COMMENT JEROME VIT UNE RETRAITE EPANOUIE AU SERVICE DE DIEU

Quand le cœur est plein de foi, les mains ne connaissent plus la fatigue.

Proverbe africain

L’arbre ne meurt pas quand il donne ses fruits, il se renouvelle.

Proverbe Béninois

Un diacre en train de prêcher/Illustratif

Jérôme, 58 ans : l’ex-fonctionnaire devenu diacre heureux et épanoui à Lomé

Quand on rencontre Jérôme, on est immédiatement frappé par la sérénité qui émane de son visage. À 58 ans, ce retraité de la fonction publique togolaise a trouvé un sens nouveau à sa vie : celui de servir Dieu à plein temps.
Ancien cadre administratif respecté, Jérôme est aujourd’hui diacre au sein de l’Église des Assemblées de Dieu du Togo à Lomé. Et lorsqu’il parle de sa reconversion spirituelle, ses yeux brillent d’une joie rare.

« Je n’ai jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui. J’ai enfin trouvé la paix intérieure et le but que je cherchais depuis tant d’années », confie-t-il avec un sourire paisible.

Pendant plus de trente années, Jérôme a travaillé dans les bureaux feutrés d’une institution publique. Il y gérait dossiers, budgets et plannings. Un travail honorable, certes, mais sans réelle passion. Au fond de lui, un appel se faisait entendre, discret d’abord, puis de plus en plus pressant : celui de l’évangélisation.

Un appel qui mûrissait depuis longtemps

L’histoire de Jérôme ne s’est pas écrite du jour au lendemain. Elle s’est construite au fil des années, patiemment, comme un long chemin de foi.

Bien avant sa retraite, il s’était déjà investi dans son église locale. Les dimanches, après la messe, on pouvait le voir discuter longuement avec les jeunes fidèles, les encourager, ou aider les pasteurs dans la préparation des cultes.
Il animait parfois des séances de prières et accompagnait les campagnes d’évangélisation organisées par sa communauté. Mais à l’époque, il devait concilier cette passion avec ses responsabilités professionnelles et familiales.

« J’avais la conviction que ma mission irait au-delà de mon bureau, mais je ne pouvais pas encore tout lâcher », raconte-t-il.

Cette double vie, entre fonctionnaire et serviteur de Dieu, a forgé son équilibre. Mais il savait que viendrait un jour où il devrait choisir.

Ce jour arriva lorsqu’il prit sa retraite à 58 ans. Plutôt que de voir cette étape comme une fin, Jérôme y vit une seconde naissance.

La retraite : un tremplin pour une vocation accomplie

Dès les premières semaines de sa retraite, Jérôme ne s’est pas laissé aller à l’oisiveté.
Tandis que certains de ses anciens collègues cherchaient encore à “tuer le temps”, lui se leva tôt, la Bible à la main, prêt à se consacrer à sa véritable mission : annoncer la bonne nouvelle.

« J’ai toujours cru que la retraite n’est pas synonyme d’inactivité. C’est une période pour semer autrement », aime-t-il répéter.

Avec la bénédiction de son pasteur principal, il s’est pleinement engagé comme diacre. Son rôle ? Assister les pasteurs, prêcher dans les quartiers périphériques, organiser des groupes de prière, et surtout, accompagner les âmes en quête d’espérance.

Cette nouvelle mission lui a redonné un rythme, une raison de se lever chaque matin. « Chaque jour, je me sens utile. J’apporte un peu de lumière à ceux qui en ont besoin. Et c’est un bonheur que l’argent ne peut pas acheter », confie-t-il avec émotion.

Deux nouvelles stations d’église : sa fierté

Jérôme ne s’est pas contenté de prêcher. Il a aussi agi concrètement.
Avec un petit groupe de fidèles motivés, il a contribué à la création de deux stations secondaires de son église dans la banlieue de Lomé : l’une à la périphérie de Ségbé et l’autre à Adidogomé-Klévé.

Au début, ces missions semblaient impossibles. Il fallait trouver des terrains, mobiliser des volontaires, construire des abris pour les cultes, acheter des bancs, des bibles, et surtout garder la foi dans l’adversité.

« Nous avons commencé nos réunions sous un hangar de fortune », se souvient Jérôme en riant.
« Mais quand Dieu veut qu’une œuvre grandisse, Il ouvre les portes. »

Aujourd’hui, ces deux stations accueillent chaque semaine des dizaines de fidèles. Des familles entières viennent y prier, des jeunes s’y forment, et plusieurs vocations y sont nées.
C’est dans ces moments que Jérôme ressent la plus grande reconnaissance : celle de voir les fruits de ses efforts spirituels.

