arrosé avec patience, et récolté avec gratitude.

    Ce que nous pouvons apprendre d’Akuélé

    L’histoire d’Akuélé nous rappelle plusieurs vérités puissantes :

    1. L’expérience n’a pas d’âge d’expiration.
      À 55 ans, elle a osé créer une école. À 63 ans, elle la dirige encore avec la même énergie qu’une jeune entrepreneure.
    2. Les crises sont souvent des opportunités déguisées.
      Le licenciement de son mari a été le catalyseur d’une belle aventure éducative.
    3. L’impact compte plus que le profit.
      Akuélé a utilisé ses revenus non pour s’enrichir personnellement, mais pour enrichir la vie des autres.

    La retraite peut être un tremplin.
    Pour qui sait écouter son cœur, elle peut devenir la plus belle période de réalisation personnelle.

    Un héritage vivant

    Aujourd’hui, Akuélé rêve d’agrandir encore son école et d’ouvrir, à moyen terme, un collège « Bons Grains » pour accompagner ses élèves plus loin.
    Abalo, son fidèle compagnon, continue de s’occuper de la partie administrative.
    Le couple est devenu un symbole de complémentarité et de courage à Lomé.

    Dans son bureau décoré de photos de promotion et de dessins d’enfants, Akuélé médite souvent sur le chemin parcouru.
    Elle aime dire :

    — « Ce que j’ai semé dans le cœur des enfants, personne ne peut le voler. »

    Et vous, que semez-vous aujourd’hui ?

    Chaque jour, des retraités comme Akuélé rappellent qu’il n’est jamais trop tard pour entreprendre, pour transmettre, pour bâtir quelque chose de durable.
    L’école « Bons Grains » n’est pas seulement une institution : c’est le reflet d’une vie de dévouement, un jardin d’espérance où germent les futurs citoyens de demain.

    Et vous, si vous étiez à la place d’Akuélé, quelle graine choisiriez-vous de semer après votre retraite ?

  • LA RETRAITE LUMINEUSE D’UNE FEMME TISSEE DE COURAGE ET DE KENTE
    par Yao Arnaud
    12 octobre 2025

    Le kente n’est pas seulement porté, il est vécu.

    Adage Ghanéen

    « On ne cache pas un beau pagne, on le porte fièrement »

    Proverbe africain

    Commerçante dans sa boutique de Kente/Illustratif

    Comment une retraitée d’Accra a bâti un empire du kente

    À première vue, rien ne destinait Essi, aujourd’hui âgée de 60 ans, à devenir une entrepreneure reconnue au Ghana et au-delà.
    Pendant plus de trente ans, elle a mené une carrière stable dans une grande société commerciale d’Accra, Kingsway, où elle gérait les relations clients et les stocks de produits importés.
    Mais au fond d’elle, brûlait depuis toujours une autre passion : celle du kente, ce tissu royal aux couleurs éclatantes, symbole vivant de l’identité et de la dignité ghanéennes.

    Alors qu’elle approchait de la retraite, Essi a choisi de ne pas voir cette étape comme une fin, mais comme le début d’une nouvelle aventure.
    Aujourd’hui, quatre ans après avoir quitté son poste, elle gère un commerce florissant de kente qu’elle a commencé humblement, cinq ans auparavant, dans un petit local du quartier animé d’Osu.
    Et de ce petit point de départ est née une véritable success story à la ghanéenne — tissée de courage, de discipline et d’amour familial.

    Une passion ancienne devenue vocation

    « J’ai toujours aimé le kente, confie-t-elle avec un sourire paisible. Depuis ma jeunesse, j’étais fascinée par ses motifs, ses couleurs et sa symbolique. »
    Quand elle travaillait encore, elle achetait souvent des pagnes pour ses collègues ou ses amies.
    Elle connaissait les tisserands, les marchés, les tissus authentiques.
    Mais tout cela restait un plaisir du week-end, une passion intime qu’elle nourrissait discrètement, sans jamais imaginer qu’un jour, elle en ferait son métier.

    En 2019, alors que sa retraite approchait, Essi ressentit un vide intérieur : « Je ne voulais pas devenir une femme qui reste à la maison sans rien faire. J’avais besoin d’un projet qui me motive chaque matin. »
    C’est alors qu’elle décide d’investir une partie de ses économies dans quelques rouleaux de kente, soigneusement choisis auprès des meilleurs tisserands d’Agotime Kpetoe, berceau local du kente traditionnel.

    Elle loue un petit espace dans un centre commercial du milieu et commence à vendre, seule, quelques pièces à des clientes fidèles.
    Rapidement, le bouche-à-oreille fait son œuvre.
    Les commandes affluent. Les mariées, les associations culturelles, les artistes… tous veulent du kente de Essi.

    Du métier d’employée au métier d’artisane du bonheur

    Passer d’un emploi stable à une aventure commerciale n’a pas été facile.
    Les premiers mois, Essi a dû tout apprendre : la gestion du stock, les prix, les relations avec les artisans, le transport des marchandises.
    Mais sa longue expérience dans le commerce l’a aidée à faire les bons choix.

    « Ce que j’ai appris à mon ancien poste — la rigueur, le respect des délais, la satisfaction du client — m’a énormément servi dans mon entreprise. »

    Son secret ? La discipline.
    Elle arrive chaque matin vers 7 h 30 dans sa boutique, organise ses étals, photographie les nouvelles pièces, communique sur les réseaux sociaux et prépare les commandes à expédier vers Abidjan ou Lomé.
    Les jours de grande affluence, elle reçoit jusqu’à trente clients, souvent des femmes venues chercher des pagnes pour des cérémonies, des fêtes traditionnelles ou des événements religieux.

    Une aventure familiale tissée à quatre mains

    Mais la vraie force de Essi, c’est sa famille.
    Ses quatre enfants l’accompagnent dans cette aventure et ont fait de son commerce un projet collectif.

    • Yaaba, 23 ans, étudiante en gestion à l’Université d’Achimota au Ghana, s’occupe de la comptabilité et des relations clients.
    • Kwaku, 21 ans, étudiant en pharmacie, aide à la logistique et à la gestion des commandes en ligne.
    • Kobena et Abena, les jumeaux de 19 ans, jouent un rôle clé : le premier gère les livraisons locales et les publications sur les réseaux sociaux, tandis que sa sœur, encore en terminale, s’occupe de la vitrine et du contact direct avec les clientes, à ses temps libres.

    « Je voulais que mes enfants comprennent la valeur du travail et l’importance de créer quelque chose de concret, explique Essi. Travailler ensemble nous rapproche. »

    Les samedis, la boutique devient un lieu vivant et chaleureux.
    Certains des enfants viennent aider leur mère, ajustent les tissus sur les mannequins et accueillent les clients.
    Parfois, la famille déjeune sur place, partage un repas de kenke ou de jollof rice dans la bonne humeur.
    Chaque sourire, chaque vente, chaque client satisfait est une petite victoire partagée.

     Du Ghana à la diaspora : le kente voyage

    Grâce à la réputation grandissante de son travail, les affaires de Essi ont franchi les frontières.
    D’abord en Côte d’Ivoire et au Togo, où elle compte plusieurs revendeuses fidèles.
    Puis plus loin encore : des commandes régulières viennent de la diaspora ghanéenne à Londres, Paris, New York et Toronto.

    « J’adore recevoir des photos de clientes portant mes kente à des mariages à Londres ou des festivals à Paris, raconte-t-elle. C’est comme si un peu du Ghana voyageait avec elles. »

    Pour faciliter les ventes à l’international, ses enfants l’ont aidée à créer un compte Instagram et une page Facebook dédiés à sa marque.
    En quelques mois, ces pages ont attiré des centaines de followers, séduits par l’authenticité et la beauté de ses produits.

    Aujourd’hui, elle prépare même une collection spéciale pour les designers africains de la diaspora.
    « J’aime collaborer avec des stylistes qui modernisent le kente, sans trahir sa symbolique », confie-t-elle.

    Les défis d’une retraitée entrepreneure

    Comme tout entrepreneur, Essi a rencontré des obstacles.
    Les fluctuations des prix du coton, les retards de livraison, les taxes dans la chaine d’approvisionnement ou frais de transport, les clients impatients…
    Mais elle ne se laisse pas décourager.

    « Dans le commerce, il faut de la patience et du courage. Ce n’est pas tous les jours facile, mais c’est gratifiant. Je me sens utile, active et vivante. »

    Certains de ses amis retraités s’étonnent encore de son énergie.
    Beaucoup, fatigués après leur carrière, préfèrent se reposer.
    Mais elle leur répond toujours avec bienveillance :

    « Le repos, c’est bon… mais trop de repos, c’est la mort du rêve. »

    Pour elle, la retraite n’est pas une pause, mais une renaissance.

