La connaissance nous assure une retraite confortable et nécessaire lorsque nous prenons de l’âge.
Philip D. Stanhope Chesterfield

Quand on évoque le mot « retraite », la plupart des gens imaginent immédiatement une vie paisible, rythmée par des promenades, des repas en famille et quelques voyages. Mais pour Daouda, ex-assistant dans un cabinet d’audit financier de renommée internationale, la retraite a pris une tournure complètement inattendue. A 56 ans, un an après avoir quitté son poste officiel, il affirme avec un large sourire : « Je suis submergé de travail comme jamais auparavant. »
Et le plus surprenant, c’est qu’il dit cela sans se plaindre, mais avec fierté et enthousiasme. Car sa nouvelle vie est la preuve vivante que la retraite n’est pas forcément synonyme de ralentissement, mais peut être une formidable opportunité de réinvention.
Une carrière bien remplie, une expertise recherchée
Durant plus de trente ans, Daouda a travaillé dans l’un des plus grands cabinets d’audit financier de la place. Jour après jour, il a accompagné des entreprises locales et internationales, naviguant entre bilans, états financiers et stratégies fiscales. À force d’expérience, il est devenu un professionnel respecté, reconnu pour sa rigueur, son sens du détail et sa capacité à simplifier des problématiques complexes. Mais lorsqu’il a pris sa retraite anticipée, il pensait, comme beaucoup, profiter d’un repos bien mérité. Il n’imaginait pas une seconde que sa boîte mail et son téléphone allaient se mettre à vibrer sans cesse quelques semaines plus tard. Des PME, des commerçants, des jeunes entrepreneurs… tous frappaient à sa porte avec la même demande : « Monsieur Daouda, pouvez-vous nous aider ? »
Un marché en manque d’avérées compétences
C’est alors que Daouda a pris conscience d’une réalité frappante : le marché local souffre d’un manque énorme de fortes compétences en matière d’audit et de conseil fiscal. Les grands cabinets existent, certes, mais leurs honoraires sont souvent hors de portée des petites structures.
Les entrepreneurs locaux, eux, cherchent des experts capables de les conseiller efficacement sans les ruiner. Et Daouda, avec son expérience et sa crédibilité, est apparu comme la solution idéale.
« Quand je travaillais encore au cabinet, je n’avais pas idée que la demande était aussi forte, » confie-t-il. « Je pensais que tout était saturé, qu’il fallait être une grande structure pour trouver des clients. Mais à la retraite, j’ai découvert un océan d’opportunités. »
Une « retraite » transformée en activité florissante
Aujourd’hui, Daouda accompagne une multitude d’entreprises : petites sociétés de transport, start-up de services numériques, importateurs, commerçants… Ses prestations vont de la tenue des comptes à l’optimisation fiscale, en passant par la stratégie financière.
Les honoraires générés dépassent largement ce qu’il espérait. De quoi financer confortablement ses besoins, soutenir ses deux enfants — Ahmed, 22 ans, et Abdoulaye, 19 ans — inscrits dans une prestigieuse école internationale de business à Abidjan, et même venir régulièrement au secours de sa grande famille élargie.
« Je n’ai jamais eu l’impression d’être riche, mais aujourd’hui je peux aider mes proches sans me sentir étranglé, » explique-t-il.
Quand la demande dépasse l’offre : créer des opportunités pour les jeunes
Rapidement, Daouda s’est trouvé face à un défi inattendu : la demande devenait trop forte pour qu’il puisse l’assumer seul. Plutôt que de refuser du travail, il a choisi une autre voie, porteuse de sens : recruter des jeunes étudiants en fin de formation et en quête d’emploi.
Ces derniers, souvent issus d’écoles de commerce ou de comptabilité, l’assistent dans ses missions. Ils apprennent auprès de lui, découvrent les réalités du terrain et acquièrent une expérience précieuse.
