NOUVEL AN, NOUVELLE VIE

COMMENT UN RETRAITÉ TOGOLAIS CÉLÈBRE LE NOUVEL AN EN BELGIQUE

Où que tu ailles, n’oublie jamais d’où tu viens

Proverbe africain

Kossi à Nouvel An / Illustratif

Chaque 31 décembre, au cœur de l’hiver belge, alors que les premières gelées brillent encore sur les trottoirs, un moment particulier s’installe dans la vie de nombreux retraités africains vivant en diaspora. Ce moment n’est pas seulement une date sur le calendrier. C’est un symbole, un pont entre ce qui a été et tout ce qui peut encore venir.

Pour un retraité, le passage à la nouvelle année est souvent bien plus profond qu’une simple fête : c’est une étape de vie, un repère émotionnel et spirituel, une occasion de regarder le chemin parcouru et de célébrer chaque petite victoire.

Ce besoin de sens, de connexion à ses racines, de célébration communautaire — et parfois de quête de nouveauté — anime particulièrement les retraités togolais en Belgique. Dans cet article, je vais te partager, étape par étape, comment l’un d’eux — que nous appellerons Kossi — prépare et vit cette période.

Du sens avant la célébration : poser l’intention du Nouvel An

À la retraite, le temps retrouve sa dimension profonde. On n’est plus tenu par les mêmes urgences que pendant la vie active. On a gagné quelque chose de rare : la liberté de donner du sens à chaque jour qui passe.

Pour Kossi, la préparation du Nouvel An ne commence pas par les bulles ou la décoration. Elle commence par une réflexion personnelle. Début décembre, il prend un carnet spécial — qu’il appelle son carnet d’intentions — et il se pose trois grandes questions :

  1. Qu’est-ce que j’ai appris cette année ?
  2. Qu’est-ce qui m’a apporté de la joie ?
  3. Qu’est-ce que je souhaite profondément pour l’année qui arrive ?

Ce rituel n’est pas une simple liste de vœux. C’est une démarche intérieure qui l’aide à se connecter à ses valeurs, à identifier ce qu’il veut reproduire — ou laisser derrière lui.

Cela demande honnêteté et lucidité. Mais surtout, cela donne une direction forte, un cap vers lequel orienter ses actions à venir.

“Ton année n’est pas seulement une succession de jours, mais une histoire que tu choisis d’écrire.” — Citation inspirée de nombreux penseurs du développement personnel.

Retrouver ses racines, même loin de chez soi

Pour un Togolais expatrié, la diaspora n’est jamais seulement une question de géographie. C’est une expérience de double identité, entre le pays natal et le pays d’accueil.

Kossi sait que le Nouvel An est un moment où ses racines doivent être honorées. Il se met donc en quête des traditions togolaises qui font sens pour lui :

  • Préparer un plat traditionnel, comme le fufu ou le riz sauce graine, qu’il n’a pas eu l’occasion de cuisiner depuis longtemps.
  • Allumer une bougie en mémoire des siens au pays, particulièrement ceux qui ne sont plus là.
  • Écouter de la musique qui a marqué son enfance, en famille ou tout seul, les rythmes qui résonnent encore dans son cœur.

Chez lui, en Belgique, ces gestes deviennent des actes de mémoire et de gratitude. Ils nourrissent la joie, mais aussi l’appartenance.

Créer une communauté positive autour de soi

A la retraite, les liens sociaux se transforment. On n’a plus les collègues du bureau avec qui partager une blague à la machine à café, ni les rendez-vous quotidiens imposés.

Alors comment reconstruire un réseau ? Pour Kossi, la réponse est simple : créer sa propre communauté, à son échelle.

Il organise chaque année, vers le 28 décembre, une petite rencontre entre amis togolais et belges qui lui sont chers. Ce n’est pas une grande fête bruyante, mais une soirée conviviale autour d’un repas partagé. Chacun apporte un plat, un souvenir ou un mini-cadeau symbolique.

Ce moment est précieux :

  • Il renforce les liens.
  • Il permet à chacun de partager son regard sur l’année passée.
  • Il donne à tous l’énergie émotionnelle pour entrer dans la nouvelle année avec optimisme.

C’est une fête intime, riche en rires, en musique et en reconnections humaines.

La préparation pratique : du refuge contre le stress au plaisir organisé

Un retraité qui attend le Nouvel An sans préparation peut vite se sentir dépassé : la météo hivernale, le froid, la logistique, les invitations, les achats… tout cela peut devenir source de stress.

Kossi a appris à anticiper :

Décoration et ambiance

Il commence tôt : dès la première semaine de décembre, il installe quelques guirlandes lumineuses. Pas de grande décoration coûteuse, mais quelque chose de simple, chaleureux, lumineux — parce que l’hiver en Belgique est relativement sombre, et que la lumière porte un sens symbolique fort.

Courses et repas

Il note les recettes qu’il veut préparer, puis fait ses courses par étapes :

  • Recherches dans les magasins africains de Bruxelles pour certains ingrédients rares.
  • Achat de produits locaux pour compléter.
  • Préparation avant le 30 décembre pour que la cuisine ne devienne pas une corvée le 31.