    Une leçon d’inspiration pour toutes et tous

    L’histoire de Essi inspire de plus en plus de femmes, au Ghana et ailleurs.
    Elle participe régulièrement à des rencontres d’entrepreneures, où elle partage son parcours.
    Elle y raconte comment, avec un petit capital et beaucoup de détermination, elle a su bâtir une entreprise prospère.

    Son message est simple et puissant :

    « Ce n’est jamais trop tard pour commencer. Même après 50 ou 60 ans, on peut entreprendre, apprendre, réussir. »

    Elle encourage particulièrement les femmes à utiliser leurs compétences acquises pendant leur carrière pour créer quelque chose de nouveau.
    Pour elle, l’expérience professionnelle est un trésor que beaucoup ignorent.
    « Tout ce que j’ai appris dans ma vie de salariée me sert aujourd’hui : la rigueur, la communication et la gestion. »

    Et elle ajoute souvent, en riant :

    « La différence, c’est que maintenant, je travaille pour moi. Et c’est bien plus motivant ! »

    Le symbole du kente : plus qu’un tissu, une philosophie

    Pour Essi, le kente n’est pas seulement un produit à vendre.
    C’est un symbole fort.
    Chaque motif raconte une histoire : la sagesse, la bravoure, la patience et la gratitude…
    Elle explique volontiers à ses clientes la signification de leurs choix de motifs et de couleurs.

    « Quand une femme porte du kente, elle porte une partie de notre histoire, une fierté africaine. »

    Cette approche culturelle et émotionnelle a fait toute la différence.
    Ses clientes ne viennent pas seulement acheter un tissu : elles viennent vivre une expérience.
    Et c’est là que réside la véritable magie de son commerce.

    Une retraite active et heureuse

    Aujourd’hui, Essi dit vivre « sa meilleure vie ».
    Son commerce la garde jeune, entourée, et connectée au monde.
    Elle se sent utile, fière et respectée.
    Grâce à ses revenus, elle subvient aux besoins de ses enfants, finance leurs études et soutient même certains parents âgés dans son village natal. Elle rêve désormais d’ouvrir une grande boutique-atelier à Accra, où les clients pourraient voir sur place comment le kente est tissé, du fil brut jusqu’au tissu final.
    « Ce serait une façon de valoriser nos artisans et d’enseigner aux jeunes la beauté de ce métier. »

    Le fil doré de la sagesse

    L’histoire de Essi est celle d’une femme qui n’a pas attendu que la vie lui dicte son rythme.
    Elle a choisi, tissé, et bâti son propre motif — à l’image du kente qu’elle chérit.
    Sa vie nous enseigne que le courage et la passion peuvent transformer la retraite en une aventure pleine de sens.

    À 60 ans, elle incarne la femme africaine moderne : enracinée dans la tradition, ouverte sur le monde, indépendante et inspirante.

    « Tant que tes mains peuvent créer et ton cœur rêver, la retraite n’est qu’un nouveau départ. »


    Et votre avis ?

    Si vous étiez à la place de Essi, quelle passion ou savoir-faire aimeriez-vous transformer en projet après la retraite ?
    Que tisseriez-vous de nouveau dans le grand tissu de votre vie ?
    Partagez vos réflexions — car chaque histoire, comme chaque kente, mérite d’être tissée et transmise.

  • DE BANQUIERE A RETRAITEE FLORISANTE EN PERLES
    par Yao Arnaud
    6 octobre 2025

    La perle est sans valeur dans sa propre coquille

    Proverbe indien

    Akos, revendeuse de perles/Illustratif

    Il est des histoires qui brillent comme les perles qu’elles évoquent. Celle d’Akos en fait partie.
    A 58 ans, cette Ghanéenne au sourire calme et au regard pétillant incarne la beauté d’une reconversion réussie.
    Après une carrière bien remplie dans une grande banque d’Accra, Akos a choisi la retraite anticipée. Non pas pour s’asseoir dans une chaise longue et attendre le temps qui passe, mais pour reprendre le flambeau d’un héritage maternel : le commerce des perles traditionnelles.

    Une histoire de transmission d’héritage

    « Ma mère, raconte Akos, a commencé à vendre des perles quand j’étais encore à l’école primaire.
    Petite, je l’accompagnais parfois au marché de Makola.
    Je la regardais discuter, négocier, expliquer la signification de chaque perle avec une passion que j’admirais. »

    Longtemps, cette activité n’a été pour Akos qu’un souvenir d’enfance.
    En intégrant la banque, elle s’est plongée dans les chiffres, les rapports de gestion, les audits internes, les réunions à n’en plus finir.
    Sa vie semblait tracée : carrière stable, revenus sûrs, prestige professionnel.

    Mais au fil des années, quelque chose s’est mis à lui manquer.
    « Je sentais qu’il me manquait une forme de liberté. J’aimais mon métier, mais j’avais l’impression de vivre enfermée dans un cadre rigide. J’enviais souvent ma mère, avec son indépendance, sa clientèle fidèle et sa manière de créer le lien avec les gens. »

    Le déclic : quand la tradition appelle

    Le déclic s’est produit il y a cinq ans.
    Sa mère, vieillissante, ne pouvait plus gérer le commerce.
    Elle proposa alors à sa fille de prendre la relève.
    Au début, Akos hésita : « Moi, une cadre bancaire, me retrouver au marché ? Je craignais le regard des autres. »

    Mais la passion finit par l’emporter.
    Pendant ses week-ends, elle commença à aider sa mère, renouant avec le contact direct avec la clientèle, la beauté des perles, leur symbolique culturelle.
    Rapidement, elle y prit goût.
    Et lorsqu’une opportunité de retraite anticipée s’offrit à elle, elle n’hésita plus.

    Les débuts d’une nouvelle aventure

    Les premiers mois furent un mélange d’excitation et de défis.
    Akos réaménagea l’ancienne boutique familiale.
    Elle conserva son authenticité, mais y ajouta une touche moderne : présentoirs en verre, enseigne élégante et emballages raffinés.
    « Je voulais que nos perles parlent autant à la jeune génération qu’aux amoureuses de tradition », explique-t-elle.

    Grâce à ses compétences en gestion et en finance, Akos fit rapidement prospérer l’affaire.
    Elle mit en place un suivi comptable rigoureux, une base de données clients, et lança même une page Instagram pour exposer ses créations.
    Peu à peu, la clientèle s’élargit.
    Des Ghanéennes de la diaspora, des touristes et des jeunes étudiantes fascinées par la culture locale commencèrent à affluer.

    Une famille unie autour des perles

    Si Akos rayonne aujourd’hui, c’est aussi grâce à sa famille.
    Son mari, Sam, un homme posé et discret, la soutient dans toutes ses décisions.
    Il s’occupe parfois de la logistique et de la livraison des commandes.
    « Sam me taquine souvent en disant que j’ai troqué la banque contre une autre forme de capital : le capital humain ! » rit-elle.

    Mais la plus grande fierté d’Akos, ce sont ses trois enfants.

    • Kodjo, 24 ans, termine ses études universitaires à Londres. Il rêve de devenir analyste financier, mais promet à sa mère de l’aider à digitaliser son commerce.
    • Louisa, 22 ans, étudie la finance et l’assurance à Accra. Elle est celle qui conseille Akos sur les placements et les budgets.
    • Et enfin Enyon, 19 ans, la benjamine, étudiante en management, qui aide sa mère dès qu’elle en a l’occasion : inventaire, communication, création de contenu…
      « J’apprends à gérer, à écouter les clients, à valoriser nos perles, raconte-t-elle. Maman dit que je suis son atout caché ! »

    Grâce à ce soutien familial, Akos vit une seconde jeunesse.
    Ses revenus lui permettent non seulement de financer les études de ses enfants, mais aussi de contribuer aux charges familiales, sans dépendre de sa pension de retraite.
    Une indépendance qu’elle chérit profondément.

    Les perles : plus qu’un commerce, une mission culturelle

    Pour Akos, vendre des perles n’est pas une simple activité économique.
    C’est une mission culturelle et spirituelle.

    « Chaque perle raconte une histoire. Dans notre tradition, elles symbolisent la beauté, la dignité et la féminité.
    Elles accompagnent la femme à chaque étape de sa vie : la naissance, le mariage, la maternité, la maturité, deuil…
    Je veux que les jeunes générations comprennent cela. »

    Elle organise désormais des ateliers éducatifs pour les jeunes filles d’Accra, où elle leur explique l’origine, la signification et les usages des perles.
    Ces moments d’échanges sont devenus des rendez-vous prisés.
    Certaines écoles invitent même Akos pour parler de l’entrepreneuriat féminin et de la valorisation du patrimoine africain. « C’est ma manière à moi de transmettre. J’ai reçu ce savoir de ma mère, je le transmets à d’autres. Et si une jeune fille découvre à travers mes mots qu’elle peut, elle aussi, créer sa voie, alors j’aurai accompli ma mission. »

    Quand la passion devient source de prospérité

    Beaucoup pensent qu’un commerce de perles ne peut être rentable.
    Akos prouve le contraire.