« Quand j’étais étudiant, j’aurais rêvé d’avoir un mentor qui me confie de vraies responsabilités. Aujourd’hui, je peux offrir cela à la jeunesse. Et en même temps, je ne me sens pas seul dans ce tourbillon de dossiers, » dit-il avec un brin de fierté. Ainsi, la retraite de Daouda est devenue un tremplin non seulement pour lui, mais aussi pour toute une génération de jeunes professionnels.
Une famille soudée autour de ce nouveau départ
Dans cette aventure, Daouda n’est pas seul. Son épouse Maï, gestionnaire d’une boutique de tissus, partage sa joie de voir son mari épanoui. « Je le trouve plus vivant que jamais, » confie-t-elle. « Il pensait se reposer, mais en réalité, il a trouvé un nouveau souffle. Et moi, je me réjouis de le voir heureux, actif et utile. »
Le couple se complète parfaitement : pendant que Maï gère sa boutique, Daouda jongle avec les chiffres. Le soir, ils se retrouvent pour échanger sur leurs journées respectives, parfois en riant des anecdotes cocasses de leurs clients. Pour leurs enfants, Ahmed et Abdoulaye, c’est aussi une source d’inspiration. Voir leur père continuer à se surpasser après sa retraite leur rappelle que la réussite n’a pas d’âge et que l’apprentissage est un chemin sans fin.
De l’expert au mentor : un rôle nouveau et gratifiant
Ce qui motive le plus Daouda aujourd’hui, ce n’est pas seulement l’argent. C’est le rôle de mentor qu’il joue auprès des jeunes qu’il encadre.
Il leur apprend non seulement à manier les chiffres, mais aussi à développer l’éthique professionnelle, la ponctualité, la communication avec les clients et la gestion des imprévus.
« Ce n’est pas seulement un travail, c’est une mission, » dit-il. « Transmettre ce que j’ai appris, éviter aux jeunes les erreurs que j’ai commises, c’est la plus belle des récompenses. »
Une retraite active, pleine de sens
L’histoire de Daouda nous rappelle une chose essentielle : la retraite n’est pas une fin, mais une transition. Pour certains, elle est synonyme de repos. Pour d’autres, comme lui, elle ouvre un champ de possibilités insoupçonnées.
Il aurait pu choisir de voyager, de se consacrer uniquement à ses loisirs ou de rester dans l’ombre. Mais il a préféré répondre à l’appel du marché, mettre ses compétences au service des autres, et en même temps, trouver un épanouissement nouveau. Et au fond, n’est-ce pas cela, la vraie réussite ? Continuer à se sentir utile, tout en assurant sa sécurité financière et en inspirant les générations futures.
Leçon à tirer de l’histoire de Daouda
Beaucoup de personnes approchant la retraite redoutent ce moment, comme une rupture brutale avec le monde actif. Elles se demandent : « Que vais-je faire de mes journées ? » Mais l’exemple de Daouda montre que la retraite peut être une renaissance.
Ses conseils aux futurs retraités sont simples :
- Identifiez vos compétences clés : celles qui sont rares et recherchées.
- Osez tester le marché : parfois, les besoins sont là où on ne les attend pas.
- Ne craignez pas d’être débordé : cela signifie que vous êtes utile.
- Impliquez les jeunes : déléguer, c’est former et créer de la valeur pour l’avenir.
- Faites ce qui vous passionne : la motivation ne s’éteint pas avec l’âge, elle se transforme.
Quelle retraite voulez-vous ?
A travers son parcours, Daouda incarne l’idée qu’une carrière ne s’arrête pas avec la retraite, elle peut même se réinventer de façon plus libre et plus gratifiante. Ce qu’il vit aujourd’hui est la preuve que l’expérience accumulée au fil des années peut se transformer en une richesse inestimable pour soi et pour les autres.
Sa femme se réjouit, ses enfants sont inspirés, sa communauté en bénéficie, et lui, il se sent plus vivant que jamais.
Alors, la vraie question est la suivante : quand viendra votre tour, choisirez-vous la retraite comme un arrêt… ou comme un nouveau départ ?