Tenue vestimentaire

Pour lui, le choix de la tenue n’est pas anodin. Cela peut être une chemise traditionnelle togolaise, un boubou coloré ou simplement une tenue élégante qui le met en joie.

Ce rituel de préparation — souvent sous-estimé — est un pilier essentiel pour que la soirée du Nouvel An soit une réussite sereine et joyeuse.

La retraite n’est pas la fin du chemin, mais le moment de marcher enfin à son rythme, dit-on

Le passage à minuit : au-delà du compte à rebours

Quand l’horloge approche de minuit, tout le monde le sait : ce n’est pas juste un moment. C’est une frontière symbolique. On laisse derrière soi une année entière de souvenirs, de défis, de réussites, parfois de douleur, mais aussi de gratitude.

Pour beaucoup, ce passage se vit avec un compte à rebours, des embrassades et des verres levés.

Pour Kossi, ce moment est aussi un espace de gratitude et de pardon :

  • Il remercie chaque personne présente d’avoir partagé une part de son année.
  • Il pardonne les petites blessures de l’année passée — un pas essentiel vers la paix intérieure.
  • Et il verbalise à haute voix une intention forte pour l’année suivante.

Ce rituel n’est pas religieux en soi, mais profondément spirituel et introspectif. Il donne de l’épaisseur à la fête, transforme une simple soirée en moment de transformation personnelle.

Après minuit : nouveaux rituels, nouvelles perspectives

Loin d’être une simple conclusion, le passage à la nouvelle année est en réalité un point de départ.

Pour garder cette énergie et éviter la lassitude du lendemain, Kossi adopte quelques habitudes concrètes :

Journée du 1er janvier : cocooning actif

  • Une promenade légère au parc — marcher dans le calme, respirer profondément.
  • Une tasse de thé chaud.
  • Quelques pages d’un livre inspirant ou de développement personnel.
  • Une revue de ses intentions notées en début décembre.

Planification de projets

Ensuite, il consacre un moment à :

  • Établir trois objectifs prioritaires pour l’année — réalistes, mesurables, alignés avec ses valeurs.
  • Fixer des petites actions concrètes pour chaque mois (pas seulement des rêves vagues, mais des jalons réalistes).
  • Partager une ou deux de ces intentions avec un ami proche pour renforcer l’engagement.

Nouvel An et transmission : l’importance des plus jeunes

Un retraité a souvent quelque chose de très précieux à offrir : le temps et l’expérience.

Kossi, lorsqu’il célèbre le Nouvel An avec ses enfants ou petits-enfants, en profite pour :

  • Leur raconter des anecdotes sur la vie au Togo.
  • Leur partager ce que chacune de ses traditions signifie.
  • Leur laisser poser des questions et s’exprimer.

Ce moment est riche en transmission de culture, mais aussi en construction de relations intergénérationnelles fortes. La fête devient un pont entre le passé, le présent et l’avenir.

Entre tradition et modernité : célébration hybride

Un des aspects les plus inspirants de la vie en diaspora, c’est cette capacité à créer un espace de célébration hybride :

  • On garde les traditions togolaises qui comptent.
  • On adopte certaines coutumes belges (comme le feu d’artifice, les chants, les toasts à minuit).
  • On invente de nouvelles coutumes personnelles qui résonnent avec sa situation actuelle.

C’est une force : loin d’être tiraillé entre deux mondes, le retraité apprend à fusionner le meilleur des deux.

Ce que la retraite nous apprend : célébrer autrement

La retraite n’est pas seulement une période de repos. C’est une étape de redécouverte de soi, de priorisation de ce qui compte vraiment.

Fêter le Nouvel An à la retraite ne se résume pas à faire la fête. Cela devient :

  • Une célébration contemplative.
  • Une reconnexion à ses valeurs.
  • Une communion avec ceux qui comptent.
  • Une ouverture vers le futur avec clarté et énergie.

Le retraité fait preuve de beaucoup de sagesse sur ce point. Il se réfère ainsi au proverbe africain Le vieillard assis voit plus loin que le jeune debout.”

Et toi ? Quelle sera ta manière de vivre le prochain Nouvel An ?

Peu importe où tu te trouves — en Belgique comme Kossi, ailleurs en Europe, USA, ou même au Togo — le Nouvel An peut être bien plus qu’une simple soirée.

Il peut être un rite de passage intime, une opportunité de :

  • Repousser les limites de ce que tu pensais possible.
  • Réinventer ta manière de célébrer.
  • Créer des traditions qui ont du sens pour toi.
  • Renouer avec ta communauté.
  • Faire de chaque début d’année un acte de création consciente.

Comme l’écrit souvent le blogueur et écrivain français Olivier Roland, “une vie réussie n’est pas une accumulation de jours, mais l’alignement entre ce que tu fais et ce que tu veux profondément être.”

Alors, prépare ton Nouvel An non seulement avec des guirlandes et des plats délicieux… mais surtout avec la clarté de ton intention, la chaleur de ta gratitude, et l’énergie de tes projets futurs.

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