    En trois ans, elle a doublé son chiffre d’affaires.
    Elle exporte désormais ses créations vers le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis, grâce à des partenariats avec des boutiques afro-culturelles.
    Elle prépare même une ligne premium de perles personnalisées, destinée aux cérémonies de mariage et aux défilés de mode.

    « J’ai compris qu’il faut allier passion et stratégie, dit-elle.
    Les perles, c’est l’âme de mon entreprise. Mais la gestion, c’est le moteur. » Son secret ?
    Une discipline acquise à la banque : gestion des flux, négociation et prévision.
    Mais aussi une ouverture d’esprit : savoir s’adapter à un marché en évolution.
    « Aujourd’hui, les clientes veulent acheter en ligne, recevoir des conseils de style, découvrir les histoires derrière les perles. J’ai dû me former à tout cela. »

    Le regard d’une femme accomplie

    Quand on lui demande si elle ne regrette pas sa vie de cadre, Akos sourit.

    « Je n’ai aucun regret.
    À la banque, j’étais respectée, mais mon emploi du temps ne m’appartenait pas.
    Aujourd’hui, je me sens libre. Je décide de mes horaires, je crée, je voyage pour chercher de nouvelles perles, je rencontre des gens inspirants. »

    Cette liberté retrouvée se reflète sur son visage : sérénité, confiance et gratitude.
    Et même si tout n’a pas été facile — gestion du stock, concurrence et importation fluctuante — Akos voit dans chaque défi une occasion d’apprendre.
    « Le commerce, dit-elle, c’est l’école de la patience et de la foi. »

    La sagesse d’une retraitée entreprenante

    Akos aime partager son expérience avec d’autres femmes proches de la retraite.
    Beaucoup la sollicitent pour savoir comment oser se lancer.
    Sa réponse est toujours la même :

    « La retraite n’est pas la fin d’une vie active. C’est le début d’une vie choisie. »

    Elle encourage chacun à se reconnecter à ses passions enfouies, à ces rêves mis de côté par le rythme du travail.
    « Vous avez accumulé des compétences, des relations, une expérience. Pourquoi ne pas les mettre au service d’un projet qui vous ressemble ? »

    Elle sourit en ajoutant :
    « Si moi, l’ex-cadre en tailleur strict, j’ai pu devenir vendeuse de perles et entrepreneure épanouie, tout le monde peut le faire ! »

    Vers un avenir encore plus lumineux

    L’avenir d’Akos s’annonce radieux.
    Elle projette d’ouvrir un atelier-boutique dans un quartier touristique d’Accra, où les visiteurs pourront voir en direct la fabrication des colliers, bracelets et parures.
    Elle souhaite aussi former des jeunes femmes sans emploi à la création de bijoux, pour leur offrir une autonomie financière.

    « Ce que ma mère m’a transmis, je veux le multiplier.
    Je veux que d’autres femmes vivent de leur talent, de leurs mains. »

    Sa fille Enyon rêve déjà de reprendre l’entreprise plus tard, avec une vision plus internationale.
    « Ce serait un beau symbole : trois générations de femmes, unies par la même passion pour les perles », confie Akos, les yeux brillants.

    Une leçon de vie pour nous tous

    L’histoire d’Akos n’est pas seulement celle d’une réussite individuelle.
    C’est une leçon universelle : celle du courage de changer de cap, de redonner du sens à sa vie, et de redéfinir la réussite au-delà du statut ou du salaire.

    Elle nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer.
    Que la retraite peut devenir une renaissance, si on choisit d’y mettre de la passion, du cœur et de la vision.

    Comme le dit Akos :

    « Les perles ne brillent que lorsqu’on les expose à la lumière. Il en est de même pour nos talents. »


    Qu’en est-il pour vous ?

    Et si, à votre tour, vous osiez redonner vie à une passion enfouie ?
    Et si votre retraite devenait le plus beau chapitre de votre vie active ?

    Akos, elle, en est la preuve vivante :
    une femme épanouie, libre, et rayonnante comme les perles qu’elle vend.

  • LE RETRAITÉ, UN CONSULTANT EXPÉRIMENTÉ
    par Yao Arnaud
    30 septembre 2025

    Une retraite est plus belle lorsqu’elle sourit au présent et son repos plutôt que de regarder le passé et son bilan

    Jacques Nteka Bokolo

    Le retraité avec une audience jeune

    Quand on évoque la retraite, beaucoup pensent à une vie ralentie, faite de promenades tranquilles, de siestes et de longues soirées à regarder le temps filer. Mais pour Abalo, 62 ans, ancien cadre d’une organisation internationale de développement, la retraite n’a rien eu d’une fin. Bien au contraire : elle a marqué le début d’une deuxième carrière aussi palpitante qu’épanouissante.

    Son histoire, riche de rebondissements et d’enseignements, démontre qu’avec de la préparation, de l’audace et la volonté de partager ses compétences, la retraite peut devenir une nouvelle jeunesse.

    La carrière d’un bâtisseur de projets

    Pendant vingt-cinq ans, Abalo a travaillé dans une organisation de développement réputée au Togo. À travers son poste de cadre supérieur, il a participé à l'élaboration et la mise en œuvre des projets qui ont transformé des communautés entières en Afrique : infrastructures rurales, programmes de formation, accompagnement des PME locales.

    Chaque mission l’amenait à voyager, à rencontrer des décideurs, des chefs d’entreprises, des jeunes entrepreneurs et des communautés de terrain. Année après année, il accumulait une richesse inestimable : une expérience pratique et stratégique unique, mais aussi un carnet d’adresses solide. Quand l’heure de la retraite a sonné, Abalo n’était pas inquiet, mais il se demandait ce qu’il allait bien pouvoir faire de cette énergie qui l’habitait encore. Avait-il envie de se contenter de cultiver son jardin et de jouer au grand-père ? Pas vraiment. Très vite, il a trouvé une réponse claire : mettre son expertise au service du continent en tant que consultant indépendant.

    Une renaissance professionnelle inattendue

    Dès les premiers mois de sa retraite, les appels ont commencé à pleuvoir. Des organisations, publiques comme privées, sollicitaient son savoir-faire. En quelques semaines, son agenda ressemblait à celui d’un ministre.

    « Je croyais que ma retraite serait synonyme de calme. Mais j’ai vite réalisé que la demande pour des profils comme le mien était énorme. Je suis parfois plus occupé qu’avant ! », confie-t-il avec un sourire.

    Aujourd’hui, Abalo enchaîne les missions de conseil à travers le continent africain : audit de projets, élaboration de stratégies de développement, accompagnement de jeunes entreprises sociales. Ces missions sont non seulement juteuses financièrement, mais elles lui apportent surtout un sentiment profond d’utilité.

    « Je ne suis pas en train de m’accrocher à un passé. Je suis en train de créer un présent qui a du sens. C’est ça qui me garde vivant et enthousiaste. »

    Le soutien et les frustrations de la famille

    Dans cette aventure, sa femme Nadège joue un rôle central. C’est elle qui veille à maintenir l’équilibre entre la vie professionnelle trépidante de son mari et les besoins affectifs de la famille.

    Leurs quatre enfants, eux aussi, observent avec admiration cette nouvelle vie. Biova, l’aînée déjà mariée, admire la détermination de son père. Tona et Esso, étudiants, y voient un modèle de persévérance. Quant au benjamin, Junior, encore en terminale de management à Lomé, il rêve déjà d’emboîter le pas à son père.

    Mais tout n’est pas rose. Les voyages fréquents d’Abalo suscitent parfois des frustrations. Nadège et les enfants regrettent ces absences prolongées, ces anniversaires manqués, ces moments de partage interrompus.

    « Papa, tu es toujours entre deux avions ! » lance souvent Junior, mi-sérieux, mi-amusé.

    Abalo reconnaît cette tension. Mais il insiste : « Je fais tout cela aussi pour vous. Mon travail m’épanouit, mais il nous permet aussi de maintenir un niveau de vie confortable, de financer vos études, et de rester dans une dynamique positive. »

    Une retraite qui n’en est pas vraiment une

    L’un des paradoxes de la vie d’Abalo est qu’il oublie souvent qu’il est à la retraite. Sa semaine type ressemble à celle d’un consultant en plein milieu de carrière : appels internationaux, rapports stratégiques à préparer, ateliers à animer, conférences à donner.

    « Parfois, je dois me rappeler que j’ai quitté officiellement mon poste. Mais la vérité, c’est que je me sens encore actif, encore debout, encore utile. Et cela, c’est une grande victoire personnelle. »

    Ce choix de rester actif n’est pas qu’une question financière. Certes, les honoraires confortables lui permettent de bien vivre, mais ce qui le motive vraiment, c’est la valorisation de son expérience.