Une famille unie autour de la foi

Derrière ce diacre épanoui, il y a une famille tout aussi engagée.
Sa femme Justine, 56 ans, est une fervente chrétienne et un pilier dans cette aventure. Elle dirige souvent les groupes de femmes, organise les œuvres caritatives et accompagne son mari dans les missions d’évangélisation à l’intérieur du pays.

« Quand je vois mon mari prêcher avec autant de passion, je remercie Dieu de lui avoir donné cette énergie nouvelle », dit-elle avec fierté.

Leur union repose désormais sur une complicité spirituelle plus forte que jamais. Ensemble, ils sillonnent les quartiers populaires pour apporter leur soutien moral et matériel à des familles démunies.

Quant à leurs enfants, ils ne sont pas restés en marge de cette dynamique.
Leur fils aîné, Jacques, 26 ans, a choisi de suivre les traces de son père : il suit actuellement une formation pastorale. Il espère un jour diriger une paroisse, peut-être même l’une des stations fondées par Jérôme.

Son cadet, Joël, 24 ans, vient de décrocher un Master en gestion et a trouvé un emploi d’assistant de direction dans une entreprise locale. Bien qu’il évolue dans le monde professionnel, il consacre ses week-ends à l’église.

« Mon père nous a appris que servir Dieu n’empêche pas de réussir dans la vie. Au contraire, cela donne du sens à nos efforts », témoigne-t-il.

Les joies simples d’un diacre à la retraite

Ce qui frappe chez Jérôme, c’est la simplicité de son bonheur.
Là où certains retraités cherchent à combler un vide, lui a trouvé une plénitude.
Chaque semaine, il planifie ses activités spirituelles : visites aux malades, réunions d’intercession, études bibliques et rencontres avec les jeunes couples.

Il a troqué les réunions administratives contre les réunions de prière, les dossiers contre les versets bibliques. Et il ne regrette rien.

« Le plus beau salaire, c’est la paix du cœur », répète-t-il souvent à ses anciens collègues qui viennent lui rendre visite.

Certains d’entre eux, impressionnés par sa transformation, l’ont même rejoint à l’église. Jérôme les accueille avec bienveillance, sans jugement.
« Chacun a son chemin vers Dieu, il suffit parfois d’une main tendue », dit-il avec humilité.

Les défis d’une mission spirituelle

Mais tout n’est pas facile. Le rôle de diacre demande du temps, de la patience et beaucoup de discernement.
Jérôme le reconnaît : il a parfois dû faire face à la fatigue, à des critiques, ou à des incompréhensions.

« Servir Dieu, ce n’est pas toujours une route sans embûches. Il faut savoir persévérer. »

Malgré ces obstacles, il garde une foi inébranlable.
Ses moments de doute, il les confie dans la prière. Et à chaque fois, il dit recevoir la force de continuer.
Sa conviction profonde : la retraite n’est pas une fin de parcours, mais une opportunité d’accomplir sa véritable mission.

Une leçon pour tous les retraités

À travers le témoignage de Jérôme, se dessine un message universel : la retraite peut être un nouveau commencement, à condition de savoir où poser son cœur.
Ceux qui voient cette étape comme une libération du temps peuvent la transformer en source d’épanouissement, en particulier lorsqu’ils la mettent au service des autres.

« On ne vieillit pas quand on se donne aux autres. On rajeunit spirituellement », sourit Jérôme.

Et il a raison. Son quotidien, rythmé par les visites pastorales, les cultes et les échanges fraternels, lui donne une vitalité que bien des jeunes lui envieraient.

Un témoignage qui inspire

Dans sa maison de Tokoin à Lomé, un modeste portrait trône sur le mur du salon : celui de Jérôme, micro en main, prêchant lors d’une croisade d’évangélisation.
C’est plus qu’une photo, c’est un symbole. Celui d’un homme qui, après une vie de fonctionnaire dévoué, a décidé de se consacrer à un service encore plus grand : celui de l’âme humaine.

Son histoire rappelle que la retraite n’efface pas les talents, elle les réoriente.
Que le bonheur ne réside pas dans la richesse, mais dans la capacité à trouver sa mission intérieure.
Et que servir les autres, quel que soit l’âge, demeure la plus belle façon de vivre.

Comme quoi « Le véritable bonheur, c’est de semer des graines d’espérance dans le cœur des hommes. » – Proverbe africain

Qu’en pensez-vous ?

Et vous, comment envisagez-vous votre retraite ?
Comme une fin, ou comme une nouvelle mission à accomplir ?
L’histoire de Jérôme nous montre qu’il n’est jamais trop tard pour répondre à un appel, quel qu’il soit.
Car chaque vie, à tout âge, peut encore devenir un instrument de lumière.

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