    Il a passé un quart de siècle à résoudre des problèmes complexes, à fédérer des équipes multiculturelles, à implémenter des projets ambitieux. Aujourd’hui, il se réjouit de transmettre ce bagage à une nouvelle génération de dirigeants, d’entrepreneurs et de décideurs.

    Le bonheur d’élargir ses horizons

    Chaque mission est aussi une opportunité d’élargir ses relations. À Abidjan, à Dakar, à Nairobi, à Accra, Abalo noue de nouveaux contacts. Des rencontres fortuites deviennent souvent des amitiés durables.

    « À 62 ans, je vis une seconde jeunesse sociale. Je découvre de nouveaux horizons, de nouvelles cultures, de nouvelles façons de voir le monde. Cela m’empêche de sombrer dans la monotonie et me garde alerte. »

    Ce réseau grandissant est pour lui une véritable richesse. Car plus que les honoraires, ce sont les relations humaines qui nourrissent son enthousiasme. Il dit souvent : « Chaque mission est une école. Et moi, je continue d’apprendre chaque jour. »

    Les leçons de l’expérience d’Abalo

    Le témoignage d’Abalo regorge d’enseignements pour tous ceux qui approchent la retraite :

    1. Ne jamais sous-estimer sa valeur. Les années accumulées dans un domaine font de vous une ressource précieuse.
    2. Préparer sa sortie. Avant de quitter son poste, Abalo avait déjà réfléchi à comment il pourrait réutiliser son expérience.
    3. Rester actif. La retraite n’est pas synonyme d’inactivité, mais peut être l’occasion de redéfinir ses priorités.
    4. Cultiver son réseau. C’est souvent le carnet d’adresses accumulé au fil des ans qui ouvre les portes des nouvelles opportunités.

    Impliquer la famille. Même si les absences sont parfois lourdes, la transparence et le dialogue permettent de maintenir la cohésion familiale.

    Un modèle pour les générations futures

    Pour ses enfants, Abalo est plus qu’un père. Il est un modèle de discipline, de courage et de persévérance. « Papa nous montre que la retraite n’est pas une fin, mais une transformation », confie Tona.

    Même Nadège, qui regrette parfois ses voyages, reconnaît que cette vie active donne à son mari un rayonnement particulier. « Il revient toujours avec des histoires nouvelles, des expériences enrichissantes, des idées pleines de fraîcheur. On sent qu’il est heureux, et c’est ce qui compte le plus. »

    Junior, le benjamin, conclut souvent en plaisantant : « Si la retraite c’est ça, alors j’ai hâte d’y être moi aussi ! »

    La retraite, un début et non une fin

    L’histoire d’Abalo est un témoignage puissant : la retraite ne marque pas forcément la fin d’une vie professionnelle. Pour certains, elle peut être le tremplin vers une nouvelle aventure, plus libre, plus choisie, plus épanouissante.

    À 62 ans, il continue d’écrire de nouvelles pages de son histoire, non plus comme un salarié, mais comme un acteur indépendant, respecté et sollicité. Et même si ses proches aimeraient parfois le voir davantage à la maison, tous reconnaissent que sa vitalité et son engagement sont une source d’inspiration.

    Alors, si vous vous approchez de la retraite et que vous craignez de tomber dans l’ennui, souvenez-vous d’Abalo. Son parcours prouve qu’il est possible de transformer cette étape en une renaissance professionnelle et personnelle.

    Et vous, comment imaginez-vous votre retraite ? Comme une pause… ou comme le début d’une nouvelle aventure ?

  • LE RETRAITE, DEBORDE AUDITEUR D’ENTREPRISE
    par Yao Arnaud
    22 septembre 2025

    La connaissance nous assure une retraite confortable et nécessaire lorsque nous prenons de l’âge.

    Philip D. Stanhope Chesterfield

    Discussion entre auditeur et son assistant/Illustratif

    Quand on évoque le mot « retraite », la plupart des gens imaginent immédiatement une vie paisible, rythmée par des promenades, des repas en famille et quelques voyages. Mais pour Daouda, ex-assistant dans un cabinet d’audit financier de renommée internationale, la retraite a pris une tournure complètement inattendue. A 56 ans, un an après avoir quitté son poste officiel, il affirme avec un large sourire : « Je suis submergé de travail comme jamais auparavant. »

    Et le plus surprenant, c’est qu’il dit cela sans se plaindre, mais avec fierté et enthousiasme. Car sa nouvelle vie est la preuve vivante que la retraite n’est pas forcément synonyme de ralentissement, mais peut être une formidable opportunité de réinvention.

    Une carrière bien remplie, une expertise recherchée

    Durant plus de trente ans, Daouda a travaillé dans l’un des plus grands cabinets d’audit financier de la place. Jour après jour, il a accompagné des entreprises locales et internationales, naviguant entre bilans, états financiers et stratégies fiscales. À force d’expérience, il est devenu un professionnel respecté, reconnu pour sa rigueur, son sens du détail et sa capacité à simplifier des problématiques complexes. Mais lorsqu’il a pris sa retraite anticipée, il pensait, comme beaucoup, profiter d’un repos bien mérité. Il n’imaginait pas une seconde que sa boîte mail et son téléphone allaient se mettre à vibrer sans cesse quelques semaines plus tard. Des PME, des commerçants, des jeunes entrepreneurs… tous frappaient à sa porte avec la même demande : « Monsieur Daouda, pouvez-vous nous aider ? »

    Un marché en manque d'avérées compétences

    C’est alors que Daouda a pris conscience d’une réalité frappante : le marché local souffre d’un manque énorme de fortes compétences en matière d’audit et de conseil fiscal. Les grands cabinets existent, certes, mais leurs honoraires sont souvent hors de portée des petites structures.

    Les entrepreneurs locaux, eux, cherchent des experts capables de les conseiller efficacement sans les ruiner. Et Daouda, avec son expérience et sa crédibilité, est apparu comme la solution idéale.

    « Quand je travaillais encore au cabinet, je n’avais pas idée que la demande était aussi forte, » confie-t-il. « Je pensais que tout était saturé, qu’il fallait être une grande structure pour trouver des clients. Mais à la retraite, j’ai découvert un océan d’opportunités. »

    Une « retraite » transformée en activité florissante

    Aujourd’hui, Daouda accompagne une multitude d’entreprises : petites sociétés de transport, start-up de services numériques, importateurs, commerçants… Ses prestations vont de la tenue des comptes à l’optimisation fiscale, en passant par la stratégie financière.

    Les honoraires générés dépassent largement ce qu’il espérait. De quoi financer confortablement ses besoins, soutenir ses deux enfants — Ahmed, 22 ans, et Abdoulaye, 19 ans — inscrits dans une prestigieuse école internationale de business à Abidjan, et même venir régulièrement au secours de sa grande famille élargie.

    « Je n’ai jamais eu l’impression d’être riche, mais aujourd’hui je peux aider mes proches sans me sentir étranglé, » explique-t-il.

    Quand la demande dépasse l’offre : créer des opportunités pour les jeunes

    Rapidement, Daouda s’est trouvé face à un défi inattendu : la demande devenait trop forte pour qu’il puisse l’assumer seul. Plutôt que de refuser du travail, il a choisi une autre voie, porteuse de sens : recruter des jeunes étudiants en fin de formation et en quête d’emploi.

    Ces derniers, souvent issus d’écoles de commerce ou de comptabilité, l’assistent dans ses missions. Ils apprennent auprès de lui, découvrent les réalités du terrain et acquièrent une expérience précieuse.

    « Quand j’étais étudiant, j’aurais rêvé d’avoir un mentor qui me confie de vraies responsabilités. Aujourd’hui, je peux offrir cela à la jeunesse. Et en même temps, je ne me sens pas seul dans ce tourbillon de dossiers, » dit-il avec un brin de fierté. Ainsi, la retraite de Daouda est devenue un tremplin non seulement pour lui, mais aussi pour toute une génération de jeunes professionnels.

    Une famille soudée autour de ce nouveau départ

    Dans cette aventure, Daouda n’est pas seul. Son épouse Maï, gestionnaire d’une boutique de tissus, partage sa joie de voir son mari épanoui. « Je le trouve plus vivant que jamais, » confie-t-elle. « Il pensait se reposer, mais en réalité, il a trouvé un nouveau souffle. Et moi, je me réjouis de le voir heureux, actif et utile. »

    Le couple se complète parfaitement : pendant que Maï gère sa boutique, Daouda jongle avec les chiffres. Le soir, ils se retrouvent pour échanger sur leurs journées respectives, parfois en riant des anecdotes cocasses de leurs clients. Pour leurs enfants, Ahmed et Abdoulaye, c’est aussi une source d’inspiration. Voir leur père continuer à se surpasser après sa retraite leur rappelle que la réussite n’a pas d’âge et que l’apprentissage est un chemin sans fin.

    De l’expert au mentor : un rôle nouveau et gratifiant

    Ce qui motive le plus Daouda aujourd’hui, ce n’est pas seulement l’argent. C’est le rôle de mentor qu’il joue auprès des jeunes qu’il encadre.

    Il leur apprend non seulement à manier les chiffres, mais aussi à développer l’éthique professionnelle, la ponctualité, la communication avec les clients et la gestion des imprévus.

    « Ce n’est pas seulement un travail, c’est une mission, » dit-il. « Transmettre ce que j’ai appris, éviter aux jeunes les erreurs que j’ai commises, c’est la plus belle des récompenses. »

    Une retraite active, pleine de sens

    L’histoire de Daouda nous rappelle une chose essentielle : la retraite n’est pas une fin, mais une transition. Pour certains, elle est synonyme de repos. Pour d’autres, comme lui, elle ouvre un champ de possibilités insoupçonnées.

    Il aurait pu choisir de voyager, de se consacrer uniquement à ses loisirs ou de rester dans l’ombre. Mais il a préféré répondre à l’appel du marché, mettre ses compétences au service des autres, et en même temps, trouver un épanouissement nouveau. Et au fond, n’est-ce pas cela, la vraie réussite ? Continuer à se sentir utile, tout en assurant sa sécurité financière et en inspirant les générations futures.

    Leçon à tirer de l’histoire de Daouda

    Beaucoup de personnes approchant la retraite redoutent ce moment, comme une rupture brutale avec le monde actif. Elles se demandent : « Que vais-je faire de mes journées ? » Mais l’exemple de Daouda montre que la retraite peut être une renaissance.

    Ses conseils aux futurs retraités sont simples :

    1. Identifiez vos compétences clés : celles qui sont rares et recherchées.
    2. Osez tester le marché : parfois, les besoins sont là où on ne les attend pas.
    3. Ne craignez pas d’être débordé : cela signifie que vous êtes utile.
    4. Impliquez les jeunes : déléguer, c’est former et créer de la valeur pour l’avenir.
    5. Faites ce qui vous passionne : la motivation ne s’éteint pas avec l’âge, elle se transforme.

    Quelle retraite voulez-vous ?

    A travers son parcours, Daouda incarne l’idée qu’une carrière ne s’arrête pas avec la retraite, elle peut même se réinventer de façon plus libre et plus gratifiante. Ce qu’il vit aujourd’hui est la preuve que l’expérience accumulée au fil des années peut se transformer en une richesse inestimable pour soi et pour les autres.

    Sa femme se réjouit, ses enfants sont inspirés, sa communauté en bénéficie, et lui, il se sent plus vivant que jamais.

    Alors, la vraie question est la suivante : quand viendra votre tour, choisirez-vous la retraite comme un arrêt… ou comme un nouveau départ ?

  • RETRAITEE, REINE DU BAZIN !
    par Yao Arnaud
    13 septembre 2025

    Les enfants du forgeron n’ont pas peur des étincelles

    Proverbe danois

    Hawa, Bazin/Illustratif

    Hawa, à seulement 58 ans, illustre à merveille qu’une retraite n’est pas synonyme de ralentissement ou de déclin. Au contraire, pour elle, c’est le début d’une seconde vie, plus riche et plus épanouissante. Ancienne assistante de direction d’une société internationale représentée au Mali, elle a pris sa retraite anticipée il y a deux ans. Mais loin de se contenter d’un repos mérité, elle a choisi de plonger corps et âme dans une activité qui lui tenait déjà à cœur : le commerce de bazin.

    Ce tissu noble, coloré et raffiné, symbole d’élégance en Afrique de l’Ouest, était depuis longtemps l’âme de la petite entreprise familiale. Ses parents lui avaient transmis non seulement le savoir-faire, mais aussi les valeurs d’honnêteté et de travail acharné. Hawa, qui aidait régulièrement à gérer cette activité pendant qu’elle travaillait encore dans son entreprise, a naturellement pris le relais.

    Aujourd’hui, elle est devenue une commerçante prospère, reconnue non seulement à Bamako mais aussi dans plusieurs capitales africaines et même hors du continent. Son parcours est un exemple vivant pour ceux qui pensent que la retraite marque la fin des ambitions.

    Des débuts marqués par la rigueur et la patience

    Travailler pour une société internationale avait forgé chez Hawa un sens aigu de l’organisation, de la rigueur et de la discipline. Ces qualités, elle les a mises au service de l’entreprise familiale. Déjà, pendant ses années de travail, elle passait une partie de son temps libre à aider ses parents et ses frères et sœurs dans la boutique de bazin. Elle négociait avec les clients, s’occupait de l’inventaire et gérait parfois les relations avec les fournisseurs.

    Cette expérience parallèle a été sa véritable école d’entrepreneuriat. Elle savait que le jour où elle prendrait la relève, elle ne partirait pas de zéro. Lorsque la retraite anticipée s’est présentée comme une opportunité – fatigue accumulée, désir de liberté et volonté de donner plus de temps à sa famille – elle n’a pas hésité. Elle a vu dans ce moment une chance de se consacrer totalement à son propre projet.

    La renaissance d’une tradition familiale

    En reprenant l’activité de ses parents, Hawa a su moderniser sans trahir. Le bazin reste au centre de son commerce, mais elle a développé de nouvelles méthodes de vente et d’écoulement.

    1. La diversification des canaux : elle ne se limite pas au marché local de Bamako. Grâce à ses contacts et à sa maîtrise des outils modernes de communication, elle a su établir des relations commerciales avec des partenaires en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, mais aussi en France, en Belgique et même en Autriche, d’où elle importe certaines variantes de tissus très prisés.
    2. Un marketing de bouche-à-oreille amplifié : Hawa mise sur la satisfaction des clients. Chaque cliente qui porte ses habits devient une ambassadrice. Les couleurs vives, la qualité irréprochable du tissu et la finesse des finitions parlent d’elles-mêmes.
    3. Une relation humaine forte : elle ne vend pas seulement un produit, elle partage une histoire. Chaque pièce de bazin raconte un bout de tradition africaine et de fierté culturelle. Hawa sait valoriser cette dimension dans ses échanges.

    Une prospérité au service de sa famille

    Le succès de son commerce n’est pas seulement une réussite personnelle, il profite directement à ses proches.

    Son mari et surtout ses trois enfants, qu’elle chérit particulièrement, sont au cœur de ses préoccupations :

    • Aminata, 27 ans, jeune mariée, bénéficie du soutien de sa mère dans ses projets de foyer. Hawa n’hésite pas à l’aider financièrement pour s’installer confortablement.
    • Habib, 25 ans, lui aussi marié, trouve auprès de sa mère un appui moral et matériel. Elle est présente à chaque étape importante de sa vie.
    • Fanta, 22 ans, est encore étudiante en Management de Commerce International à Paris. Hawa prend plaisir à financer ses études et à lui envoyer régulièrement de quoi bien vivre. Elle considère l’éducation de ses enfants comme l’investissement le plus noble.

    À cela s’ajoute la joie immense qu’elle éprouve auprès de ses deux petits-fils. Ils sont la lumière de ses jours, et elle ne manque jamais une occasion de leur offrir des cadeaux. Pour elle, voir leurs sourires est une récompense bien plus précieuse que les bénéfices financiers.

    Une vie de transmission et de partage

    Au-delà de sa réussite matérielle, ce qui distingue vraiment Hawa, c’est son envie de transmettre. Consciente que beaucoup de jeunes maliens cherchent leur voie, parfois tentés par l’exode ou découragés par le manque d’opportunités locales, elle a choisi de devenir un modèle accessible.

    De temps à autre, elle participe à des rencontres avec des jeunes intéressés par le commerce ou la couture. Elle leur explique les réalités du métier : l’importance de la patience, de la rigueur et du respect des clients. Elle insiste aussi sur la nécessité de croire en ses propres forces et de ne pas céder aux sirènes de la facilité.

    « Le bazin est plus qu’un tissu, leur dit-elle souvent, c’est une identité, une richesse culturelle. Si vous le portez avec fierté et que vous le vendez avec passion, vous pouvez construire un avenir solide. »

    Ces paroles inspirent. Beaucoup de jeunes qui l’ont rencontrée repartent motivés, certains avec le projet d’ouvrir leur propre boutique, d’autres en rejoignant son réseau de distribution.

    La retraite comme nouveau départ

    Hawa n’a jamais considéré sa retraite comme une fin. Pour elle, c’est un nouveau départ. Elle répète souvent qu’elle aurait aimé se lancer plus tôt à temps plein dans cette activité, mais elle ne regrette rien. Ses années passées dans une société internationale lui ont apporté une méthodologie et un réseau qui lui servent encore aujourd’hui.

    Chaque matin, elle se lève avec enthousiasme, car elle sait qu’elle fait quelque chose qui la passionne. Loin de s’ennuyer, elle jongle entre la gestion de ses stocks, les rendez-vous avec ses clients et les appels de ses partenaires étrangers. Elle voyage parfois pour ses affaires, mais toujours avec le sourire et la certitude de faire ce qu’elle aime.

    Un exemple pour toute une génération

    L’histoire d’Hawa nous rappelle une leçon essentielle : la retraite ne signifie pas s’arrêter, mais plutôt redéfinir ses priorités. Elle prouve que l’on peut conjuguer traditions familiales et modernité, entrepreneuriat et vie de famille, réussite financière et générosité.

    Son parcours inspire non seulement les femmes, mais aussi tous ceux qui se demandent ce qu’ils feront de leur temps après une carrière professionnelle. Hawa démontre qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves et qu’une activité passionnante peut donner un sens nouveau à la vie.


    Alors, et vous, quelle retraite voulez-vous vivre ?

    L’exemple d’Hawa, 58 ans, retraitée mais plus active que jamais, est une invitation à réfléchir. Elle a pris le relais d’une tradition familiale pour en faire une entreprise florissante, elle a su transmettre des valeurs et soutenir sa famille, tout en s’épanouissant personnellement.

    Et vous, que ferez-vous de votre retraite ?

    • Resterez-vous spectateur, ou déciderez-vous d’écrire un nouveau chapitre ?
    • Suivrez-vous la voie de la passion, comme Hawa avec le bazin ?
    • Ou laisserez-vous passer l’opportunité de transformer vos années de maturité en une véritable aventure humaine et entrepreneuriale ?

    À travers son histoire, Hawa nous montre qu’il n’y a pas d’âge pour entreprendre, qu’il n’y a pas de limites à l’ambition et qu’une retraite peut devenir le moment le plus riche de toute une vie.

  • QUELLE RAYONNANTE RETRAITEE COMMERCANTE !
    par Yao Arnaud
    8 septembre 2025

    Agissez comme s’il était impossible d’échouer

    Winston Churchill

    Commerçante d'habits en coton/Illustratif

    La façon de vivre sa retraite diffère généralement d’un individu à l’autre. Certains choisissent le repos complet, loin du tumulte professionnel. D’autres, au contraire, voient cette période comme l’occasion rêvée de s’accomplir différemment, de donner vie à des projets longtemps caressés mais souvent repoussés. C’est le cas de Zenabou, 63 ans, ex-cadre d’une grande société de commerce, qui a fait de cette étape un véritable tremplin vers une seconde vie, plus riche et épanouissante que la première.

    Aujourd’hui, elle dirige avec passion son entreprise de commerce d’habits en coton confectionnés au Burkina Faso, une activité florissante qui lui permet non seulement d’assurer les besoins de sa famille, mais aussi de rayonner dans son entourage.

    De cadre dynamique à entrepreneure passionnée

    Pendant deux décennies, Zenabou a travaillé comme cadre dans une grande société de commerce. Sérieuse, rigoureuse et ambitieuse, elle s’est consacrée sans relâche à ses responsabilités. Pourtant, au fond d’elle, une petite voix murmurait déjà une autre histoire : celle de l’entrepreneuriat.

    « J’ai toujours aimé les habits traditionnels, surtout ceux en coton, qui mettent en valeur notre identité et nos savoir-faire locaux. Mais je pensais qu’il fallait attendre la retraite pour m’y lancer », confie-t-elle avec un sourire. Ce n’est qu’à l’approche de ses 60 ans que Zenabou, soutenue par quelques membres de sa famille, a osé franchir le pas. Elle a commencé petit, en valorisant et important des pièces de coton de Ouagadougou et en les écoulant dans son cercle de connaissances. Les retours positifs ont été immédiats. Ses habits, alliant qualité et authenticité, séduisaient à la fois les gens d'un certain âge, les jeunes et les moins jeunes.

    Un démarrage prudent mais prometteur

    Zenabou savait que tout projet entrepreneurial comporte une part de risque. Mais son expérience de cadre l’avait préparée : planification, rigueur financière, sens des relations humaines… tout cela constituait une base solide.

    Avec l’appui de sa famille, elle a investi dans un premier stock, qu’elle présentait lors de ventes privées ou dans de petits marchés locaux. Très vite, la demande a dépassé l’offre. Le coton burkinabè, connu pour sa douceur et sa résistance, plaisait énormément.

    « Je n’avais pas imaginé que ça prendrait une telle ampleur. Chaque fois que j’allais chercher de nouvelles pièces, elles disparaissaient en quelques jours. J’ai compris que j’avais mis le doigt sur quelque chose de grand », raconte-t-elle.

    La retraite : un tournant décisif

    Quand l’heure de la retraite a sonné, Zenabou n’a pas ressenti le vide que beaucoup redoutent. Au contraire, elle avait déjà un projet bien amorcé. Plutôt que de se morfondre ou de s’ennuyer, elle a vu cette nouvelle étape comme une libération de temps et d’énergie à consacrer à son commerce.

    Elle s’est pleinement investie : ouverture d’un local, recrutement de deux jeunes vendeuses, élargissement de la gamme d’habits (boubous, chemises, robes, tuniques modernes) … Son entreprise a pris une dimension nouvelle, presque professionnelle.

    Aujourd’hui, elle parle de ses journées avec enthousiasme : « Je me lève avec une motivation que je n’avais plus depuis longtemps. Chaque client satisfait est une victoire. Chaque vêtement vendu est une petite pierre apportée à mon édifice. »

    Des bénéfices qui vont au-delà de l’argent

    Bien sûr, son commerce est florissant sur le plan financier. Les bénéfices réalisés lui permettent de subvenir aisément aux besoins de sa famille, notamment de ses deux fils, Abdoul (23 ans) et Ibrahim (21 ans). Tous deux poursuivent des études supérieures. Et c’est grâce à l’activité de leur mère qu’ils peuvent le faire sans inquiétude.

    Mais pour Zenabou, la plus grande satisfaction n’est pas là. Elle réside dans l’impact humain et psychologique :

    • Elle se sent utile et active, loin de l’image d’une retraite passive.
    • Elle redonne vie à un savoir-faire africain, en mettant en valeur les artisans burkinabè.
    • Elle transmet un exemple inspirant à ses enfants et à son entourage : la retraite peut être synonyme de renaissance, pas de déclin.

    Les regrets d’une passion tardive

    Malgré son bonheur actuel, Zenabou exprime parfois un petit regret : celui de ne pas s’être lancée plus tôt.

    « Si j’avais commencé il y a dix ou quinze ans, mon entreprise serait déjà un empire aujourd’hui. Mais je ne me plains pas. Le plus important est d’avoir osé, même tardivement », reconnaît-elle avec philosophie.

    Ce constat est précieux pour beaucoup de futurs retraités : il nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour démarrer. L’important est de passer à l’action, même si le timing n’est pas parfait.

    Leçons inspirantes de l’expérience de Zenabou

    Son parcours regorge d’enseignements pour tous ceux qui rêvent d’entreprendre, que ce soit à la retraite ou bien avant :

    1. Préparer son projet avant la retraite : Zenabou a eu la sagesse de démarrer son commerce quelques années avant sa sortie de la vie professionnelle. Cela lui a permis de tester, d’ajuster et de prendre confiance.
    2. S’appuyer sur sa famille et son réseau : sans l’appui de ses proches au départ, elle aurait peut-être hésité plus longtemps.
    3. Capitaliser sur ses compétences professionnelles : gestion, organisation, relation client… son passé de cadre a été un atout.
    4. Oser malgré les doutes : elle aurait pu se dire qu’il était trop tard, que l’âge n’était pas propice. Mais elle a choisi d’agir.

    Trouver une activité alignée à ses passions : son amour pour le coton burkinabè a donné un supplément d’âme à son commerce.

    Une source d’inspiration pour toute une génération

    Zenabou n’est pas seulement une commerçante prospère : elle est devenue une référence dans son quartier et au-delà. Beaucoup de femmes de sa génération la consultent pour savoir comment elles aussi pourraient donner un nouveau souffle à leur vie après la retraite.

    Elle répond toujours avec simplicité : « Il ne s’agit pas de copier ce que je fais. Chacune doit trouver son domaine, ce qui lui plaît, et oser. Mais surtout, il faut commencer, même petit. »

    Quel avenir pour son commerce ?

    A 63 ans, Zenabou ne pense pas à ralentir. Au contraire, elle rêve d’ouvrir une deuxième boutique dans une autre ville, et pourquoi pas, d’exporter ses habits à l’international.

    Ses fils, Abdoul et Ibrahim, envisagent d’ailleurs de l’aider à moderniser l’entreprise en développant la vente en ligne. Une belle perspective de continuité familiale.

    « Ce commerce, je le vois comme un héritage à transmettre. Ce n’est pas seulement une affaire d’argent, c’est une aventure de vie », conclut-elle.

    La retraite, un nouveau départ

    L’histoire de Zenabou illustre parfaitement une vérité que beaucoup oublient : la retraite n’est pas la fin, mais une transition.

    Avec passion, courage et persévérance, cette femme de 63 ans a transformé un simple projet en une entreprise florissante. Elle a trouvé dans le commerce d’habits en coton du Burkina Faso une source de revenus, mais surtout une raison de se lever chaque matin avec énergie et fierté.

    Et si nous retenions une seule leçon de son parcours, ce serait celle-ci : il n’est jamais trop tard pour commencer.

    Alors, que vous soyez encore actif, proche de la retraite ou déjà à la maison, posez-vous la question : quelle passion ai-je laissée de côté que je pourrais transformer en projet de vie ?


    Et vous, chers lecteurs, si vous étiez à la place de Zenabou, quelle activité auriez-vous aimé démarrer plus tôt pour en faire aujourd’hui une belle aventure de retraite.

  • COMMENT METTRE SA RETRAITE AU SERVICE DE L’AMOUR DES ENFANTS !
    par Yao Arnaud
    31 août 2025

    Il suffit qu’une mère voit sourire son enfant pour être convaincue de la réalité d’une félicité suprême.

    Chateaubriand

    Aïcha à l'orphelinat Le Sourire/Illustratif

    On dit souvent que la retraite est un temps de repos, une période où l’on se retire du monde actif pour enfin souffler, voyager, se consacrer à soi-même. Mais pour certaines personnes, ce moment devient au contraire une opportunité d’embrasser une mission encore plus grande, plus humaine et profondément ancrée dans le sens de leur vie. C’est exactement ce qu’a choisi Aïcha, une institutrice béninoise, aujourd’hui âgée de 60 ans. Après avoir pris sa retraite il y a deux ans, elle aurait pu se replier sur elle-même, profiter de ses enfants et petits-enfants, ou savourer la tranquillité de la vie loin des salles de classe. Mais son cœur, lui, battait toujours au rythme des rires et des pleurs des enfants. Alors, au lieu de fermer ce chapitre, elle en a ouvert un autre : la direction de l’orphelinat Le Sourire.

    Une vocation qui ne s’éteint pas avec la retraite

    Aïcha a passé plus de vingt-cinq années dans l’éducation, formant des générations entières d’enfants. Pour elle, enseigner n’était pas seulement transmettre des connaissances. C’était surtout créer un lien humain, tendre une main vers des petits êtres qui, parfois, n’avaient que l’école comme refuge, comme lieu d’épanouissement et de reconnaissance.

    Certains de ces enfants venaient de milieux défavorisés, d’autres étaient orphelins. Elle les voyait arriver avec des regards empreints de solitude, et elle s’appliquait à allumer dans leurs yeux cette étincelle qui dit: « Je suis aimé, je suis important. »

    Lorsque l’heure de la retraite anticipée a sonné à ses 58 ans, beaucoup de ses anciens élèves étaient devenus adolescents ou jeunes adultes. Mais tous gardaient pour elle une affection intacte. Et surtout, certains étaient encore pensionnaires de l’orphelinat Le Sourire, cette institution humanitaire qu’Aïcha avait connue de près, car l’école qu’elle dirigeait collaborait depuis longtemps avec elle.

    Le passage naturel vers une nouvelle mission

    « Ce n’est pas moi qui ai choisi Le Sourire, confie souvent Aïcha en souriant. Ce sont les enfants qui m’y ont conduite. »

    Dès ses derniers mois d’activité en tant que directrice d’école, elle voyait ces enfants revenir vers elle, lui confier leurs petits secrets, leurs difficultés, mais aussi leurs rêves. L’équipe dirigeante de l’orphelinat, consciente de son influence positive, lui proposa un rôle actif une fois libérée de ses obligations scolaires.

    À 58 ans, au lieu de savourer une retraite paisible loin des responsabilités, Aïcha a donc pris la direction de l’orphelinat. Une centaine d’enfants et d’adolescents l’y attendaient, la reconnaissant déjà comme une « maman » bienveillante.

    Une relation d’amour réciproque

    Ce qui frappe immédiatement lorsque l’on observe Aïcha dans son quotidien, c’est l’amour sincère qui circule entre elle et les enfants. On pourrait croire que gérer une centaine de jeunes, souvent marqués par des blessures affectives profondes, relève du défi impossible. Mais Aïcha a ce don rare de transformer la discipline en tendresse et la fermeté en encouragement.

    Chaque matin, lorsqu’elle franchit les portes de l’orphelinat, elle est accueillie par une nuée de sourires et de bras qui se tendent. « Maman Aïcha ! », crient-ils, comme s’ils retrouvaient une source de chaleur. Et elle répond à chacun par une caresse, une parole douce ou un conseil ferme mais rassurant.

    « Ici, je ne fais pas que travailler, je vis une relation », dit-elle. Une relation faite d’affection, de respect et de reconnaissance mutuelle.

    Une retraite différente mais pleinement épanouissante

    Il faut le dire : le salaire qu’elle perçoit à la tête de l’orphelinat est modeste. Rien à voir avec ce qu’elle aurait pu espérer d’un poste administratif plus lucratif, ni même avec la tranquillité financière d’une pension bien calculée. Mais ce n’est pas ce qui compte pour elle.

    Aïcha se sent riche d’une autre manière : riche de l’amour reçu, riche du sentiment d’être utile, riche d’accomplir une mission qui donne un sens profond à ses journées.

    Elle confie même, avec un brin de regret : « J’aurais aimé commencer plus tôt ce travail… Peut-être aurais-je eu plus de force pour en faire encore davantage. »

    Le regard de l’équipe et des collaborateurs

    Diriger un orphelinat, ce n’est pas seulement vivre entourée d’enfants. C’est aussi gérer une équipe, coordonner des éducateurs, des cuisinières, des veilleurs, des bénévoles et des parrains. Là encore, Aïcha réussit à s’imposer, non par autorité stricte, mais par exemplarité et par son attachement indéfectible aux enfants.

    Une grande partie du staff l’apprécie profondément. On dit souvent qu’elle a la capacité de calmer les tensions et de transformer les conflits en dialogue. Elle écoute, conseille, encourage, et surtout, elle rappelle toujours la mission première : les enfants avant tout.

    Certes, il y a parfois des difficultés. Tout le monde n’a pas la même vision, les moyens financiers sont limités, et les besoins des enfants grandissent sans cesse. Mais Aïcha s’appuie sur la bonne collaboration déjà amorcée avec les anciens dirigeants, et elle réussit à maintenir un esprit d’équipe motivé autour d’elle.

    Vivre un quotidien bien rempli

    Les journées d’Aïcha sont rythmées par mille petites responsabilités. Réunions avec les éducateurs, gestion des ressources alimentaires, suivi de la scolarité des enfants, accueil des visiteurs ou des bienfaiteurs… Mais elle ne laisse jamais la paperasse lui voler son vrai plaisir : être avec les enfants.

    Il n’est pas rare de la voir s’asseoir sous un arbre avec un groupe d’adolescents, discuter de leur avenir et répondre à leurs inquiétudes. Ou encore de la surprendre en train de chanter avec les plus jeunes, dans une ambiance joyeuse.

    Pour elle, l’orphelinat n’est pas seulement une structure : c’est une grande famille.

    Une retraite qui redéfinit le mot “travail”

    Quand on lui demande si elle ne se fatigue pas trop, elle répond avec ce sourire qui lui est propre :
    « Oui, c’est un travail, mais pas comme les autres. Ici, c’est mon cœur qui travaille. »

    Cette phrase résume à elle seule la philosophie d’Aïcha. Elle a compris que la retraite ne signifie pas l’arrêt de toute activité, mais plutôt la possibilité de choisir des engagements qui nourrissent profondément l’âme.

    Loin de se plaindre de ses nouvelles charges, elle les vit comme un privilège. Elle se dit chanceuse d’avoir trouvé une mission où son expérience d’institutrice et son amour des enfants trouvent un prolongement naturel.

    Quelles leçons inspire son parcours ?

    Aïcha nous enseigne plusieurs choses :

    1. La retraite peut être un commencement. Plutôt que de signifier une fin, elle peut ouvrir la voie à une nouvelle mission, plus en accord encore avec nos valeurs profondes.
    2. Le bonheur n’est pas toujours lié à l’argent. Malgré un revenu modeste, elle se dit plus heureuse aujourd’hui que dans ses années de carrière.
    3. Les relations humaines sont une richesse inestimable. Le lien tissé avec ses anciens élèves a été la clé qui a ouvert la porte de cette nouvelle aventure.
    4. Aimer son travail, c’est prolonger sa vie. Aïcha le dit elle-même : elle se sent plus vivante que jamais entourée de ses enfants.

    Une invitation à réfléchir à sa propre retraite

    L’histoire d’Aïcha résonne comme une invitation pour chacun de nous. Que ferons-nous de nos années après la carrière ? Les passerons-nous dans l’ennui, à regretter le passé ? Ou bien choisirons-nous d’embrasser une nouvelle mission, même si elle ne nous enrichit pas financièrement, mais qui enrichit nos cœurs et nos âmes ?

    Aïcha montre qu’il est possible de vivre une retraite active, joyeuse et profondément humaine, en se mettant au service d’une cause qui nous dépasse.

    Le vrai sens du mot “Sourire”

    L’orphelinat qu’elle dirige porte un nom qui ne pouvait pas être mieux choisi : Le Sourire. Car c’est bien cela qu’Aïcha incarne chaque jour. Un sourire lumineux qui rassure les enfants, qui encourage son équipe, et qui inspire tous ceux qui croisent son chemin.

    En observant cette femme rayonnante à 60 ans, entourée d’une centaine d’enfants qui l’appellent « maman », on comprend que la retraite n’est pas une fin. C’est, pour certains, l’apogée d’une vie de don et d’amour.

    Et peut-être qu’un jour, chacun de nous, en pensant à Aïcha, se demandera : Quelle mission de cœur vais-je choisir pour donner du sens à ma retraite ?


    Et vous, si vous étiez à la place d’Aïcha, quelle mission choisiriez-vous pour donner un nouveau souffle à votre retraite ?

  • COMMENT UNE VEUVE RETRAITÉE EST DEVENUE COMMERÇANTE
    par Yao Arnaud
    25 août 2025

    A coeur vaillant, rien d'impossible

    Dagan dans sa boutique de draps

    Il y a des histoires qui redonnent foi en la capacité de chacun à se réinventer, peu importe l’âge ou les circonstances de la vie. Celle de Dagan, une veuve togolaise de 64 ans, fait partie de ces récits qui méritent d’être partagés. Ancienne fonctionnaire de l’administration publique, elle a choisi de transformer ses dernières années d’activité en tremplin vers un nouveau départ : devenir commerçante. Aujourd’hui, tout le monde croit qu’elle a toujours été femme d’affaires, tant son aisance et sa réussite impressionnent. Pourtant, son parcours est le fruit d’une vision claire, d’une préparation minutieuse et d’une persévérance hors du commun.

    Une vie marquée par la rigueur du service public

    Pendant plus de trois décennies, Dagan a servi l’État togolais avec discipline et abnégation. Comme beaucoup de fonctionnaires de sa génération, elle croyait en la stabilité qu’offrait le service public. Mais derrière cette stabilité se cachaient des limites : un salaire modeste, peu d’opportunités d’évolution et une retraite qui, bien souvent, ne permettait pas de vivre décemment.

    « Je savais que si je comptais uniquement sur ma pension, je serais limitée dans mes projets, et mes enfants risqueraient d’en souffrir », confie-t-elle aujourd’hui.

    Cette lucidité n’est pas née du jour au lendemain. Elle a germé au fil des années, au contact de collègues retraités qui peinaient à joindre les deux bouts. Elle voyait des anciens cadres, jadis respectés et enviés, sombrer dans l’oubli, dépendants de leurs enfants ou de la générosité de la famille. Dagan savait qu’elle voulait une autre réalité pour elle et pour ses enfants.

    Le déclic cinq ans avant la retraite

    A 55 ans, alors que beaucoup de ses collègues commençaient à compter les jours avant leur départ, Dagan, elle, a choisi d’investir dans son avenir. Elle a lancé discrètement une petite activité de commerce parallèle : l’importation de produits européens prisés par la classe moyenne togolaise, notamment des accessoires ménagers, et la vente de draps confectionnés localement par des artisans.

    Pourquoi ces produits ? Parce qu’elle avait flairé deux opportunités :

    1. La soif de qualité européenne : Beaucoup de Togolais considéraient encore les articles importés d’Europe comme un gage de prestige et de durabilité.
    2. La valorisation du local : En parallèle, une classe croissante de consommateurs recherchait des produits locaux bien finis, comme les draps confectionnés par des couturiers togolais.

    Elle a donc décidé de marier ces deux tendances : proposer à la fois l’exotisme de l’importé et la fierté du local.

    Une transition en douceur mais ferme

    Au début, Dagan gérait ce commerce le week-end et en soirée. Elle passait ses samedis dans les marchés de Lomé, discutant avec ses clients, apprenant leurs préférences, ajustant son offre. Cette discipline lui permettait d’acquérir une expérience précieuse sans compromettre son emploi de fonctionnaire.

    Ce fut un apprentissage exigeant : négociation avec les fournisseurs, gestion du stock, suivi des finances… Mais Dagan avait deux atouts majeurs :

    • Une rigueur administrative acquise dans la fonction publique ;
    • Un sens aigu de l’organisation, forgé par sa condition de veuve devant élever quatre enfants seule.

    Au fil des ans, son petit commerce prit de l’ampleur. Si bien qu’au moment où elle prit officiellement sa retraite, à 60 ans, elle n’entrait pas dans l’inconnu : elle disposait déjà d’une activité solide, avec une clientèle fidèle.

    Une retraite active et prospère

    Contrairement à bon nombre de ses collègues qui voyaient la retraite comme une fin, Dagan la percevait comme le début d’une seconde vie. Libérée des contraintes administratives, elle s’est plongée à corps perdu dans son commerce.

    Aujourd’hui, sa boutique ne désemplit pas. Elle propose un mélange unique :

    • des produits importés d’Europe qu’elle sélectionne elle-même via des partenaires de confiance,
    • et des draps confectionnés par des couturières locales qu’elle soutient et paie équitablement.

    Grâce à cette activité, elle subvient à tous ses besoins et assure sans difficulté les études de ses enfants. Trois d’entre eux sont encore étudiants, et elle a la fierté de leur offrir un avenir qu’elle-même n’aurait jamais osé espérer à leur âge.

    Son secret ? Elle ne vit pas au-dessus de ses moyens et réinvestit systématiquement une partie de ses bénéfices pour élargir son stock et moderniser son commerce.

    L’image d’une commerçante née

    Ce qui surprend le plus ses voisins, ses amis et même certains membres de sa famille, c’est la facilité avec laquelle Dagan semble avoir endossé son rôle de femme d’affaires. « On croirait qu’elle a toujours fait ça », disent certains.

    Mais derrière cette apparente facilité se cachent des années de préparation, de sacrifices et de travail acharné. Elle n’a pas attendu d’être à la retraite pour se demander : “Et maintenant ?”. Elle avait déjà la réponse, bien rodée, avant même de franchir la porte de sortie de la fonction publique.

    C’est cette anticipation qui fait toute la différence.

    Une source d’inspiration pour les femmes et les retraités

    L’histoire de Dagan inspire de nombreux Togolais, en particulier les femmes et les futurs retraités. Elle montre qu’il est possible de :

    • se réinventer après 60 ans,
    • vivre dignement de ses efforts,
    • et surtout, ne pas se laisser piéger par une retraite passive et précaire.

    Pour les femmes veuves, son exemple est d’autant plus marquant. Dans une société où beaucoup pensent encore qu’une femme seule est vouée à la dépendance, Dagan incarne la force et l’autonomie. Elle a prouvé que l’indépendance financière n’est pas une question de chance, mais de vision et de discipline.

    Les clés de son succès

    Si l’on devait tirer quelques leçons de son parcours, elles pourraient se résumer en cinq points :

    1. Anticiper avant la retraite : Ne jamais attendre le dernier jour pour réfléchir à sa reconversion.
    2. Démarrer petit mais sûr : Tester son idée à petite échelle avant de se lancer à plein temps.
    3. S’appuyer sur ses compétences existantes : La rigueur et la gestion acquises comme fonctionnaire ont servi de socle à Dagan.
    4. Allier modernité et tradition : En combinant produits importés et draps locaux, elle a séduit une clientèle variée.
    5. Réinvestir plutôt que dépenser : Son commerce grandit car elle privilégie la croissance à la consommation immédiate.

    Une retraite qui redonne sens à la vie

    Au fond, l’histoire de Dagan nous rappelle une vérité simple : la retraite n’est pas une fin, mais une opportunité. Beaucoup la redoutent parce qu’ils la confondent avec l’inactivité. Or, il est possible d’en faire un moment de renaissance, à condition de se préparer.

    Aujourd’hui, à 64 ans, Dagan rayonne. Elle n’est pas seulement une commerçante prospère, mais aussi une mère épanouie et un modèle pour toute une génération. Elle a transformé une situation qui aurait pu être synonyme de dépendance et de fragilité en un véritable levier de liberté et de dignité.

    Et vous, quelle retraite préparez-vous ?

    L’histoire de Dagan est une invitation à réfléchir. Peu importe notre âge ou notre statut actuel, il n’est jamais trop tôt pour préparer l’avenir. Comme elle, nous pouvons choisir d’écrire un nouveau chapitre après la carrière officielle. La question est : qu’allons-nous faire de notre retraite ? Allons-nous la subir comme une fin, ou l’embrasser comme une opportunité de renaissance ?

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